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Au Tchad, mettre l’accent sur les collectivités locales pour garantir la pérennité des acquis
03 mai 2011
3 mai 2011—Au village de Doholo, situé à l’extrême sud du Tchad, la joie se lisait dans le regard des populations lors du passage de la mission de la Banque mondiale conduite par le Représentant Résident M. Jean-Claude Brou. Depuis la réception du centre de santé construit par le Projet d’Appui au Développement Local (PROADEL), les habitants du village n’avaient pas encore reçu une telle mission.
C’était la fête au village : « C’est un grand plaisir pour nous de vous accueillir et de savoir que vous êtes venu pour partager nos préoccupations », s’est réjouie la trésorière du comité de gestion du centre de santé local. Tour à tour, hommes, femmes, jeunes se sont succédé pour exprimer leur satisfaction et reconnaissance concernant les réalisations de la Banque mondiale dans la localité.
Cette scène de joie et pleine d’émotion observée à Doholo revient dans toutes les localités où la mission de la Banque mondiale s’est rendue. L’une des leçons tirées de Doholo et bien d’autres sites des projets de la Banque mondiale sur le terrain était que le contact avec les bénéficiaires dans leurs différentes localités est très important dans le suivi des opérations.
La mission conduite par M. Brou fin février sur les sites des projets financés par la Banque mondiale au Tchad a été organisée dans ce sens. Composée des coordonnateurs des projets et du staff technique de la Banque mondiale, la mission visait à s’enquérir de l’état de mise en œuvre des projets et échanger avec les différents acteurs, notamment les autorités politiques locales, la société civile et les bénéficiaires de ces projets.
La visite a concerné trois régions représentant un échantillon de projets dans les différents secteurs tels que la santé, l’éducation, le développement local, l’eau et le développement urbain. Plus de cent personnes ont été rencontrées pendant cette mission.
Au titre du PROADEL, les témoignages sur le fonctionnement du Centre de santé Doholo (Benoye) et de la radio communautaire de Bébalem ont été encourageants. Le constat général qui s’est dégagé au passage de la mission a été l’enthousiasme manifesté par les bénéficiaires à échanger avec la délégation. Les témoignages des populations de Doholo, bénéficiaires de centre de santé et ceux du comité de gestion de la radio communautaire de Bebalem sont unanimes sur un point : l’ouvrage réalisé par la Banque mondiale a largement contribué au développement local.
Au centre de santé de Doholo, l’adhésion de la population à l’ouvrage est telle qu’une équipe de bénévoles constituée d’infirmiers et d’accoucheuses traditionnelles recrutés localement prend en main le fonctionnement du centre avec le soutien des communautés. Désormais la localité est prise en charge en ce qui concerne le service minimum de soins de première nécessité. Equipé d’une pharmacie, d’une maternité, d’une salle d’observation, d’un laboratoire et d’une salle de consultation, ce centre met les villages environnants à l’abri des complications qui pourraient découler du manque de suivi médical. Il reçoit au moins une dizaine de patients par jour pour causes de diarrhées, bronchites, paludisme, entre autres maux.
La visite de la radio communautaire a également donné lieu aux mêmes échanges entre le représentant de la Banque mondiale et sa délégation. Le directeur de la radio s’est réjoui de la mission sur son site tout en soulignant l’apport de sa radio dans la sensibilisation des populations de la localité. Il a affirmé que les programmes de la radio ont réussi à éveiller l’esprit des populations de la localité car 70% des émissions sont axées sur l’éducation, la santé (mortalité infantile, cas de décès), les tensions entre agriculteurs et éleveurs, l’agriculture, les devoirs civiques et le rôle de la femme dans la société.
Des bornes-fontaines pour 59 000 personnes
En ce qui concerne le Projet d’Appui au Développement Urbain (PADUR), les travaux dans la ville de Moundou sont à un stade très avancé.
Lancé en 2007, le PADUR a pour objectif d’accroître de manière durable l’accès aux infrastructures et services de base dans les villes de N’Djamena, Moundou, Sarh, Abéché et Doba. Pour la ville de Moundou, le PADUR finance l'extension du réseau d'approvisionnement en eau et la réhabilitation des conduites. Il finance également la construction de nouveaux forages équipés et l'installation de 64 bornes-fontaines dans des quartiers fortement peuplés couvrant une population de 59 000 personnes, soit 40 % des habitants de la ville. Le problème crucial d’accès à l’eau potable dans la ville est donc en voie d’être réglé.
Les bénéficiaires s’accordent à dire que la ville de Moundou ne connaîtra plus, dans la même ampleur, les inondations. La poursuite des travaux est en cours pour la mise en place de puisards, pièces de robinetterie et branchement. Ce qui donne le taux de réalisation partiel à ce niveau à 82%. Par ailleurs, les deux forages en réalisation et les essais de débits sont terminés et il reste les travaux des chambres de pompage et montage des équipements hydro-électriques.
Ce constat du bon déroulement des travaux du PADUR dans la ville a été également fait par le gouverneur du Logone Occidental lors d’une visite de courtoisie que lui a rendue la mission. Maire de Moundou au lancement du PADUR dans la ville, le gouverneur a souligné avec satisfaction que « les travaux du PADUR ne sont pas un luxe mais ils traduisent un besoin réel de la ville de Moundou qui a tant souffert d’inondations par le passé ». Les membres du Comité local de suivi (CLS) se sont eux aussi réjouis de l’avancement des travaux, lors d’une séance de travail regroupant la mairesse de la ville de Moundou, le secrétaire général de la mairie et la mission, en présence des entrepreneurs et du coordonnateur du PADUR à la mairie. Les échanges directs pendant cette rencontre entre les 14 membres du CLS, l’unité du projet, les experts de la mairie, les ingénieurs des entreprises et la Banque mondiale ont permis de partager les préoccupations des uns et des autres. Dans l’ensemble, la mairie et le CLS ont apprécié positivement l’état d’avancement des travaux et leur impact positif attendu sur la ville de Moundou. Tous ont aussi exprimé leur satisfaction de dialoguer directement entre parties prenantes.
De façon générale, les divers échanges avec des bénéficiaires et d'autres parties prenantes ont permis de comprendre que les projets ont eu un impact positif sur les communautés. Même si quelques lacunes persistent encore en ce qui concerne l’harmonisation des réalisations avec la politique nationale et la communication régulière et efficace entre les bénéficiaires des projets et les unités de coordination.