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Après s’être fixé des objectifs chiffrés, le Groupe de la Banque mondiale amorce le suivi en temps réel des progrès accomplis

15 septembre 2014

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Le nouveau site web PDU.worldbank.org (a) suit les progrès sur 12 objectifs de développement destinés à accroitre l’impact des activités de développement du Groupe de la Banque mondiale. 


LES POINTS MARQUANTS
  • Un nouveau site Web va permettre de suivre les progrès accomplis par le Groupe de la Banque mondiale sur 12 objectifs de développement essentiels pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.
  • Spécifiques et assorties d'un calendrier, ces cibles visent à accroître l'impact et la transparence des activités de développement.
  • Les progrès sont suivis en temps réel, les données étant actualisées « toutes les heures, tous les jours ou toutes les semaines », à mesure qu'elles sont disponibles.

L'année dernière, le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim avait fait une promesse aux pays en développement : l’institution allait procéder à des changements pour améliorer la qualité de ses services. Au menu des transformations, moins de bureaucratie, davantage de remontée d’information au niveau des citoyens concernés par ses projets et meilleure évaluation des résultats obtenus par ses programmes. S'inspirant notamment de l'État malaisien, Jim Yong Kim a mis en place une cellule chargée du « suivi des prestations » et devant aider à définir des objectifs chiffrés et à suivre les progrès accomplis.

Un an après, un nouveau site Web vient de voir le jour, qui fournira des informations en temps réel sur les évolutions enregistrées.

Le site PDU.worldbank.org (a) permet pour l’instant le suivi de 12 cibles chiffrées, qui reflètent les priorités du Groupe de la Banque mondiale vis-à-vis des pays en développement partenaires ainsi que les deux grands objectifs qui sous-tendent son action : mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et promouvoir une prospérité partagée au profit des 40 % les plus pauvres de la population des pays en développement.

Ces 12 cibles initiales, qui visent à accroître l'impact des activités de développement, consistent notamment à : réduire d'un tiers le temps nécessaire à la réalisation d'un projet de développement ; accroître de 50 % l'aide financière allouée aux régions pauvres, fragiles et touchées par des conflits ; et cartographier tous les projets d'investissement d'ici 2015, afin de visualiser facilement où et sur quoi le Groupe de la Banque mondiale travaille et d’améliorer ainsi la transparence.



« Pour transformer votre façon de travailler, vous devez commencer par avoir des objectifs et des échéances clairs  »

Jim Yong Kim

Président du Groupe de la Banque mondiale


Depuis janvier, la cellule présidentielle chargée du suivi des prestations s'est attachée à rassembler des spécialistes issus de l'ensemble du Groupe afin d’aboutir à une liste de cibles et de mettre en place les flux de données qui permettront d’effectuer le suivi des performances. Afin d'impulser la dynamique voulue, chaque cible est spécifique et assortie d'un calendrier.

« Ces objectifs chiffrés nous aident à nous focaliser sur nos priorités », explique Melanie Walker, conseillère principale de Jim Yong Kim et directrice de la cellule. « Il s'agit de déterminer comment adapter notre institution, nos pratiques, et améliorer les services que nous fournissons à nos clients, en nous appuyant sur les données que nous générons. »

Les données relatives à chaque cible sont actualisées automatiquement dès qu'elles sont collectées, à savoir « toutes les heures, tous les jours ou toutes les semaines », précise-t-elle. « Lorsque vous cliquez sur ces données, vous obtenez donc les informations disponibles les plus récentes. »

Les cibles sont classées en trois catégories : opérations, financements et solutions, ce dernier groupe concernant le changement climatique, l'énergie, les services de conseil du Groupe et l'inclusion financière. Elles englobent les activités du Groupe de la Banque mondiale dans son ensemble, soit la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l'Association internationale de développement (IDA), l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et la Société financière internationale (IFC), l'entité chargée des opérations avec le secteur privé.

