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Après l’épidémie d’Ebola, le système de santé reprend des couleurs

07 juin 2017


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Dans le cadre des initiatives de modernisation des services de soins, le Libéria rénove les dispensaires ruraux et remplace les équipements. 

Photo : Michael Nyumah Sahr

Quel que soit le niveau de richesse d’un pays, l’état du système public de santé y reflète la détermination de ses dirigeants. La refonte du système de santé du Libéria a été pensée pour proposer des soins de meilleure qualité et éviter le retour des taux élevés d’infection et de mortalité observés en 2014 pendant l’épidémie d’Ebola, qui a également frappé la Guinée et la Sierra Leone.

Enceinte, Shirley Kamara est tout sourire lorsqu’elle vient se faire soigner à l’hôpital C.H. Rennie de Kakata, à un peu moins de 70 kilomètres au nord de la capitale, Monrovia. « Depuis l’épidémie d’Ebola, notre hôpital s’est considérablement amélioré », souligne-t-elle. « Nous incitons nos proches à venir ici, parce que tout y est mieux. »

L’hôpital C.H. Rennie, dans le comté de Margibi, a été l’un des plus durement touchés pendant la grave épidémie d’Ebola qui s’est abattue sur la région en 2014. Quatorze membres de son personnel soignant sont morts, sachant qu’à l’échelle du Libéria, le pays a déploré au moins 4 810 victimes.


« Ebola a révolutionné les services sanitaires à Margibi, qui sont passés d’un système de soins totalement fermé à un réseau ouvert.  »

Asinya Magnus

Médecin à l’hôpital C.H. Rennie

La communauté internationale s’est mobilisée face à cette flambée épidémique et a contribué à améliorer les services de santé du pays. Pour Asinya Magnus, médecin à Kakata, « Ebola a révolutionné les services sanitaires à Margibi, où nous sommes passés d’un système de soins totalement fermé à un réseau ouvert. »

Les nouvelles infrastructures du pays sont plus décentralisées et le personnel mieux équipé pour prévenir et endiguer les infections, grâce à des formations et la mise à disposition de fournitures médicales supplémentaires.

Bâtir un système de santé résilient

L’épidémie d’Ebola a révélé les faiblesses des services de soins du Libéria, évidentes pour les partenaires du développement qui sont intervenus en septembre 2014. La réaction d’urgence — organisée par le ministère de la Santé avec l’appui de la Banque mondiale, du gouvernement américain, de l’Organisation mondiale de la santé et d’autres organismes des Nations Unies — a permis de ramener le nombre de cas à zéro.

Les nombreuses interventions ont actionné différents leviers : mobilisation sociale, activités pilotées par les communautés, distribution de médicaments et de fournitures médicales, financement des primes de risque pour 20 000 personnels de santé et indemnisation des 154 familles de soignants décédés en combattant l’épidémie.

Le virus Ebola a par ailleurs tué 6 500 personnes en Guinée et en Sierra Leone, deux pays voisins du Libéria et qui entretiennent avec lui des contacts étroits.

Depuis, le gouvernement libérien s’est doté d’un plan d’investissement pour « bâtir un système de santé résilient », dont la Banque mondiale est le principal bailleur de fonds, avec plus de 220 millions de dollars destinés à couvrir une large palette d’activités.

Multiplier les infrastructures, les formations et les équipements

Ce plan a notamment permis la construction de 82 logements jumelés pour améliorer les conditions de vie du personnel de santé et attirer des soignants dans les zones rurales isolées. D’autres projets de construction sont envisagés, comme un nouveau CHU à Monrovia et de nouveaux dortoirs et salles de classe à la faculté de médecine de l’université du Libéria.

La Banque mondiale soutient des programmes de formation médicale, dont un dispositif de résidence pour former des praticiens en médecine interne, pédiatrie, obstétrique et gynécologie, chirurgie et médecine familiale. Les 13 premiers spécialistes ont obtenu leur diplôme en septembre 2017.

Plus de 520 pièces d’équipement, dont des appareils à rayons X, des couveuses, des unités électro-chirurgicales et des armoires réfrigérées à vaccins, et plus de 120 appareils de laboratoire ont également été fournis. Pour le contrôle des infections, 24 installations de triage médical et d’isolement ont été créées dans les hôpitaux ruraux et les dispensaires de cinq comtés tandis que les infrastructures d’isolement de trois grands hôpitaux ont été rénovées.

L’Institut national de santé publique du Libéria (NPHIL) reçoit également le soutien de la Banque mondiale pour mettre en œuvre le Projet régional pour le renforcement des systèmes de surveillance des maladies, qui s’attache à améliorer la collaboration en Afrique de l’Ouest.


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