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Au Rwanda, Miriam envisage un avenir plus radieux

05 mars 2015


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LES POINTS MARQUANTS
  • Le Rwanda a fait d’immenses progrès en matière d’égalité hommes-femmes.
  • Avec 64 % de femmes députés en 2013 (contre seulement 17 % 15 ans auparavant), le pays se classe en tête du classement mondial des parlements œuvrant pour la parité.
  • L’émancipation des femmes et la promotion de l’esprit d’entreprise passent aussi par un meilleur accès à l’électricité.

BUGESERA, 5 mars 2015 – Depuis quelques années, les efforts engagés pour faire de l’égalité hommes-femmes au Rwanda une réalité semblent porter leurs fruits, puisque le pays peut se targuer d’avoir le parlement le plus féminisé au monde. Mais pour Miriam, 29 ans, chef d’entreprise à Mwogo, une localité située à 50 kilomètres au sud de Kigali, l’autonomisation des femmes passe aussi par l’accès aux services essentiels, comme l’électricité.



« « En assurant l’accès à l’énergie, ce projet a contribué à libérer le potentiel économique de nombreuses petites entreprises, y compris celles dirigées par des femmes » »

Carolyn Turk

responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Rwanda.


Miriam et ses trois enfants n’ont plus à redouter l’obscurité. Depuis que sa boutique de pièces détachées et de réparation de vélos est raccordée au réseau électrique, les affaires sont florissantes. L’accès à l’électricité lui a changé la vie.

« Aujourd’hui, nous pouvons travailler tard au besoin et les clients sont là, jour et nuit », raconte-t-elle. « Mes enfants peuvent aussi faire leurs devoirs le soir et leurs notes ont progressé ».

Par ailleurs, comme elle gère la boutique avec son mari, son statut a évolué. « J’aime tous les aspects de ce travail et ma vie s’est améliorée. Je suis propriétaire de l’affaire et j’ai pu m’acheter une maison plus grande ».

Miriam n’est pas la seule dans ce cas : sa famille fait partie des 270 000 foyers qui ont été raccordés au réseau depuis 2009, grâce à un projet de 120 millions de dollars financé par la Banque mondiale. Cette opération conçue pour offrir aux Rwandais un accès fiable et bon marché à l’électricité, a permis de construire 1 650 kilomètres de lignes de transport et de distribution et d’augmenter le nombre de ménages raccordés.

« En assurant l’accès à l’énergie, ce projet a contribué à libérer le potentiel économique de nombreuses petites entreprises, y compris celles dirigées par des femmes », souligne Carolyn Turk, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Rwanda.

Au pays des « mille collines », 45 % de la population vivent toujours dans la pauvreté et les communautés se heurtent à de graves pénuries d’électricité. En 2012, 18 % seulement des ménages rwandais étaient raccordés au réseau. La majorité devait, soit vivre dans le noir, soit s’éclairer avec des lampes au kérosène ou à piles.

Des études montrent que si toute la population est concernée par la « pauvreté énergétique », ce sont les femmes qui sont les plus durement touchées. Ainsi, ce sont elles qui passent l’essentiel de leur temps à assumer les tâches indispensables à la survie de la famille (comme la corvée de collecter des combustibles) mais qui sont éreintantes physiquement. Selon un rapport du PNUD consacré à l’égalité hommes-femmes et au climat, les entreprises d’Afrique dirigées par des femmes ont en général plus de difficultés que celles dirigées par des hommes à obtenir un raccordement au réseau électrique.

En améliorant l’accès à l’électricité et en poursuivant sa quête de la parité, le Rwanda soutient les ambitions d’un nombre croissant de femmes, qui se prennent à rêver d’une vie meilleure. Miriam, elle, croit fermement à « un avenir plus radieux » : « je veux que mes enfants fassent des études et puissent se prendre en charge quand ils seront grands ».


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