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L’énergie solaire, moteur de l’Inde du futur

30 juin 2016


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Enrico Fabian / Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • En prévoyant de porter sa production d’énergie solaire à 100 GW d’ici 2020, l’Inde fait preuve d’une ambition exceptionnelle et permettra à des millions d’Indiens d’accéder à une électricité durable, propre et respectueuse de l’environnement.
  • Pour l’aider à tenir cet engagement, le Groupe de la Banque mondiale va débloquer plus de 1 milliard de dollars de prêts sur l’exercice 2017 — plus qu’il n’a jamais consacré à l’énergie solaire, où que ce soit dans le monde.
  • Le Groupe de la Banque mondiale soutient par ailleurs l’International Solar Alliance qui, sous la houlette de l’Inde, entend militer pour l’utilisation de l’énergie solaire à l’échelle planétaire en mobilisant 1 000 milliards de dollars d’investissements à l’horizon 2030.

WASHINGTON, 29 juin 2016 – Le Groupe de la Banque mondiale veut aider l’Inde à concrétiser son ambitieux projet de développer le recours à l’énergie solaire sur une échelle inédite, depuis l’installation de panneaux solaires sur les toits jusqu’à la création de vastes parcs solaires. Le pays contribuera ainsi largement à l’élan mondial en faveur de l’électricité pour tous et de l’atténuation du changement climatique tout en posant les jalons de cette « Inde du futur ».

« Le monde doit miser sur l’énergie solaire pour alimenter son développement futur », a souligné Narendra Modi, le Premier ministre indien, lors de la conférence sur le climat organisée à Paris l’an dernier, qui a fait date. « Le développement étant la clé de la prospérité pour des milliards d’êtres humains, l’espoir de préserver durablement notre planète repose sur une initiative internationale pleine d’audace. »

En présentant ce projet remarquable, l’Inde s’est engagée à couvrir au moins 40 pour cent de ses besoins énergétiques par des ressources renouvelables à l’horizon 2030. Une volonté qui passe notamment par la montée en puissance de l’énergie solaire — le pays visant 100 GW d’ici 2020, un objectif particulièrement exigeant quand on sait qu’en 2014, les installations solaires en activité dans le monde ont produit 181 GW.

Ce virage solaire de l’Inde sera au cœur du déplacement du président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, cette semaine, l’institution prévoyant de débloquer plus de 1 milliard de dollars de financements dans ce but sur l’exercice 2017.

« Si la volonté de l’Inde de pratiquement tripler la part des énergies renouvelables d’ici 2030 va transformer le mix énergétique du pays, cette décision aura également d’importantes conséquences pour la lutte contre le changement climatique », déclare Jim Yong Kim. « L’élément moteur de ces investissements est à rechercher dans l’engagement personnel du Premier ministre en faveur des énergies renouvelables, et notamment le solaire. Le Groupe de la Banque mondiale fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider l’Inde à concrétiser ses objectifs ambitieux, en particulier la montée en puissance de la filière solaire. »


« Le monde doit miser sur l’énergie solaire pour alimenter son développement futur. Le développement étant la clé de la prospérité pour des milliards d’êtres humains, l’espoir de préserver durablement notre planète repose sur une initiative internationale pleine d’audace.  »

Narendra Modi

Premier ministre indien

Le Groupe a déjà approuvé un prêt de 625 millions de dollars d’aide au programme de panneaux solaires reliés au réseau conçu par le gouvernement indien, afin de financer l’installation de ces systèmes sur les toits des habitations dans tout le pays. Outre la Banque mondiale, le projet est financé par le Fonds pour les technologies propres du Fonds d’investissement pour le climat et des apports additionnels d’investisseurs publics et privés.

La Société financière internationale (IFC), la branche du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, aide l’État du Madhya Pradesh à construire la plus grande centrale solaire du monde, à Rewa, d’une capacité de 750 MW. IFC — l’un des plus anciens bailleurs de fonds pour les énergies éolienne et solaire en Inde, qui a financé le premier projet solaire avec raccordement au réseau du pays — contribuera à structurer et concrétiser la transaction dans le but d’attirer quelque 750 millions de dollars d’investissements.

Le président Jim Yong Kim profitera de son séjour en Inde pour étendre son aide à l’International Solar Alliance (ISA), défendue par l’Inde et la France pendant la COP21. L’alliance réunit 121 pays dans le but de lever 1 000 milliards d’investissements pour le déploiement de l’énergie solaire. En signant un accord avec l’ISA à New Delhi, le Groupe de la Banque mondiale ouvre la voie à des partenariats avec les pays membres pour les aider à respecter leurs objectifs respectifs.

Cette initiative n’est pas la seule que le Groupe de la Banque mondiale entend appuyer en Inde : sont aussi à l’ordre du jour les parcs solaires, la promotion de solutions innovantes pour produire et stocker l’énergie solaire ou encore le développement de mini-réseaux solaires. Par son soutien, la Banque mondiale contribuera à lever des fonds privés, déployer de nouvelles technologies, renforcer les capacités des panneaux solaires et favoriser la mise en place d’infrastructures communes pour favoriser la création de parcs solaires privés dans tout le pays.

L’Inde envisage déjà de se doter de l’un des plus vastes parcs solaires du monde, d’une capacité de 2 GW, dans l’État de Karnataka, au sud du pays, pour alimenter environ 1 million de foyers. Grâce à cette énergie renouvelable propre, le parc aura pour autre vertu de réduire les émissions de CO2 de 20 millions de tonnes par an et d’économiser 3,6 millions de tonnes de gaz naturel actuellement utilisées pour produire de l’électricité. Le succès rencontré par l’adjudication du parc atteste bien du potentiel de ce type de projets renouvelables à grande échelle dans le pays.

Pour les quelque 300 millions d’Indiens privés d’accès à l’électricité (soit pratiquement un tiers de la population totale), la production d’énergie verte renouvelable est un enjeu majeur. À l’heure actuelle, même lorsque les ménages sont raccordés au réseau, les pannes sont si fréquentes que le pays est l’un des moins grands consommateurs d’énergie au monde. Or, si l’on en juge par les scénarios de croissance économique et démographique, la demande d’énergie en Inde devrait doubler d’ici 2040.

« Avec près de 300 jours d’ensoleillement par an, l’Inde est l’un des pays les mieux placés au monde pour tirer un parti maximal du solaire. Le développement rapide des solutions solaires peut améliorer la qualité de vie de millions d’Indiens, surtout dans les quartiers les plus démunis des villes. Il peut aussi créer des milliers d’emplois dans la filière solaire et sous-tendre les avancées sur tous les fronts pour faire du rêve d’une ‘Inde du futur’ une réalité », conclut Onno Ruhl, directeur des opérations pour l’Inde à la Banque mondiale.


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