Skip to Main Navigation
ARTICLE 09 janvier 2018

Afghanistan : la construction d’écoles en dur a favorisé une hausse du nombre de filles scolarisées


LES POINTS MARQUANTS

  • Grâce à la construction de nouveaux bâtiments, l’Afghanistan connaît une hausse des effectifs d’élèves dans ses écoles, en particulier chez les filles.
  • Les financements alloués par le Programme d’amélioration de la qualité de l’éducation (EQUIP) ont ainsi permis à l’école Matoon Sarnakot, dans la ville de Khost, d’offrir aux élèves un environnement plus sûr et plus propice à l’apprentissage.
  • Ce programme, mis en œuvre par le ministère afghan de l’Éducation, avait pour objectif d’élargir l'accès à un enseignement fondamental de qualité, notamment pour les filles, dans l’ensemble du pays.

KHOST (AFGHANISTAN) – De bon matin, les élèves se mettent en rang dans la cour de l’école, toutes vêtues d’une robe noire et d’un foulard blanc. À l’issue de la récitation du Coran et des annonces du directeur, elles se rendent en file indienne dans leur classe respective.

Chaque journée débute ainsi à l’école Matoon Sarnakot de Khost, la capitale de la province éponyme, où sont scolarisés les enfants des villages environnants. À l’ouverture de l’école en 2010, les cours avaient lieu sous des tentes et dans des conditions peu propices aux études, compte tenu des fortes chaleurs en été et des assauts de la pluie en automne.

« Lorsqu’il faisait chaud ou qu’il pleuvait, on ne pouvait pas faire classe normalement », se souvient Zabihullah, jeune enseignant d’anglais et de dari qui travaille dans cette école depuis cinq ans. « Le personnel et les enfants sont désormais à l’abri : ils disposent de vraies salles de classe dans un bâtiment en béton. »

L’établissement compte huit salles de classe et 11 professeurs, qui assurent deux sessions de cours. Nahida a 14 ans. Elle vient du village de Zakriaan et est ravie de la nouvelle école : « grâce à la construction du bâtiment, on peut étudier dans de bonnes conditions ».

Cet ouvrage a pu être réalisé grâce à un don de 99 000 dollars alloué dans le cadre du Programme d’amélioration de la qualité de l’éducation (EQUIP), un projet financé par la Banque mondiale en Afghanistan. Il a été achevé en 2013 après environ une année de travaux. « L’école est équipée de salles de classe et de matériel pédagogique », explique son directeur, Malmir Eamal. « Cela nous permet d’obtenir de bien meilleurs résultats que par le passé. » 


« Grâce à la construction du bâtiment, on peut étudier dans de bonnes conditions.  »
Nahida
Élève à l’école Matoon Sarnakot (Khost)

MULTIMÉDIA


Les effectifs féminins en forte hausse

L’école Matoon Sarnakot figure parmi les 365 établissements de la province de Khost couverts par le programme. L’objectif de cette opération, qui a pris fin le 31 décembre 2017, était d'accroître l'accès à une éducation fondamentale de qualité, en particulier pour les filles. Mis en œuvre par le ministère de l’Éducation (a), le programme a d’abord été financé par l’Association internationale de développement (IDA) (IDA), le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, avant que le Fonds fiduciaire pour la reconstruction en Afghanistan (ARTF) (a) ne prenne le relais.

La Banque mondiale collabore actuellement avec le ministère de l'Éducation afin de donner une suite au programme. Le prochain projet doit permettre de favoriser un accès équitable à l’enseignement primaire et secondaire dans un certain nombre de provinces à la traîne, d’améliorer les conditions d’apprentissage et de renforcer la transparence en matière de gestion des ressources au ministère de l'Éducation.

L’école Matoon Sarnakot, qui comptait 350 élèves à ses débuts, en recense à présent 1 400, dont 650 filles.

« La nouvelle construction nous a permis d’accueillir plus d'élèves », souligne Malmir Eamal. « Pour cette seule année scolaire, nous avons eu plus de 220 nouvelles inscriptions. »

Un essor qui s’explique en particulier par la hausse des effectifs féminins. Car la présence d’un bâtiment en dur, dans ces contrées rurales, a beaucoup contribué à favoriser la scolarisation des filles en rassurant leurs parents. Selon le directeur de l'établissement, il faudrait construire un autre édifice pour faire face à l’essor de la demande.

Le programme EQUIP a démarré ses activités dans la province de Khost en 2004. Il a permis d’édifier 38 écoles dans les 13 districts que compte la province. « Nous travaillons activement dans la province, où aucune école n’a fermé jusqu’à présent », souligne Abdul Nasir Haqmal, le représentant du programme EQUIP pour la province de Khost. « En outre, le nombre de filles scolarisées augmente d’année en année. »


Image

Grâce à l’aide financière apportée par le programme EQUIP à l’école Matoon Sarnakot, dans la ville de Khost, des salles de classe en dur ont remplacé les tentes dans lesquelles se déroulaient auparavant les cours. 

Crédit photo : Rumi Consultancy/Banque mondiale


Un projet qui a tissé des liens étroits avec la population

Le programme EQUIP a en outre mis en place 356 chouras dans les écoles, des comités de gestion réunissant parents d’élèves, représentants communautaires et membres de l'administration scolaire. Ces conseils sont notamment chargés de l’emploi des subventions accordées par le programme. Sur les 250 établissements de la province de Khost concernés, 181 ont bénéficié d’une subvention à deux reprises.

L’école Matoon Sarnakot en fait partie : grâce à un financement supplémentaire de 2 000 dollars, elle a pu équiper sa bibliothèque et son laboratoire. Mais l'école manque encore de matériel et de livres. Ce que déplore Sabrina, 16 ans : « Nous avons de bons enseignants et un bâtiment convenable, mais le laboratoire n’est pas suffisamment équipé. Dans certains cours, la théorie ne suffit pas, il faut passer par la pratique pour mieux comprendre ».

Selon son directeur, l'établissement a bénéficié du soutien indéfectible du comité de gestion et du programme EQUIP, qui l’ont aidé à remédier à ses difficultés. La choura se réunit tous les mois et collabore étroitement avec l’administration scolaire. Ces réunions mensuelles ont permis d'établir de bonnes relations et une confiance mutuelle entre la population et l'école. « Les habitants ont été associés au processus de construction du bâtiment. Ils ont contribué à l’ouvrage, ce qui leur a permis de se sentir davantage concernés et partie prenante. Nous sommes parvenus à résoudre un grand nombre de problèmes », se félicite Malmir Eamal. 



Api
Api