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Faire avancer le programme des infrastructures au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

21 décembre 2009

Décembre 2009 – Dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), les partenariats public-privé peuvent contribuer à combler le manque d’investissements au niveau des infrastructures, améliorer la qualité des services offerts et promouvoir des modèles d’affaires innovants.

Les investissements privés dans les infrastructures dans les pays de la région MENA ont augmenté considérablement depuis 1994, mais à un rythme moindre que dans d’autres régions. Des défis de taille restent toutefois à relever pour que le programme relatif aux infrastructures de la région puisse aller de l’avant. Des cadres réglementaires et juridiques robustes et transparents seront nécessaires pour mettre en place les politiques et les nouvelles institutions requises et les capacités nécessaires à leur application.

Conférence régionale sur la réforme et la réglementation des infrastructures

Dans cette optique, et sous l’égide du ministère de la Planification et de la Coopération internationale de la Jordanie, la Banque mondiale a organisé le 7 décembre 2009 à Amman la première conférence régionale sur la réforme et la réglementation des infrastructures dans la région MENA.

Le ministre de la Planification et de la Coopération internationale de la Jordanie, Suhair Al-Ali, a prononcé le discours de bienvenue lors de la séance d’ouverture de la conférence.

Des décideurs politiques, représentants d’autorités de réglementation et fournisseurs de services en charge des infrastructures sont venus de toute la région MENA pour participer à la conférence, notamment de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, de l’Égypte, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie, du Koweït, des Émirats arabes unis, de l’Irak et de la Libye.

L’objectif de la conférence de deux jours était de faire le bilan des récents développements en matière de réforme des infrastructures dans les pays de la région MENA et de lancer un processus menant à la création d’un forum régional sur la réglementation des infrastructures.

"Les pays de la région MENA devront créer davantage d’emplois que par le passé pour répondre à la croissance rapide de la population active. Pour y parvenir, il faudra assurer une croissance économique d’environ 7 % par année pendant une longue période. Par conséquent, les pays du MENA devront accroître de manière substantielle leurs investissements dans les infrastructures", a déclaré Hedi Larbi, directeur des opérations pour l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Liban et la Syrie à la Banque mondiale.

"À cet égard, les partenariats public-privé peuvent contribuer à combler le manque d’investissements au niveau des infrastructures, améliorer la qualité des services offerts et promouvoir des modèles d’affaires innovants", a-t-il ajouté.

Création du premier forum sur la réglementation des infrastructures dans la région MENA

Le principal résultat de la conférence régionale sur la réforme et la réglementation des infrastructures dans la région MENA a été la mise sur pied d’un groupe de travail qui collaborera avec la Banque mondiale à la création du Forum sur la réglementation des infrastructures dans la région MENA.

La résolution finale de la conférence se lit comme suit : "Inviter, par le biais de la Banque mondiale, les gouvernements des pays MENA à créer une organisation qui sera connue sous le nom de Forum sur la réglementation des infrastructures au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et qui sera parrainée par la Banque mondiale."

Dans cette résolution, les décideurs politiques et les autorités de réglementation dans le domaine des infrastructures ont reconnu les avantages économiques, sociaux et environnementaux qui peuvent découler d’une meilleure intégration régionale et d’une plus grande collaboration au niveau de l’élaboration des politiques et des dispositions législatives ainsi que de la réglementation en matière d’infrastructures.

"L’objectif de ce forum réglementaire régional et plurisectoriel est de promouvoir une meilleure coopération entre les pays du MENA", a déclaré Paul Noumba Um, économiste principal du département du développement durable pour la région MENA à la Banque mondiale.

"Une meilleure coopération peut être favorisée en disséminant les expériences internationales et les meilleures pratiques et en favorisant l’apprentissage par les pairs et le partage d’informations pour obtenir des services d’infrastructures de meilleure qualité et à moindres coûts dans la région MENA", a-t-il ajouté.

Le Forum devra inclure au moins un des services d’infrastructure suivants : télécommunications, électricité, gaz, eaux et eaux usées et transports.

L’adhésion au Forum sera ouverte à tous les organismes de réglementation pertinents basés dans les pays de la région MENA.

Données

Le volume annuel des projets d’infrastructure financés dans la région MENA a progressé de 25 milliards de dollars en 2007 à 27 milliards de dollars en 2008, avant de diminuer de manière importante à 6 milliards de dollars en juin 2009 en raison de la crise financière mondiale.

Les pays à revenu intermédiaire du MENA devront investir l’équivalent de 9,2 % de leur produit intérieur brut (PIB) annuel au cours de la période 2008 à 2015 s’ils espèrent maintenir leurs perspectives de croissance économique. Cela représente un effort d’investissement total se chiffrant entre 75 et 100 milliards de dollars par année, dont 33 % sont destinés à la maintenance des infrastructures existantes.