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Mise à jour sur le programme de la Banque mondiale à Madagascar
07 novembre 2012
ANTANANARIVO, le 21 juillet 2010—La Banque mondiale a récemment clôturé son exercice fiscal 2010 (juillet 2009-juin 2010) en établissant un nouveau record en terme d’engagements, et ceci surtout pour la Région Afrique.
En effet la Banque mondiale a mobilisé 11,5 milliards de dollars américains pour aider le continent dans son développement économique et pour faciliter une reprise rapide à la suite de la crise financière mondiale. « L’Afrique est aujourd’hui l’uns des premiers continents à émerger de la crise avec des perspectives de croissance solide comparables au niveau enregistré durant la période d’avant-crise, et je suis fière de constater que notre institution a contribué à cet effort », déclarait récemment Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique.
Malheureusement, Madagascar n’a pas pu participer à cet essor pour cause de crise politique.
Bilan de l’année fiscale écoulée
La Banque mondiale n’est cependant pas restée sans réaction face à la dégradation de la situation économique et sociale sur la Grande Île et surtout à ses conséquences pour les populations les plus démunies. En effet, la Banque a continué les décaissements de plusieurs opérations déjà existantes, pour leur caractère humanitaire et leur impact direct auprès des populations les plus pauvres. Ces projets portent sur le VIH/Sida, la nutrition, la sécurité alimentaire, l’environnement, le développent rural, le projet bassins versants et périmètres irrigués, le transport rural, une composante du projet pôles intégrés de croissance et le fonds ACGF pour la micro-finance.
Par ailleurs, au niveau analytique la Banque mondiale vient de terminer, en concertation avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers de la place, un recueil de notes de politique économique qui vise à encourager le débat sur les enjeux économiques et prioritaires du pays. En parallèle, ses équipes poursuivent également un effort d’étude important sur les thèmes de la gouvernance, le défi urbain, la commercialisation agricole, l’environnement, la santé et le climat des affaires.
Perspectives pour la nouvelle année fiscale
L’année fiscale qui commence (juillet 2010-juin 2011) est la dernière du cycle tri-annuel des fonds fortement concessionnels (dénommés « IDA 15 ») que la Banque mondiale alloue aux pays les plus pauvres. Dans ce cadre, Madagascar s’était vu allouer à titre indicatif un financement d’environ 600 millions de dollars sur la période allant de juillet 2008 à juin 2011, pour financer des projets inscrits dans un cadre de partenariat stratégique. Jusqu’à présent, Madagascar n’a pu obtenir qu’une partie de ces fonds, soit 85 millions de dollars, pour des projets approuvés avant la crise. Les règles générales définies par les pays contributeurs de l’IDA stipulent que les financements disponibles qui ne pourront pas être utilisés avant la fin du cycle devront être progressivement réalloués à d’autres pays. Cette règle évite que ces financements très concessionnels soient perdus.
Par ailleurs la détérioration des indicateurs de performance de Madagascar, et notamment ceux portant sur la gouvernance, risque de réduire la part des fonds futurs (l’IDA 16 est en cours de négociation) auxquels le pays pourrait aspirer.
La Banque mondiale ne perd cependant pas espoir que le pays puisse avancer rapidement vers une résolution de la crise politique et bénéficier des financements tant nécessaires pour son développement.