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Les travailleurs migrants issus des pays en développement devraient envoyer 414 milliards de dollars chez eux en 2013

02 octobre 2013

Une femme âgée compte des billets de monnaie en Chine.

LES POINTS MARQUANTS
  • Les envois de fonds vers les pays en développement devraient atteindre 414 milliards de dollars en 2013.
  • Les transferts à destination de l'Inde et de la Chine devraient totaliser 131 milliards de dollars.
  • Le coût de ces transactions reste élevé.

2 octobre 2013 -- Les envois de fonds des travailleurs migrants vers les pays en développement dont ils sont originaires devraient atteindre 414 milliards de dollars en 2013, soit une augmentation de 6,3 % par rapport à l'année précédente. Ce chiffre devrait s'élever à 540 milliards de dollars d'ici 2016.

Selon la dernière note d'information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, on estime que les revenus transférés par les 232 millions de travailleurs migrants dans le monde devraient représenter 550 milliards de dollars cette année, et plus de 700 milliards d'ici 2016.

Ces dernières estimations tiennent compte des dernières modifications apportées par le Groupe de la Banque mondiale à sa classification des pays, plusieurs pays bénéficiaires des envois de fonds, comme la Russie, la Lettonie, la Lituanie et l'Uruguay, n'étant plus considérés comme des pays en développement. En outre, les données tiennent également compte de la révision par le Fonds monétaire international de la définition des envois de fonds, qui excluent désormais certains transferts de capitaux, ce qui a une incidence sur les chiffres de quelques grands pays en développement comme le Brésil.

Les principaux bénéficiaires des envois de fonds officiellement comptabilisés en 2013 sont l’Inde (environ 71 milliards de dollars), la Chine (60 milliards de dollars), les Philippines (26 milliards de dollars), le Mexique (22 milliards de dollars), le Nigéria (21 milliards de dollars) et l'Égypte (20 milliards de dollars). D’autres pays reçoivent des montants importants, à savoir le Pakistan, le Bangladesh, le Viet Nam et l'Ukraine.

En pourcentage du PIB, les plus gros bénéficiaires d’envois de fonds en 2012 étaient le Tadjikistan (48 %), le Kirghizistan (31 %), le Lesotho et le Népal (25 % chacun), et Moldova (24 %).

La croissance des envois de fonds a été forte dans toutes les régions du monde, à l'exception de la région Amérique latine et Caraïbes, où elle a fléchi en raison du ralentissement de l'activité économique aux États-Unis.

Voici un aperçu de la situation dans différentes régions :

En Asie du Sud, les envois de fonds constituent un appui non négligeable à la balance des paiements. Au Bangladesh, au Népal, au Pakistan et au Sri Lanka, les envois de fonds dépassent les réserves de change nationales. Tous ces pays (en particulier le Pakistan) ont mis en place diverses incitations pour attirer les envois de fonds. En Inde, ils dépassent les recettes des exportations liées au secteur informatique. L'affaiblissement de la roupie indienne devrait provoquer une envolée des envois de fonds, car les non-résidents profitent du faible prix des biens, des services et des ressources dans leur pays d'origine. Les envois de fonds vers l'Inde devraient ainsi atteindre 71 milliards de dollars en 2013.

Dans la région Amérique latine et Caraïbes, la situation économique des États-Unis a eu une incidence sur la croissance des envois de fonds. En particulier, les transactions vers le Mexique ont de nouveau chuté ces derniers mois, sans doute en raison des effets décalés du ralentissement des flux migratoires vers les États-Unis découlant de la crise financière mondiale.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, les déplacements de populations causés par des conflits ont pris des proportions critiques, particulièrement du fait que près de 2 millions de Syriens se sont réfugiés dans les pays voisins. L'évolution des envois de fonds à l'avenir est incertaine. En 2010 (la dernière année pour laquelle on dispose de données), les transferts à destination de la Syrie ont dépassé 1,6 milliard de dollars. Avec le conflit, les émigrés syriens devraient envoyer davantage de fonds pour aider leurs familles et leurs amis. Toutefois, on peut également s'attendre à ce que les personnes déplacées récemment aient emporté leurs avoirs, voire qu'elles reçoivent des fonds en provenance de Syrie. Globalement, les envois de fonds vers la Syrie devraient donc s'accroître légèrement. Ceux à destination de l'Égypte ont presque triplé depuis 2009, pour atteindre 20 milliards de dollars en 2013. En comparaison, les recettes issues du canal de Suez ne représentent à l'heure actuelle qu'un tiers de ce montant.

La note d'information souligne également le fait que le coût élevé des transactions par des circuits formels continue d'entraver l’utilisation des fonds des migrants à des fins de développement, les particuliers privilégiant des moyens informels pour envoyer de l’argent chez eux. Le coût moyen des envois de fonds dans le monde est de 9 %, un niveau presque identique à celui de 2012.

Si le coût des envois de fonds semble donc s'être stabilisé, les banques de nombreux pays ont commencé à imposer des frais de « portage » supplémentaires sur les transferts monétaires reçus, envois des migrants compris. De tels frais peuvent atteindre 5 % de la valeur transactionnelle.

Certaines banques internationales procèdent également à la fermeture des comptes des opérateurs de transferts de fonds à cause des problèmes de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.