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Les pays en développement ont besoin de solides programmes pour soutenir la croissance

14 janvier 2014

Chaque année, le rapport connu sous son sigle anglais, GEP, (Global Economic Prospects) présente les perspectives économiques mondiales.

LES POINTS MARQUANTS
  • Les pays avancés se redressent, selon les Perspectives économiques mondiales
  • L’activité économique des pays en développement se raffermit après deux années de fléchissement
  • L’atténuation des mesures de relance monétaire aux États-Unis pourrait compliquer la reprise de l’économie mondiale

14 janvier 2014  – Cinq ans après la crise financière, l’économie mondiale donne des signes de reprise cette année grâce au redressement des pays à revenu élevé, constate la Banque mondiale dans la dernière édition de ses Perspectives économiques mondiales publiée aujourd’hui.

La croissance se raffermit aussi dans les pays en développement en partie sous l’effet de l’accélération de l’activité dans les pays à revenu élevé et du rythme soutenu, quoique plus lent, de la croissance chinoise.

Les perspectives de croissance en 2014 sont toutefois influencées par l’atténuation des mesures de relance monétaire qui a débuté ce mois-ci aux États-Unis ainsi que par les changements structurels en cours dans l’économie chinoise.

Selon le rapport, la croissance des pays en développement passera de 4,8 % en 2013 à 5,3 % (chiffre plus faible que prévu) cette année, puis à 5,5 % en 2015 et 5,7 % en 2016. Le rythme de croissance est certes inférieur d’environ 2,2 points à celui qui prévalait pendant la période d’expansion rapide de 2003-2007, mais le ralentissement n’est pas source d’inquiétude. L’écart correspond pour l’essentiel à une modération de l’insoutenable hypercroissance observée avant la crise et n’est que très peu dû à une diminution du potentiel d’expansion économique des pays en développement. Au demeurant, le nouveau rythme de croissance représente encore une nette amélioration (60 %) par rapport à la croissance des années 80 et du début des années 90.

Le taux de croissance du PIB mondial devrait passer de 2,4 % en 2013 à 3,2 % cette année avant de se stabiliser à 3,4 % en 2015 et à 3,5 % en 2016. L’accélération initiale tiendra pour beaucoup à un renforcement de la croissance dans les pays à revenu élevé.

Le frein à l’activité des pays à revenu élevé que constituent l’assainissement des finances publiques et l’incertitude entourant l’action publique se desserrera, ce qui contribuera à stimuler la croissance de ces pays : elle passera de 1,3 % en 2013 à 2,2 % cette année avant de se stabiliser à 2,4 % en 2015 et 2016. Parmi ces pays, c’est aux États-Unis, où le PIB s’accroît depuis dix trimestres, que la reprise est la plus avancée. Selon les prévisions, l’économie américaine croîtra de 2,8 % cette année (contre 1,8 % en 2013), puis de 2,9 % en 2015 et 3 % en 2016. Dans la zone euro, la croissance devrait atteindre 1,1 % cette année après deux ans de contraction, puis 1,4 % en 2015 et 1,5 % en 2016.

« Les indicateurs économiques mondiaux montrent que la situation s’améliore, mais il n’est pas besoin d’être grand clerc pour déceler des dangers sous la surface », commente Kaushik Basu, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale. « La zone euro est sortie de la récession, mais les revenus par habitant continuent de baisser dans plusieurs pays. Nous pensons que la croissance des pays en développement dépassera 5 % en 2014 et que certains pays enregistreront même des taux de croissance nettement plus élevés : 8 % en Angola, 7,7 % en Chine et 6,2 % en Inde. Il faut toutefois se garder de tout immobilisme sur le plan des politiques pour éviter que les bourgeons de la reprise ne dépérissent. »

Les auteurs du rapport invitent les pays en développement à mettre en œuvre des réformes structurelles pour renforcer leurs capacités économiques et retrouver les taux de croissance qui étaient les leurs avant la crise. Le rapport mentionne plusieurs mesures que les dirigeants de ces pays pourraient appliquer pour amorcer un cycle vertueux de hausse des investissements (étrangers notamment) et d'accroissement de la production à moyen terme.

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La croissance des pays en développement dépassera 5 % en 2014 et que certains pays enregistreront même des taux de croissance nettement plus élevés : 8 % en Angola, 7,7 % en Chine et 6,2 % en Inde. Il faut toutefois se garder de tout immobilisme sur le plan des politiques pour éviter que les bourgeons de la reprise ne dépérissent. Close Quotes

Kaushik Basu
Économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale

Aperçu régional :

Dans la région Asie de l’Est et Pacifique, la croissance a ralenti pour la troisième année consécutive : selon les estimations, elle s’est établie à 7,2 % en 2013 sous l’effet du tassement de la croissance en Indonésie, Malaisie et Thaïlande, où l’activité a été freinée par la faiblesse des recettes tirées des produits de base et par le resserrement des politiques économiques destiné à prévenir une surchauffe des économies nationales. Les facteurs de vulnérabilité apparus sur le plan intérieur durant les années de politique expansionniste continuent de peser sur l’activité de la région. Selon les prévisions, la croissance du PIB chinois restera inchangée en 2014 à 7,7 % puis reculera à 7,5 % durant les deux années suivantes en raison des efforts de désendettement et d’un moindre recours aux investissements induits par l’action gouvernementale. La région est exposée au risque d’une correction désordonnée des investissements chinois et d’un durcissement brutal des conditions de financement à l’échelle mondiale. Les exportateurs de produits de base, en outre, sont vulnérables à une chute des prix de ces produits supérieure aux prévisions.

