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Au Togo, la prospérité des éleveurs passe par une meilleure santé animale

15 janvier 2015


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Dans le village togolais de Vogan, les éleveurs de petits ruminants bénéficient des techniques d’élevage afin d’accroître leur production animale.

Zoé Allado-Anka / Projet d’appui au secteur agricole togolais

LES POINTS MARQUANTS
  • A travers le pays, plus de 12 500 éleveurs bénéficieront de meilleures techniques d’élevage des petits ruminants et des volailles grâce au Projet d’appui au secteur agricole
  • Les matériaux de construction et les équipements offerts par le projet permettent aux éleveurs d’accroître la production animale et de contribuer à un meilleur équilibre nutritionnel des populations
  • Le projet finance également des campagnes de déparasitage et de vaccination afin d’améliorer la santé animale

VOGAN, 15 janvier 2015 - Des enclos trop petits, mal aérés, négligés… Au Togo, les conditions d’élevage souffrent d'un manque d’hygiène et d’entretien, qui freine la croissance des animaux. Sans suivi vétérinaire, les animaux succombent souvent de maladies avant de pouvoir être vendus.

Il n’est donc pas étonnant que l’élevage au Togo demeure difficile et peu rentable. La majorité des éleveurs n’ont pas les moyens financiers ni le savoir-faire technique qui leur permettrait de construire des enclos plus grands, de faire vacciner leurs animaux et de leur fournir une meilleure alimentation.

Dans un effort de restauration du sous-secteur de l’élevage et d’accroissement de la sécurité alimentaire au Togo, la Banque mondiale et le Programme mondial de réponse à la crise alimentaire (GFRP) financent des solutions à ces défis à travers le Projet d’appui du secteur agricole (PASA).



« Grâce au projet, j’ai pu agrandir mon poulailler et j’arrive à mieux l’entretenir et à le désinfecter. Le rendement s’est beaucoup amélioré et les animaux sont en meilleure santé, ce qui me permet de les vendre pratiquement au double du prix d’avant  »

Bayi Koudjo

Éleveur togolais et bénéficiaire du Projet d’appui du secteur agricole (PASA)


Les progrès sont déjà visibles. Avec l’appui du PASA, 1 300 poulaillers et 500 bergeries ont été construits à travers le pays et sont progressivement investis par leurs nouveaux propriétaires. Les premiers bénéficiaires regroupent plus de 2 375 éleveurs, dont 585 femmes. Ceux-ci ont reçu des kits comprenant des matériaux de construction et des équipements, incluant paquets de ciment, mangeoires, abreuvoirs, rouleaux de fils de fer galvanisé et feuilles de tôle ondulée, qui permettront de renforcer les enclos.

« Grâce au projet, j’ai pu agrandir mon poulailler et j’arrive à mieux l’entretenir et à le désinfecter. Le rendement s’est beaucoup amélioré et les animaux sont en meilleure santé, ce qui me permet de les vendre pratiquement au double du prix d’avant. J’assure également une meilleure gestion financière », constate Bayi Koudjo,  éleveur dans le canton d’Agbélouvé en région Maritime. 

Avant le projet, Wadja Napo, éleveuse dans le canton de Bitchabé situé dans la région de la Kara, peinait à contrôler son cheptel. « Grâce à cette bergerie améliorée, j’ai un meilleur contrôle de mes animaux, que je peux désormais compter tous les soirs. Avant le projet, je n’avais d’autre option, pendant la journée, que de les laisser divaguer dans la nature, car la bergerie était trop petite. Le soir venu, je ne pouvais pas savoir si certains manquaient au troupeau ».

Autre aspect crucial du projet consiste en actions de sensibilisation et de formation, menées par l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) en collaboration avec l’ONG internationale Agronomes et vétérinaires sans frontière (AVSF). Ces actions ont permis de renforcer les capacités de 209 conseillers agricoles, de 280 éleveurs de petits ruminants (ovins et caprins) dont 111 femmes et de 2 095 éleveurs de volailles, dont 474 femmes. Les éleveurs ont été formés sur l’entretien et la santé des animaux, l’utilité des vaccinations pour prévenir les maladies et la construction d’enclos propres et spacieux. Ces activités se sont traduites, aussi souvent que possible, par l'emploi de méthodes durables et par l'utilisation de ressources et matériaux locaux, pour permettre une pérennisation des résultats sur le long terme.

Outre l’amélioration des habitats et de la formation, le projet entreprend d’autres actions importantes, dans le but de diminuer le taux de mortalité des volailles de 80 % à 40 % et de diviser par deux celui des petits ruminants.

« Au-delà de l’amélioration des conditions zootechniques d’élevage traditionnel, nous mettons l’accent sur deux autres facteurs critiques : la reconstitution des cheptels avec des animaux de meilleur potentiel génétique et la santé animale avec l’amélioration du contrôle des maladies à haute incidence, à travers des campagnes de déparasitage et de vaccination, ainsi qu’un contrôle accru des chaînes d'approvisionnement des produits », explique Ayao Midekor, coordonnateur opérationnel délégué du PASA.

Au vu des premiers résultats, le PASA compte étendre ses activités à plus grande échelle, pour atteindre l’objectif de 12 500 éleveurs bénéficiaires au Togo. Le but étant toujours de permettre aux éleveurs de tirer le meilleur bénéfice de leurs activités, de promouvoir l’accroissement des productions animales et de contribuer à un meilleur équilibre nutritionnel des populations.


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