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Promouvoir l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest

29 juillet 2013

LES POINTS MARQUANTS
  • L’Afrique de l’Ouest doit renforcer son offre d’enseignement supérieur pour répondre aux besoins de marchés en plein essor.
  • Seule une approche régionale permettra de partager les ressources et les connaissances entre les différents pays.
  • Dans le cadre d’un projet de création de centres d’excellence en Afrique, en cours d’élaboration, l’Association des universités africaines et la Banque mondiale ont lancé un appel à propositions.

WASHINGTON, le 29 juillet 2013- L’éducation en Afrique de l’Ouest est promise à un bel avenir : depuis dix ans, la plupart des pays de la région ont fait des progrès impressionnants en la matière. Ainsi au Sénégal, 79 % des enfants sont désormais scolarisés dans le primaire contre seulement 46 % en 1990. Plus nombreux sont les écoliers de la région à  achever le cycle primaire et les écoles accueillent un nombre record de filles.

Pour faire en sorte que ces avancées bénéficient à tous et se traduisent par une accélération de la croissance, il faut développer cependant une offre d’enseignement supérieur en phase avec les besoins du marché – dans les industries extractives, le bâtiment, l’ingénierie, la santé et la recherche agronomique – ces secteurs en plein essor où les entreprises privées continuent d’investir. C’est par la création de milliers d’emplois pour tous ceux qui auront bénéficié d’une éducation adaptée que réside le potentiel de transformation des économies africaines.

Consciente de la nécessité de refonder l’enseignement supérieur sur le continent, l’Association des universités africaines (AUA) a lancé, en partenariat avec la Banque mondiale, un appel à propositions pour la création de centres d’excellence en sciences et en technologie. La consultation s’achèvera le 2 septembre 2013 (pour en savoir plus, consultez le site de l’AUA).

« Le projet des centres d’excellence en Afrique représente un facteur clé pour promouvoir le développement socio-économique de l’Afrique en raison de sa contribution potentielle à l’économie du savoir et donc à la croissance et au développement », estime le professeur Étienne Ehouan Ehile, secrétaire général de l’Association des universités africaines.

Le projet des centres d’excellence en Afrique (ACE), en cours d’élaboration, cherche à renforcer l’offre d’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest, en misant sur quelques grandes filières : agriculture, ingénierie, santé, extraction minière, sciences et technologie. Il aidera les universités à établir des centres régionaux dans ces disciplines, l’objectif ultime étant de renforcer l’expertise et les compétences scientifiques.

Une approche régionale

La région de l’Afrique de l’Ouest recense plus de pays que n’importe quel autre groupement régional du continent. Chacun a son propre système universitaire et beaucoup peuvent s’enorgueillir de la présence d’établissements publics et privés réputés. Mais l’accès aux études supérieures reste inégal : le Nigeria, premier pays de la région par la taille, compte 47 universités contre seulement une en Gambie, le petit poucet de l’Afrique de l’Ouest. La plupart des pays manquent d’accès au capital humain et financier.

La collaboration régionale est essentielle pour s’attaquer aux défis du développement et promouvoir la croissance économique. Pas un seul pays ne dispose des ressources nécessaires pour développer une expertise dans tous les domaines.  Les universités de la région vont donc collaborer et mutualiser leurs ressources afin de développer des centres d’excellence qui partageront leurs connaissances au profit de tous. Ainsi, un centre d’excellence en ingénierie minière formera les étudiants et les professeurs originaires de la région toute entière et répondra aux besoins du marché, le secteur minier étant en plein essor.  Des partenariats avec le secteur privé permettront aussi à ces structures de servir de vivier de compétences, pour le plus grand profit des jeunes et des employeurs de la région.

Favoriser la coopération Sud-Sud

Les petits États de la région et ceux touchés par un conflit n’ont pas pu progresser aussi rapidement. Plus le temps passe, plus leur retard en matière d’éducation, par rapport à leurs voisins, deviendra de plus en plus difficile à combler, alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin.

Le projet entend donc accorder une importance particulière aux pays qui ne sont pas en mesure, pour l’instant, d’accueillir un ACE au sein de leurs universités. Ils pourront prétendre à des subventions pour créer des partenariats avec des centres existants. Des formations, des échanges d’enseignants, des bourses d’études et d’autres dispositifs seront également mis en place. L’accent sera mis sur l’avantage d’une collaboration régionale renforcée dans les disciplines scientifiques, afin qu’enseignants et étudiants de tous les pays travaillent ensemble à l’élaboration d’un système d’enseignement supérieur de première classe.

Les partenariats avec d’autres institutions académiques (aussi bien régionales qu’internationales) ainsi qu’avec le secteur privé, le gouvernement et les instituts de recherches seront d’une importance primordiale. L’un des critères de sélection sera donc la place accordée à de tels partenariats, sachant que 15 % (au minimum) du financement pour chacun des centres devra être alloué à des partenariats régionaux.