« Nous nous sommes efforcés de refléter la nature multidimensionnelle du Groupe de la Banque mondiale : pas seulement le travail d'une équipe, mais l'ensemble de notre action en tant qu'institution », souligne Mme Walker.

Voici un aperçu de cette initiative :

Aide aux pays fragiles ou touchés par un conflit

L'une des principales cibles retenues consiste à augmenter de 50 % l'aide apportée aux pays pauvres qui se trouvent dans des situations de fragilité ou de conflit, un aspect sur lequel le Groupe espère accélérer les progrès au cours des trois prochaines années. Cette cible a d'ores et déjà été atteinte à 93 % grâce à la reconstitution des ressources de l'IDA, le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, qui a atteint le montant inédit de 52 milliards de dollars fin 2013. Les parties concernées ont accepté de porter la part des dons et autres concours financiers allouée à ces pays de 13 à 20 % à compter de l'exercice 2015, lequel a débuté le 1er juillet 2014.

Participation des citoyens

Selon son président, le Groupe de la Banque mondiale « doit être davantage à l'écoute ». Aussi ce dernier s'est-il engagé à faire en sorte que soit recueilli l’avis de la totalité des personnes ayant bénéficié des projets de développement financés par l'institution. Cet objectif nécessite d'incorporer un mécanisme de « feedback » dans tous les projets alors que seulement 32 % des opérations en étaient pourvues sur l'exercice 2013.

Accès à l'énergie

Quelque 2,5 milliards de personnes n'ont pas accès à l'énergie. Le Groupe de la Banque mondiale s'est fixé pour objectif d'appuyer la création d'une capacité énergétique de 10 000 mégawatts d'ici le 1er juillet 2015, début de l'exercice 2016.

Cartographie des projets

Jim Yong Kim a souligné que les partenaires et les clients du Groupe de la Banque mondiale ont besoin de savoir « où le Groupe travaille et ce qu’il fait » afin de mieux coordonner les ressources et faire circuler l'information. L’objectif retenu prévoit d’enrichir les cartes disponibles et de géocoder l'ensemble des projets d'ici 2015.

Mobilisation des capitaux

À environ 135 milliards de dollars par an, l'aide publique au développement est largement insuffisante pour répondre aux besoins en infrastructures des pays en développement. Certaines estimations évaluent ce déficit de financement à 1 000 milliards de dollars par an. Par ses investissements, le secteur privé peut contribuer à combler ce déficit tout en dopant sa propre croissance et en créant des emplois dans les pays en développement. Le Groupe de la Banque mondiale a pour objectif de mobiliser 32 milliards de dollars en capitaux extérieurs d'ici l'exercice 2017.

Simplification des processus

Pour Jim Yong Kim, les réactions des pays en développement montrent qu'il est impératif de réduire les barrières administratives ainsi que le temps nécessaire à la réalisation d'un projet. L'objectif est de réduire d'un tiers le temps de préparation d’une opération, soir de 25,4 mois actuellement à 19 mois d'ici l'exercice 2017.

Le nombre et la nature des cibles retenues sont susceptibles d'évoluer au fil du temps. Comme l’explique Mme Walker, ces objectifs chiffrés seront adaptés si nécessaire sachant que, malgré la difficulté de l’exercice, il est essentiel de se fixer des cibles précises.

« Définir des cibles implique d'ajuster notre ambition à la réalité. Le but est d'utiliser ces objectifs pour susciter le changement, et pas de créer des dynamiques perverses qui ralentissent en réalité nos avancées vers la réalisation de notre double objectif fondamental », affirme-t-elle.

« Notre vœu est que tous nos indicateurs institutionnels soient progressivement numérisés et actualisés en temps de plus en plus réel », conclut-elle. « Nous devons publier régulièrement des rapports sur les indicateurs qui guident notre action et diffuser largement ce qu'ils nous apprennent. »