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La Banque mondiale commente les avancées obtenues à la conférence de Durban sur le climat

12 décembre 2011

La conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui s'est tenue à Durban (Afrique du Sud) pendant deux semaines, s'est achevée dimanche dernier sur un accord entre tous les pays : ils ont convenu d'adopter un texte juridique universel d'ici 2015. Parallèlement, ils ont admis qu'il était urgent d'intensifier les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider les économies en développement à faire face à l'impact inévitable de l'évolution du climat (communiqué de presse de l'UNFCCC).

Au vu des avancées réalisées dans la prise en compte des liens entre développement et lutte contre le changement climatique, les responsables du Groupe de la Banque mondiale ont exprimé une satisfaction prudente. Rachel Kyte, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable a ainsi déclaré : « Nous saluons tout particulièrement les progrès accomplis en vue d'instaurer un Fonds vert pour le climat. Nous continuerons de nous attacher à mobiliser des fonds auprès de l'ensemble des sources de financement, ainsi que dans le cadre de partenariats, de manière à financer des projets de développement qui aident les populations démunies à sortir de la pauvreté, accroissent leur résilience face au changement climatique et permettent de réduire les émissions. »

Tout en indiquant que « les accords conclus à Durban marquent un nouveau pas en avant », Rachel Kyte note qu'ils ne sont pas « assez ambitieux pour favoriser le développement des populations pauvres alors que les options dont elles disposent subissent l'impact du changement climatique ». Elle souligne cependant que la Banque continuera de « soutenir les actions menées par [ses] clients dans la définition de trajectoires de croissance plus vertes, en promouvant l'élaboration de plans de développement à faibles émissions de carbone et la production d'un triple dividende : hausse de la production agricole et des revenus des personnes travaillant dans ce secteur (surtout en Afrique), renforcement de la résilience de l'agriculture et des forêts face à l'évolution du climat et atténuation des émissions du milieu naturel. »

Conduite par Sri Mulyani Indrawati, la délégation du Groupe de la Banque à la conférence de Durban a participé à tout un éventail d'activités, depuis des tables rondes de haut niveau jusqu'au lancement d'initiatives nouvelles ayant pour objectif d'encourager une action climatique internationale.

La directrice générale de la Banque mondiale, qui est intervenue lors de sessions consacrées aux énergies renouvelables, à la biodiversité et à la Chine, a aussi rencontré le président sud-africain Jacob Zuma, ainsi que de nombreux ministres d'autres pays, notamment des représentants des petits États insulaires en développement. Elle s'est jointe à Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, et à des ministres de plusieurs pays pour faire valoir que l'agriculture en Afrique est un domaine où il est particulièrement important d'agir. Elle a également signé un accord portant sur le financement du programme marocain d'énergie solaire concentrée.

L'envoyé spécial de la Banque mondiale pour le changement climatique, Andrew Steer, ajoute que « la Banque, à travers de multiples événements et autour de problématiques variées, a profité de sa présence à Durban pour soutenir des interventions sur le terrain, montrer que ces actions pouvaient être fructueuses, et faire bénéficier les négociations des enseignements qui en sont tirés. »

« Notre présence a permis des avancées sur d'importantes questions à l'ordre du jour, telles que les financements pour le climat, l'accès à l'énergie ou la place de l'agriculture, précise-t-il. Grâce à cette participation, la Banque a renforcé sa position de véritable acteur mondial du développement et de la lutte contre le changement climatique. »

Journées de l'agriculture et de la forêt

Rachel Kyte a abordé la conférence en participant à la Journée de l'agriculture et du développement rural. Dans un billet publié sur son blog, elle explique que cette journée est « une vitrine de l'agriculture 'climato-intelligente' telle qu'elle est déjà à l'œuvre et l'occasion de montrer l'ampleur de nos connaissances. L'accent a été systématiquement mis sur l'amélioration de la résilience des petits exploitants agricoles, à tous les niveaux, depuis le renforcement de l'accès au marché jusqu'aux techniques innovantes de collecte des eaux, en passant par l'accès à la finance carbone ».

S'exprimant par la suite à l'occasion de la Journée de la forêt, Rachel Kyte a souligné la nécessité d'assurer l'accès à la terre et de mettre fin à l'extrême pauvreté : « On ne peut pas protéger les forêts alors que des gens ont faim. »

Dans un billet qu'elle a publié à l'issue de cette journée, elle indique que, « puisque nous sommes désormais tous favorables à une approche intégrée de la foresterie et de l'agriculture (gestion du paysage), le moment est peut-être venu d'encourager aussi une approche intégrée de la lutte contre le changement climatique : nous n'avons rien à perdre à adopter des mesures d'atténuation fondées sur l'adaptation ».

