ARTICLE 06 avril 2018

Quand le désespoir laisse la place à l’optimisme : l’histoire de Gaudance Mukagasana au Rwanda

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Gaudance Mukagasana fait partie des milliers de personnes dont la vie a changé grâce au programme de protection sociale soutenu par la Banque mondiale.

Photo : Rogers Kayihura / Banque mondiale


LES POINTS MARQUANTS

  • Le programme de protection sociale rwandais (VUP) fournit du travail à plus de 800 000 ménages dans le cadre de son volet de travaux publics.
  • Plus de 70 % des ménages bénéficiaires de ces chantiers sont dirigés par des femmes.
  • Le VUP accorde en outre des transferts monétaires directs à plus de 96 000 ménages.

NDUBA, 6 avril 2018 – Lorsque son mari l’a quittée et qu’elle s’est retrouvée seule pour élever ses trois enfants, Gaudance Mukagasana était complètement perdue. Elle était jeune et n’avait pas de métier. Elle a donc décidé de s’installer chez sa mère et a péniblement essayé de gagner sa vie en cultivant le petit lopin de terre familial. Mais cela ne suffisait pas pour assurer la sécurité de cinq personnes.

« Mon mari était la seule source de revenu de notre famille », explique cette mère de 40 ans. « C’était comme si le monde s’était écroulé devant moi ».

Ce qui l’a sauvée, c’est le programme Vision 2020 Umurenge (VUP), l’initiative phare du gouvernement rwandais pour la protection sociale. Appuyé par la Banque mondiale dans le cadre du projet de renforcement du système de protection sociale, ce programme vise à mettre fin à l’extrême pauvreté et à la malnutrition tout en renforçant la résilience des ménages et en favorisant la transformation socioéconomique du pays.


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Avec le soutien de la Banque mondiale, le programme Vision 2020 Umurenge (VUP), l’initiative phare du gouvernement rwandais pour la protection sociale, a fourni un emploi rémunéré à des adultes issus de ménages extrêmement pauvres pour travailler à la construction de cultures en terrasses et optimiser la gestion de l’espace agricole. 

Photo : Rogers Kayihura / Banque mondiale


Gaudance Mukagasana a été admise à bénéficier du VUP en 2013. Elle a participé à son volet « travaux publics », qui fournit un emploi rémunéré à des adultes issus de ménages extrêmement pauvres. Elle a travaillé à la construction de terrasses pour l’agriculture et, grâce à son salaire, a pu subvenir aux besoins élémentaires de sa famille et même mettre un peu d’argent de côté. Le dispositif de micro-crédit géré par le VUP lui a par la suite accordé un prêt de 60 000 francs rwandais (environ 70 dollars), grâce auquel elle a pu se lancer dans la culture de légumes, et gagner un revenu complémentaire.

Le dispositif de micro-crédit s’accompagne de formations, destinées à procurer des compétences spécifiques à ses bénéficiaires. Gaudance Mukagasana a ainsi acquis des connaissances élémentaires dans les domaines financiers, commerciaux et administratifs.

« La formation est ce que le programme m’a apporté de plus précieux », affirme-t-elle. « Elle m’a donné confiance en moi, elle m’a fait découvrir les nombreux services et opportunités auxquels je pouvais accéder et elle m’a appris à les utiliser pour améliorer mes conditions de vie ».

Depuis sa création en 2008, le VUP a mis en œuvre plus de 2 200 projets dans le cadre du volet de travaux publics. Ces projets, qui emploient plus de 800 000 ménages, ont généré plus de 40 millions de jours de travail rémunérés. Le programme de travaux publics a été élargi afin de permettre aux ménages qui doivent s’occuper d’enfants de bénéficier d’horaires de travail plus souples tout au long de l’année. Introduit en 2016/2017, ce programme élargi concerne actuellement 80 secteurs et 12 053 ménages, dont plus de 70 % sont dirigés par des femmes. En outre, l’aide directe apportée par le VUP sous forme de transferts monétaires couvre désormais l’intégralité du pays et plus de 96 000 ménages.

« La collaboration entre la Banque mondiale et le gouvernement rwandais a posé le socle de la protection sociale au Rwanda et permis à ce pays de montrer la voie en parvenant à mettre en place, dans un contexte de faibles revenus, un système de protection sociale intégré et étroitement lié aux objectifs nationaux de réduction de la pauvreté », souligne Yasser El Gammal, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Rwanda.

Forte de ses nouvelles compétences, Gaudance Mukagasana a convaincu onze membres de sa communauté de constituer une association, et les a incités à épargner. Le prêt de 840 000 francs rwandais (environ 1 000 dollars) obtenu auprès de la coopérative locale d’épargne et de crédit leur a permis d’investir dans l’élevage de chèvres. Un an plus tard, avec sa part des bénéfices de la coopérative et les recettes de sa ferme maraîchère, la mère de famille a enfin pu réaliser son rêve : bâtir sa propre maison.

Posant fièrement devant sa maison bien aménagée, elle confie : « J’ai toujours rêvé d’avoir un jour ma maison à moi, où mes enfants pourront grandir en toute sérénité ». Sa maison possède trois chambres ; elle est raccordée à l’électricité, dispose d’un réservoir de 5 m³ pour collecter l’eau de pluie et d’une annexe où se trouvent une cuisine et un espace de stockage. Et, dans le nouveau bâtiment juste à côté, Gaudance Mukagasana a l’intention d’ouvrir un magasin.

Grâce à ses revenus, elle ne compte plus parmi les bénéficiaires du VUP. Elle est heureuse de pouvoir prendre soin d’elle-même ainsi que de sa famille. Deux de ses enfants sont à l’université.

« Je peux dire aujourd’hui que je suis financièrement indépendante et que je me sens en sécurité. Je sais que je peux subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille. Je ne me sens plus du tout vulnérable et je n’ai plus peur pour l’avenir. »



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