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Le Sénégal fait de la préparation aux catastrophes une priorité

12 septembre 2012


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A Dakar, la capitale sénégalaise, les communautés défavorisées sont les plus touchées par les catastrophes naturelles car  celles-ci vivent dans des zones inondables.



LES POINTS MARQUANTS
  • Le Sénégal est vulnérable aux catastrophes, notamment aux inondations, aux sécheresses, à la dégradation des terres, à l’élévation du niveau de la mer et aux infestations de sauterelles.
  • En 2009, les inondations ont causé plus de 103 millions de dollars de dommages et pertes à Dakar et aux environs.
  • Un projet financé par la Banque mondiale soutiendra les projets de réduction des risques de catastrophes du pays.

DAKAR, le 12 septembre 2012 La Direction de la protection civile du Sénégal place actuellement la gestion et la préparation en matière de risques de catastrophes naturelles au premier plan de sa lutte contre les effets socioéconomiques négatifs engendrés par les catastrophes naturelles et causées par l’homme sur la population.

Plutôt que de se contenter de réagir à une catastrophe lorsqu’elle se produit, l’agence a décidé de mettre en place une culture de préparation active. Avec le soutien du Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de reconstruction (GFDRR), le gouvernement du Sénégal a officiellement lancé en juillet un Projet de gestion des risques de catastrophe et d’adaptation au changement climatique de 1,1 million de dollars. Ce projet est complémentaire à l’accord de crédit de 55,5 millions de dollars que le Sénégal a récemment obtenu de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale pour le drainage des eaux de pluie dans les quartiers de la banlieue de Dakar.

 « Le monde subit et continuera de subir les effets du changement climatique, une rapide croissance de la population, une urbanisation non contrôlée et un développement des activités humaines et industrielles non maîtrisé », a déclaré le ministre de l’Intérieur du Sénégal, H.E. Mbaye Ndiaye, lors de la cérémonie d’inauguration du projet. « Les catastrophes seront donc de plus en plus fréquentes, et leur survenue cause des dommages incommensurables à l’économie, au bien-être social, à l’assainissement, à l’éducation et à la condition humaine. »

Ce pays d’Afrique occidentale est particulièrement vulnérable à une multitude de catastrophes naturelles et d’origine humaine, notamment les inondations, les sécheresses, la dégradation des terres, l’élévation du niveau de la mer (qui devrait avoir augmenté d’un mètre d’ici la fin du siècle, selon des prévisions) et les infestations de sauterelles. Les inondations sont une source considérable de préoccupation et, avec un littoral particulièrement étendu, il s’agit du plus important risque de catastrophe naturelle auquel le Sénégal est confronté. Les zones urbaines dans la capitale de Dakar et ses environs, ainsi que dans les autres grandes villes, sont les plus à risque. Une évaluation des besoins post-catastrophe réalisée en 2009 suite à des inondations a indiqué que celles-ci avaient causé plus de 100 millions de dollars en dommages et pertes, principalement à Dakar et dans ses environs.

La menace d’inondation à Dakar s’est amplifiée pour plusieurs raisons. Dans les années 1970 et 1980, une rapide urbanisation s’est produite dans les banlieues de la ville en raison de la sécheresse. Cette urbanisation combinée à un exode rapide des zones rurales a donné lieu à l’émergence de lotissements informels dans des quartiers vulnérables aux inondations ainsi qu’à une demande élevée pour la construction d’édifices et de routes qui ont compromis le système de drainage de la ville.

Les inondations annuelles dans cette ville touchent les résidents les plus pauvres étant donné que ce sont eux qui ont tendance à vivre dans les zones non urbanisées à faible élévation où les services de base sont inexistants. En 2009 seulement, les inondations des environs de Dakar ont touché 360 000 personnes selon des estimations, et ont causé des dommages et pertes estimés à 103 millions de dollars.

Les autorités de la ville font état d’importantes pertes d’infrastructures et de biens publics et privés à chaque saison des pluies. L’eau stagnante provenant des inondations entraînent également des problèmes de santé tels que le paludisme et le choléra.

« En vous engageant à soutenir le Sénégal face à ces phénomènes complexes, vous démontrez que vous avez compris que la gestion des risques de catastrophe n’est pas qu’une question humanitaire, comme elle est souvent perçue, mais également une question de développement. Et ceci est grandement apprécié », a ajouté le ministre lors de son discours à la communauté de développement.

La première phase du projet durera approximativement deux ans et mettra l’accent sur le renforcement des capacités de la Direction de la protection civile en soutenant ses efforts de réduction des risques de catastrophe. D’ici la fin de la première phase, le gouvernement devrait avoir lancé une feuille de route pour la gestion des risques de catastrophe et mis en place des mécanismes de coordination pour les avertissements précoces, la préparation et la réponse aux catastrophes. De plus, à l’instar de l’infrastructure modernisée, un édifice à la pointe de la technologie sera construit pour abriter le siège social de la Direction de la protection civile.

La deuxième phase du projet consolidera la capacité du pays à gérer les risques en élaborant des Systèmes d’information géographique (SIG), en mettant en place un système d’avertissement précoce efficace, en déployant une campagne de sensibilisation aux risques, en renforçant le mécanisme de financement de la Direction de la recherche météorologique (DRM) et en soutenant la Stratégie nationale de protection des zones côtières.

« Ce projet viendra compléter les efforts gouvernementaux existants et la politique de la Banque mondiale en matière de soutien opérationnel pour la gestion des risques de catastrophe », déclare le coordinateur de la gestion des risques de catastrophe de la Banque mondiale pour la région de l’Afrique, Doekle Wielinga. « Nous sommes ravis que le projet contribue à la mise en œuvre du Programme national de réduction des risques de catastrophe naturelle, au renforcement des capacités nationales du Sénégal, à la réduction des pertes et à l’amélioration des conditions de vie de la population pauvre. »


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