Dans les pays en développement de la région Europe et Asie centrale, la croissance s’est raffermie en 2013 pour atteindre un rythme estimé à 3,4 % grâce à la progression des exportations vers les pays européens à revenu élevé et au dynamisme persistant des pays d’Asie centrale exportateurs d’énergie. En raison de leurs solides relations commerciales et financières avec les pays européens à revenu élevé, les économies d’Europe centrale et d’Europe de l’Est profiteront particulièrement de la reprise, mais la contribution de la hausse des exportations à la croissance économique sera en partie neutralisée par le fléchissement de la demande intérieure causé par la restructuration en cours dans le secteur bancaire, le durcissement des conditions financières internationales et l’assainissement des finances publiques en cours ou en projet dans plusieurs pays. Sous l’effet de ces facteurs, la croissance restera stable en 2014, année durant laquelle elle devrait s’établir à 3,5 % avant de passer à 3,7 % en 2015 et à 3,8 % en 2016. Au nombre des risques potentiels figurent un nouvel affaiblissement dans la zone euro ou en Russie, un ajustement désordonné en réaction au durcissement des conditions financières dans le monde et une nouvelle chute brutale des cours des produits de base.

En 2013, les pays de la région Amérique latine et Caraïbes ont été confrontés à une croissance relativement faible en raison du ralentissement du commerce mondial et du durcissement des conditions de financement, mais aussi parce que les marchés de produits de base sont devenus moins porteurs. La croissance de la demande intérieure a ralenti (en particulier au Brésil) même s’il est vrai que l’activité commence à reprendre au Mexique et que les exportations repartent en Amérique centrale, en partie grâce aux travaux d’élargissement du canal de Panama. La croissance régionale devrait s’accélérer pour passer de 2,9 % en 2014 à 3,2 % en 2015 et 3,7 % à l’horizon 2016. La croissance soutenue des exportations et la progression régulière de la consommation devraient porter le taux de croissance du Brésil à 3,7 % en 2016. L’économie mexicaine, dont l’évolution dépend de la reprise économique américaine, devrait croître de 3,4 % en 2014, puis s’accélérer pour atteindre 4,2 % en 2016. Parmi les risques de détérioration auxquels la région est exposée figurent une poussée désordonnée des taux d’intérêt mondiaux et un effondrement durable et plus marqué des cours des produits de base.

Les économies en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nordcontinuent à tourner au ralenti. Les troubles politiques en Égypte, l’impasse en Tunisie et l’escalade de la guerre civile en Syrie, avec ses retombées dans des pays voisins tels que le Liban et la Jordanie, ont ralenti l’activité dans les pays importateurs de pétrole. Simultanément, la dégradation de la sécurité, les grèves et les problèmes liés aux infrastructures, ainsi que les sanctions internationales visant l’Iran, ont des conséquences négatives sur les pays exportateurs de pétrole. La croissance régionale, qui a reculé de 0,1 % en 2013, devrait rester anémique dans un contexte incertain. Selon les prévisions, la croissance globale de la zone s’établira à 2,8 % en 2014 avant de passer à 3,3 % en 2015 et à 3,6 % en 2016, des chiffres bien en dessous du potentiel de la région.

En 2013, l’Asie du Sud a enregistré une modeste croissance de 4,6 % qui s’explique par la faiblesse de l’économie indienne dans un contexte d’inflation élevée ainsi que par les déficits extérieurs courants et les déficits budgétaires. Plus récemment, les exportations de la région se sont redressées sous l’effet du renforcement de la demande extérieure et de la dépréciation antérieure de la roupie indienne. La croissance régionale devrait s’améliorer et atteindre 5,7 % en 2014, puis 6,7 % en 2016, principalement grâce aux investissements régionaux et à la reprise de la demande d’importations provenant des pays à revenu élevé. L’accélération prévue dépendra toutefois du degré de stabilité macroéconomique, de la mise en œuvre soutenue de réformes et de la réduction des obstacles existant sur le plan de l’offre. Selon les prévisions, le taux de croissance de l’Inde dépassera 6 % durant les exercices 14 et 15 et atteindra 7,1 % au cours des exercices 16 et 17. Les principaux risques pesant sur les perspectives économiques de la région sont un possible déraillement des réformes budgétaires et autres, l’incertitude suscitée par les élections en Afghanistan, au Bangladesh et en Inde, la persistance des anticipations inflationnistes et un ajustement désordonné des mouvements de capitaux en réponse à l’atténuation des mesures de relance monétaire aux États-Unis.

En Afrique subsaharienne, la croissance s’est accélérée en 2013 à la faveur d’investissements soutenus dans le secteur des ressources naturelles : selon les estimations, le taux croissance du PIB réel de la région est passé à 4,7 % ; si l’on fait abstraction de l’Afrique du Sud, la croissance régionale moyenne s’est montée à 6 %. La reprise a été faible parmi les pays exportateurs de pétrole (Angola, Gabon, Nigéria) durant le premier semestre 2013, tandis que la production industrielle s’est contractée en Afrique du Sud au troisième trimestre. La vigueur de la demande intérieure, la relativement bonne résistance des flux d’investissements étrangers directs et le ralentissement de l’inflation devraient permettre à l’économie régionale de croître à un rythme d’environ 5,3 % en 2014, 5,4 % en 2015 et 5,5 % en 2016. La région est relativement peu sensible à l’augmentation des taux d’intérêt mondiaux, mais elle est très vulnérable à une baisse des prix des produits de base beaucoup plus forte que prévu ainsi qu’aux risques intérieurs liés à divers facteurs : l’impact des chocs météorologiques sur les récoltes locales et les prix des denrées alimentaires, les troubles politiques, les problèmes de sécurité dans le Nord du Nigéria et les attaques de pirates dans le Golfe de Guinée, susceptibles d’accroître les frais de transport et de perturber le commerce régional.