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Le Niger s’attaque à la migration inverse avec l'appui de la Banque mondiale
22 mars 2012
NIAMEY, le 22 mars 2012—En marge de la revue annuelle du portefeuille de la Banque mondiale au Niger, un accord de prêt d’un montant de 15 millions de dollars américains a été signé en février à Niamey entre la Banque mondiale, représentée par son représentant résident, M. Nestor Coffi, et le gouvernement du Niger, représenté par son ministre d’Etat, ministre du Plan, de l’Aménagement du territoire et du Développement communautaire, M. Amadou Boubacar Cissé.
Ce prêt fournit un appui supplémentaire destiné à soutenir les efforts du gouvernement visant à endiguer l’impact des mauvaises récoltes et du conflit en Libye voisine. Il s’agit également de soutenir l’implémentation des réformes financées dans le cadre du Second appui budgétaire sur la croissance.
L'un des pays les plus pauvres de la planète, le Niger dépend en grande partie des activités agricoles et pastorales, qui fournissent les moyens de subsistance pour plus de 80% de la population. Le double effet de l'insécurité alimentaire croissante dans tout le Sahel et l'arrivée massive des rapatriés pourrait freiner l’exécution du programme de réformes mises en œuvre depuis le retour du pays à l'ordre constitutionnel en avril 2011. Si rien n'est fait, ces défis retarder le progrès nécessaire vers les Objectifs du Millénaire pour le développement.
«Le Niger se trouve dans une conjoncture difficile. Le soutien de la Banque mondiale vise à aider le pays dans ses efforts de maintien de son ambitieux programme de développement et de réforme», a déclaré M. Ousmane Diagana, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Niger.
Le nouveau gouvernement a mis sur pied un ambitieux programme de développement basé sur cinq priorités stratégiques: sécurité et paix, stabilité institutionnelle, bonne gouvernance et lutte contre la corruption, sécurité alimentaire, et développement du capital humain en vue de la création d'emplois.
La signature de l’accord du mois dernier est intervenue 24 heures seulement après son approbation par le Conseil d’Administration de la Banque mondiale et moins de trois mois après la visite effectuée par la Vice présidente Région Afrique Mme Obiageli Ezekwesili au Niger.
Pour le ministre Amadou Boubacar Cissé, cette assistance constitue « un complément adéquat aux actions d’urgence engagées sur les différents projets et programmes financés par la Banque mondiale ».
Concrètement, les 15 millions de dollars seront investis dans quatres projets en cours : Les filets sociaux, le Programme d’actions communautaires, le Projet d’agricole d’urgence et le Projet de développement des exportations et des marches agro-sylvo-pastoraux.
En effet, l’insertion socio-économique des rapatriés constitue un véritable défi pour le pays. Car ce sont plus de 250.000 travailleurs migrants nigériens qui ont pris le chemin du retour et la mauvaise campagne agricole, due à une faible pluviométrie, a entrainé 5,4 millions de personnes en insécurité alimentaire. L’accord de prêt du mois dernier est donc destiné à aider à amoindrir l’impact de ces chocs sur les populations vulnérables en renforçant les investissements déjà en cours.
A moyen terme, le Projet agricole d’urgence consiste à accroitre la production rizicole dans les zones visées et à restaurer le capital productif des ménages ciblés en situation d’insécurité alimentaire. Le projet comporte des composantes concrètes : la restauration des actifs productifs des ménages ruraux en situation d’insécurité alimentaire et le renforcement du système de production de riz irrigué. Pour la première composante, 45 banques de soudure, 5 banques d’aliments-bétail sont en cours de construction, le marché de mise en place de 450 tonnes de céréales est en cours de finalisation et une ONG a été identifié pour la mise en place et la formation des comités de gestion des banques de soudures.
Des investissements à long terme sont également en cours, à l’instar du Projet d’appui au programme d’action communautaire. Actuellement dans sa seconde phase, il a un objectif double. D’une part, il s’agit d’améliorer les capacités des communes à élaborer et mettre en en œuvre de manière participative des plans de développement communaux et des plans d’investissements annuels dans le but d’améliorer les conditions de vie en milieu rural. D’autre part, le projet vise aussi à réduire la dégradation des terres et de promouvoir la gestion durable des terres.
Ce nouveau financement est sous la forme d’un crédit de l’Association internationale de développement, le fonds de la Banque mondiale pour les plus pauvres.