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Nous saluons tout particulièrement les progrès accomplis en vue d'instaurer un Fonds vert pour le climat. Nous continuerons de nous attacher à mobiliser des fonds auprès de l'ensemble des sources de financement, ainsi que dans le cadre de partenariats, de manière à financer des projets de développement qui aident les populations démunies à sortir de la pauvreté, accroissent leur résilience face au changement climatique et permettent de réduire les émissions. Close Quotes

Rachel Kyte
vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable

Journée des entreprises

Lors de la Journée des entreprises, Rachel Kyte a incité le secteur privé à prendre des mesures vigoureuses pour travailler en partenariat avec des organismes publics en vue de mieux appréhender les risques découlant du changement climatique, et à élaborer des stratégies d'adaptation à long terme.

S'exprimant lui aussi durant la Journée des entreprises, Andrew Steer a constaté la diversité des mesures actuelles de lutte contre l'évolution du climat. Il a appelé à tripler le nombre d'initiatives et le niveau d'action. Andrew Steer a également déclaré que l'« écologisation » d'une économie est un processus graduel, et souligné que le financement public a pour rôle d'accroître le soutien apporté par le secteur privé dans ce domaine.

L'agriculture « climato-intelligente » en Afrique : un appel à l'action

Lors d'une table ronde de haut niveau organisée avec l'Union africaine (UA) et l'Afrique du Sud, Sri Mulyani Indrawati a présenté la note d'orientation sur les défis et opportunités de l'agriculture climato-intelligente, soulignant que la sécurité alimentaire, la pauvreté et le changement climatique sont étroitement liés et, que, par conséquent, tous les travaux portant sur l'action climatique doivent prendre en compte ces trois aspects.

Aux côtés de Jacob Zuma, de Kofi Annan, de Meles Zenawi, Premier ministre de l'Éthiopie, et de Jean Ping, président de la Commission de l'UA, Sri Mulyani Indrawati a affirmé que l'amélioration des performances de l'agriculture africaine était le moyen le plus puissant pour faire reculer la pauvreté et la faim dans le monde. Aussi a-t-elle exhorté à poursuivre les efforts d'investissement dans l'agriculture et le développement rural.

Débat de haut niveau sur l'accès à l'énergie en Afrique

Sri Mulyani Indrawati a également pris part à un débat de haut niveau sur l'accès à l'énergie en Afrique. Siégeant avec les dirigeants du PNUD et de l'ONUDI, ainsi qu'avec les ministres de l'Énergie de l'Afrique du Sud et du Mozambique, elle a indiqué que « le manque d'électricité compromet la croissance et la lutte contre la pauvreté. Il limite l'activité industrielle et productive, ce qui freine la compétitivité et la création d'emplois ».

Autres initiatives lancées à Durban

À Durban, la Banque mondiale a lancé un nouveau concours d'applications pour le climat, dont l'objectif est d'encourager le développement d'applications logicielles innovantes pouvant contribuer à la résolution des problèmes de développement posés par le changement climatique.

La Banque a également présenté la nouvelle édition de son Little Data Book on Climate Change, synthèse des données nationales, internationales et régionales sur les différentes questions relatives au climat.

Par ailleurs, la Banque mondiale a annoncé un nouveau partenariat, avec quatre autres banques multilatérales de développement, visant à mieux coordonner et approfondir l'aide apportée aux municipalités pour l'atténuation du changement climatique et l'adaptation à ses effets.

Pour faciliter l'accès des pays les moins avancés au financement de leurs investissements à faible intensité de carbone et pour leur permettre de recourir aux marchés du carbone après 2012, la Banque mondiale a annoncé deux nouvelles initiatives financières : la Carbon Initiative for Development (Ci-Dev) et la troisième tranche du Fonds biocarbone.

Un surcroît de financement au profit des petits États insulaires en développement (PEID) a aussi été annoncé. Il appuiera l'initiative SIDS-DOCK, lancée lors de la conférence 2010 sur le changement climatique organisée à Cancun par les Nations Unies. « L'initiative SIDS-DOCK aidera non seulement ces pays à accroître leur indépendance énergétique et à renforcer leur résilience, mais également à devenir des chefs de file en démontrant l'efficacité de stratégies d'atténuation innovantes dans un contexte de ressources limitées », explique Andrew Steer.

Parmi les autres activités de la Banque mondiale, l'équipe Connect4Climate a annoncé le nom des gagnants à son concours qui invitait les jeunes Africains à apporter leur contribution aux solutions climatiques de demain.

Enfin, à Durban, l'équipe de la Banque a mis en avant ses travaux sur les océans, le financement des projets liés aux risques de catastrophe, les fonds d'investissement climatique, l'adaptation, la croissance à faible intensité de carbone et la thématique genre/changement climatique.