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Viet Nam : aider les élèves à réaliser leurs rêves

12 février 2014

Grâce à un projet soutenu par la Banque mondiale, 8 000 élèves ont bénéficié de bourses d’études dans des établissements secondaires privés et des lycées professionnels.

LES POINTS MARQUANTS
  • Les lycées publics du Viet Nam ne peuvent pas accueillir tous les élèves défavorisés du pays.
  • Mais ces élèves ont du mal à poursuivre leurs études dans le privé, à cause du niveau des droits de scolarité.
  • Grâce à un projet soutenu par la Banque mondiale, 8 000 élèves ont bénéficié de bourses d’études dans des établissements secondaires privés et des lycées professionnels.

Hanoi, Viet Nam – Cao Thi Phuong Huyen est en première année à l’université Hung Vuong, dans la province de Phu Tho, où elle s’est spécialisée dans l’enseignement de l’anglais langue étrangère. Il y a trois ans, pourtant, elle était sur le point de renoncer à son rêve de devenir enseignante.

« À la fin du collège, je n’ai pas réussi l’examen d’entrée pour poursuivre mes études dans le public », raconte la jeune fille de 18 ans. « Je me suis dit que j’allais commencer à travailler car je ne pouvais pas aller dans le privé, en partie par découragement mais surtout parce que ma famille n’avait pas les moyens de payer ma scolarité. »

Au Viet Nam, environ un million d’élèves sortent du collège chaque année. Les lycées publics ne sont en mesure d’accueillir que 80 % d’entre eux. Les 20 % restants, soit environ 200 000 élèves, n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers le privé. Pour ceux qui sont issus de milieux défavorisés, les frais de scolarité deviennent vite insupportables.

Si Cao Thi Phuong a pu finalement être scolarisée au lycée Vu The Lang, un établissement privé de sa ville natale, elle le doit à un projet d’éducation soutenu par la Banque mondiale et mis en œuvre par la fondation East Meets West.

En finançant une partie de leur scolarité dans le privé, ce projet a aidé des élèves qui, comme Cao Thi Phuong, risquaient de faire une croix sur leurs études.

Entre 2010 et 2013, plus de 8 000 élèves défavorisés dans les 12 provinces les plus démunies du nord et du centre du pays ont ainsi pu finir leurs études secondaires, générales ou professionnelles.

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Ma moyenne était bonne à la fin de la première année du lycée puis elle est devenue excellente les deux années suivantes. Non seulement le projet m’a aidée financièrement, mais il m’a également énormément soutenue et motivée. J’avais l’impression qu’on s’occupait de moi. Close Quotes

Cao Thi Phuong Huyen
Étudiante, province de Phu Tho

Une application sans précédent de l’approche basée sur les résultats au Viet Nam

Le projet a été entrepris dans le cadre du Partenariat mondial pour l’aide basée sur les résultats (GPOBA). Premier du genre au Viet Nam, il a consisté à sélectionner les élèves bénéficiaires en prenant en compte leurs résultats scolaires ainsi que leur situation économique.

Pour Cao Thi Phuong, la bourse de 90 dollars par an a été bien plus qu’une bouée de sauvetage financier dont elle avait désespérément besoin.

« Ma moyenne était bonne à la fin de la première année du lycée puis elle est devenue excellente les deux années suivantes », raconte Cao Thi Phuong. « Non seulement le projet m’a aidée financièrement, mais il m’a également énormément soutenue et motivée. J’avais l’impression qu’on s’occupait de moi. »

Le projet n’était pas seulement conçu pour aider ceux qui aspirent à faire des études universitaires. Il était également destiné à ceux qui souhaitent s’engager dans des filières plus professionnelles.

Luong Tien est né dans une famille pauvre de Danang, une ville du centre du Viet Nam. Lui aussi a bénéficié du programme et a pu étudier pendant trois ans l’ingénierie électrique au lycée privé professionnel Duc Minh.

« Nous sommes pauvres. Mon père travaille sur des chantiers de construction et ma mère est à la maison. Les revenus de mon père ne sont pas suffisamment stables pour pouvoir assumer des frais de scolarité », explique le jeune homme.

Pour cet aîné d’une famille de quatre, les attentes sont fortes : il doit s’occuper de ses frères et de sa sœur et la seule façon d’y arriver, c’est de décrocher un emploi bien rémunéré.

Un niveau d’instruction supérieur = de meilleures chances de réussite

Cette double approche s’est révélée particulièrement bénéfique. En aidant les élèves, elle les soulage de leurs inquiétudes financières et leur permet de se consacrer davantage à leurs études et d’obtenir de bons résultats.

« Si on permet aux élèves d’étudier et d’obtenir un niveau d’instruction supérieur, on démultiplie leurs chances de réussite plus tard dans la vie », analyse Nguyen Thu Huyen, directeur adjoint à l’éducation pour la province de Phu Tho.

En trois ans et pour une enveloppe globale de 3 millions de dollars, le projet aura changé le destin de plus de 8 000 jeunes gens.

« J’espère que le projet pourra continuer à aider d’autres élèves, comme moi, à réaliser leurs rêves », confie Cao Thi Phuong.