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Quatre destins différents, un même rêve : se former pour trouver un emploi

05 décembre 2016


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Un des objectifs de la Banque mondiale en République du Congo est d’accompagner les efforts du gouvernement pour aider les jeunes à s’insérer sur le marché du travail.

Depuis 2014, elle finance la mise en œuvre du Projet de développement des compétences pour l’employabilité (PDCE), afin de développer et renforcer les compétences professionnelles et entrepreneuriales de jeunes issus de milieux défavorisés, ayant entre 18 et 39 ans et vivant en milieu urbain.

À ce jour, près de 1500  personnes ont reçu une formation pour pouvoir exercer un métier dans des domaines aussi variés que  la couture, la pâtisserie, le carrelage, l’aide à domicile, l’électricité ou la menuiserie.

À terme (d’ici cinq ans), 15 000 jeunes de Brazzaville et Pointe-Noire devraient en avoir bénéficié, comme Mercia, Christelle, Jonathan et Charlyse, qui sont en contrat d’apprentissage depuis douze mois. Voués à des destins différents, ils partagent aujourd’hui le même rêve de devenir des ouvriers qualifiés dans des secteurs porteurs, afin de trouver plus facilement du travail.

 

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Calme et concentrée, la meule bien calée entre ses mains, Mercia  Koubakatikou découpe la pièce métallique qu’elle maintient fermement avec son pied gauche, faisant gicler des étincelles autour d’elle. Sans trop savoir pourquoi, cette jeune Congolaise de 21 ans a toujours voulu devenir soudeuse. Le Projet de développement des compétences pour l’employabilité (PDCE) financé conjointement par la Banque mondiale et la République du Congo, lui a donné l’opportunité de se former avec deux autres filles et deux jeunes garçons dans un atelier de soudure de Makélékélé, le premier arrondissement de Brazzaville. Au bout de 10 mois de formation, non seulement elle ne regrette pas son choix, mais elle encourage d’autres jeunes filles de son âge à la rejoindre. « Dans la vie, il n’y a pas de métiers spécialement dédiés aux hommes. Tout ce qu’un homme fait, une femme est aussi capable de le faire », soutient Mercia.

 

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En la regardant travailler, on dirait qu’elle est « née avec un peigne dans la main ».  Chignons, brushing et autres tresses n’ont plus de secret pour Christelle Batantou, qui vient de se former à la coiffure. Du haut de ses 23 ans, cette jeune Congolaise que l’on croyait perdue lorsqu’elle avait abandonné ses études à l’école primaire, prend sa revanche sur le destin grâce au PDCE qui lui a offert un contrat d’apprentissage aux côtés de onze autres jeunes filles dans un salon de coiffure de Moungali, dans le 3e arrondissement, au centre de Brazzaville. « Après cette formation, mon but est d’ouvrir mon propre salon de coiffure, en espérant trouver les moyens de me financer », confie Christelle.

 

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« Vous voyez ce signal », s’enthousiasme Jonathan Bouanga, devant Djibrilla Issa, représentant résident de la Banque mondiale en République du Congo, qui visite l’atelier d’apprentissage en mécanique automobile, à l’occasion de la Journée internationale de l’élimination de la pauvreté, « l’ordinateur m’indique la nature de la panne de l’automobile ». Grâce au PDCE qui lui a offert un contrat d’apprentissage aux côtés de 9 autres jeunes Congolais dans un atelier de Ouenzé, 5e arrondissement, au nord de Brazzaville, cet adolescent de 17 ans arrive aujourd’hui à concilier sa passion pour les ordinateurs, qu’il utilisait jusque-là uniquement à des fins ludiques, avec un métier habituellement considéré comme « sale » et destiné à ceux qui n’ont pas réussi à l’école. « La mécanique automobile d’aujourd’hui n’est plus comme celle d’hier », affirme Jonathan. « Actuellement, tout est moderne, et c’est à nous de nous arrimer au progrès en développant nos compétences ».

 

Parallèlement à ces contrats d’apprentissage, le projet fournit également une formation en gestion d’affaires à de jeunes entrepreneurs. Charlyse Mouyabi fait partie des 80 jeunes micros-entrepreneurs qui en ont bénéficié.

 

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C’est au fond d’un garage, à Ngoyo dans le 6e arrondissement de Pointe-Noire, la capitale économique de la République du Congo, que cette jeune Congolaise de 36 ans a installé sa micro-entreprise de production artisanale de savon blanc à base d’huile végétale et de soude. Créée il y a trois ans, cette petite société produit chaque semaine environ 200 savons de près de 150 g chacun, qu’elle livre elle-même à ses clients. « Mon rêve, c’est d’avoir une vraie petite entreprise de savonnerie aux normes internationales, j’espère que ma persévérance paiera »,avoue-t-elle. « Ce qui a changé pour moi depuis que j’ai été formée, c’est que je tiens à présent une comptabilité. Chose que je ne faisais pas avant », explique Charlyse.

 

Ces parcours volontaires et courageux démontrent ainsi que la République du Congo et la Banque mondiale ont eu raison d’investir dans la formation professionnelle des jeunes, pour doter le pays d’un véritable capital humain, susceptible de contribuer à sa croissance et à son développement.

« Au regard des résultats encourageants enregistrés par le projet et de l’engouement constaté auprès des jeunes, le gouvernement congolais aimerait l’élargir à l’ensemble du territoire pour en faire bénéficier entre 100 000 à 150 000 jeunes vulnérables », a confié Djibrilla Issa, représentant résident de la Banque mondiale en République du Congo.

Financé à hauteur de 10 millions de dollars par l'Association internationale de développement (IDA), le PDCE offre une seconde chance aux jeunes vulnérables ayant quitté l’école trop tôt, en leur permettant d’acquérir de réelles compétences et d’être compétitifs sur le marché de l’emploi. 



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