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Citoyens et gouvernements, une alliance au service de la gouvernance

02 octobre 2013

Une femme prenant la parole lors d'une réunion de village au Bangladesh.

LES POINTS MARQUANTS
  • Le GPSA vient de dévoiler la liste des 12 OSC de 10 pays en développement qui vont bénéficier de subventions, pour plus de 9 millions de dollars au total.
  • Ces fonds permettront de financer des projets au Bangladesh, en Indonésie, au Kirghizistan, au Malawi, en Moldavie, au Mozambique, aux Philippines, en République dominicaine, au Tadjikistan et en Tunisie.
  • Une dotation supplémentaire a été accordée à l’OSC mexicaine FUNDAR pour développer la plateforme de connaissances du GPSA, censée être opérationnelle d’ici fin 2013.

Dans les couloirs des écoles du district du Kasungu, au Malawi, le brouhaha habituel résonne. Pourtant, l’activité apparente ne suffit pas à masquer la réalité : les écoliers n’ont pas le moindre support pour faire leurs exercices ! Les autorités locales avaient bien attribué un contrat à une entreprise du cru, censée livrer les fournitures scolaires, mais les manuels ne sont jamais arrivés. 

Sous l’égide d’une organisation locale, la Civil Society Education Coalition, qui a entre autres assuré un suivi du budget de l’éducation du district, les parents se sont organisés pour signaler les établissements ainsi privés d’équipements. Et c’est à partir de ces informations que le ministère de l’Éducation a pu réagir.

En mobilisant la société civile à travers des mécanismes de redevabilité sociale, les pouvoirs publics parviennent à trouver des solutions à des problèmes de développement souvent ardus. Cette remontée d’informations peut améliorer la fourniture des services de base – éducation, santé ou adduction d’eau notamment. Mais elle peut aussi renforcer la qualité des dépenses publiques et accroître la transparence des programmes gouvernementaux censés garantir aux populations l’accès aux ressources nécessaires.

Ce sont là des enjeux de gouvernance auxquels le Partenariat mondial pour la responsabilité sociale (GPSA) contribue à apporter des solutions.

Il vient de dévoiler la liste des 12 organisations de la société civile (OSC) de 10 pays en développement qui vont bénéficier, pour la première fois, de ses subventions (plus de 9 millions de dollars au total). Ces fonds viendront conforter les résultats déjà obtenus par les OSC sélectionnées et permettront de financer des projets au Bangladesh, en Indonésie, au Kirghizistan, au Malawi, en Moldavie, au Mozambique, aux Philippines, en République Dominicaine, au Tadjikistan et en Tunisie. Une dotation supplémentaire a été accordée à l’OSC mexicaine FUNDAR pour développer la plateforme de connaissances du GPSA, censée être opérationnelle d’ici fin 2013.

Le GPSA soutient les OSC et les gouvernements de pays en développement qui cherchent, ensemble, à relever les défis de la gouvernance. Il s’appuie sur l’engagement direct de la Banque mondiale auprès d’acteurs publics ainsi que sur un réseau mondial d’organisations partenaires. L’objectif est de mettre en place un environnement propice à la remontée d’informations de la part des citoyens et de résoudre ainsi des problèmes critiques sur le plan des services tout en renforçant les institutions publiques.

« Pour ces pays, les projets retenus par le GPSA seront déterminants pour remédier à certains problèmes fondamentaux du développement », a déclaré Sanjay Pradhan, Vice-Président de la Banque mondiale pour le changement, le savoir et l’apprentissage et président du Comité directeur du GPSA chargé de sélectionner les dossiers. « En militant pour une transparence et une responsabilité accrues, ces gouvernements pourront offrir des services de meilleure qualité à leurs ressortissants les plus fragiles ».

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En militant pour une transparence et une responsabilité accrues, ces gouvernements pourront offrir des services de meilleure qualité à leurs ressortissants les plus fragiles Close Quotes

Sanjay Pradhan
Vice-Président de la Banque Mondiale pour le changement, le savoir et l’apprentissage

C’est ainsi que, grâce au soutien du GPSA, deux OSC du Bangladesh (la fondation Manusher Jonno et CARE Bangladesh) aideront les citoyens à participer à l’élaboration du budget de leurs collectivités locales et à surveiller l’emploi des fonds publics alloués aux autorités décentralisées. Les informations résultant de ces initiatives seront communiquées à la population et partagées avec les autorités locales et nationales afin que ces dernières puissent rectifier le tir au besoin et améliorer ainsi les services rendus aux plus pauvres.


Au Malawi, le GPSA soutiendra deux projets (de CARE Malawi et du Réseau pour la Justice Économique au Malawi, en partenariat avec la Civil Society Education Coalition) afin de s’attaquer à l’absentéisme des enseignants et à la corruption dans les écoles, en faisant appel à différents outils, dont la technologie mobile. Les informations ainsi collectées seront retransmises au ministère de l’Éducation et publiées de sorte que les difficultés puissent être mieux appréhendées et les mesures correctives nécessaires appliquées.

« Le GSPA innove en cherchant, à travers ces subventions, à favoriser la collaboration entre les citoyens et leurs gouvernements afin qu’ils aboutissent ensemble à des solutions efficaces sur le plan du développement », a estimé Roby Senderowitsch, responsable du programme GPSA.

Les 12 lauréats ont été choisis parmi 216 dossiers reçus par le GPSA après son premier appel à propositions, lancé en février 2013 dans 12 pays. Un panel d’experts du monde entier a examiné les offres en fonction de leur qualité technique et de leur impact.

« Nous sommes ravis que le GPSA nous aide à collaborer avec notre gouvernement et que les informations que nous collectons via notre projet puissent servir à améliorer les politiques de marchés publics dans le secteur de l’éducation du Malawi », s’est félicité Dalitso Kubalasa, directeur exécutif du réseau MEJN. « Nous tous qui travaillons ensemble avons à cœur de construire de solides mécanismes de redevabilité sociale pour exploiter au maximum les ressources publiques et assurer, entre autres, l’éducation de nos enfants ».

Le réseau du GPSA compte plus de 70 partenaires dans le monde, des OSC aux fondations en passant par des organisations multilatérales et des universités, selon un mode de fonctionnement reposant sur le partage des connaissances, l’assistance technique et le maillage.

Le GPSA est financé par un fonds fiduciaire multidonateurs doté de 20 millions de dollars par la Banque mondiale et de 3 millions de dollars par la fondation Ford. Le réseau Open Society Foundations apporte 3 millions de dollars de financement parallèle et la fondation Aga Khan vient d’annoncer son intention de contribuer au partenariat.

Le GPSA publiera son nouvel appel à propositions en novembre 2013.