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Moins de privilèges, plus de concurrence : conditions nécessaires pour accroître l’investissement privé et la création d’emploi au Moyen-Orient et Afrique du Nord

09 novembre 2009

November 2009 – Selon un nouveau rapport publié par la Banque mondiale sur la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) intitulé From Privilege to Competition: Unlocking Private-Led Growth in the Middle-East and North Africa (Des privilèges à la concurrence : renforcer la croissance par le développement du secteur privé dans la région du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord) [PDF], une croissance forte et durable dans la région MENA nécessitera des taux d’investissement privé plus élevés, une meilleure productivité des entreprises et une plus grande diversification des tissus économiques. Pour améliorer la performance du secteur privé, les pays de la région MENA sont appelés à réduire les pratiques arbitraires et discrétionnaires qui affaiblissent l’environnement des affaires, afin d’encourager l’entreprenariat, l’investissement et la concurrence.

Les réformes économiques des décennies passées ont transformé les pays de la région d’économies dominées par le secteur public, à des économies où plus de 80 pourcent de la valeur ajoutée, hors secteurs des mines et des hydrocarbures, est produite par des entreprises privées. Récemment, les réformes de l’environnement des affaires se sont accélérées dans plusieurs pays.

Toutefois, le rapport estime que des épisodes de réformes similaires ont eu des impacts bien plus importants sur l’investissement privé dans d’autres régions du monde. L’impact limité des réformes dans la région MENA s’explique par le manque d’équité et de prévisibilité dans leur mise en œuvre. Ceci réduit leur crédibilité aux yeux de nombreux investisseurs. Près de 60% d’entre eux considèrent que les réglementations sont appliquées de manière incohérente et imprévisible.

Les pays de la région doivent s’engager à rendre l’environnement d’affaires plus équitable afin d’encourager plus d’entrepreneurs à investir. Le rapport suggère qu’un tel engagement ne peut être crédible que si les réformes mises en œuvre réduisent les situations de rente, réduisent le pouvoir discrétionnaire dans les administrations et engagent un secteur privé mieux représenté dans la conception et surtout l’évaluation des politiques économiques. Le rapport propose ainsi une stratégie à trois piliers pour poser les bases solides d’une croissance à long terme :.

Le rapport propose une stratégie à trois piliers pour poser les bases solides d’une croissance à long terme :

  • Premièrement, les gouvernements doivent réduire les barrières formelles et informelles qui limitent la concurrence. Partout où elles existent, les situations de rentes et celles de conflits d’intérêt entre responsables publics et investisseurs privés doivent être réduites.
  • Deuxièmement, les réformes doivent être accompagnées du renforcement des institutions chargées de les mettre en œuvre, de réguler les marchés et d’interagir avec les entreprises. Ceci en vue de réduire les immixtions et les pratiques discrétionnaires et arbitraires dans l’application des réglementations.
  • Troisièmement, un nouveau partenariat entre le secteur privé et les gouvernements est nécessaire, afin que tous les acteurs soient davantage impliqués dans la préparation, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques économiques. Seul un partenariat étroit pourra assoir un consensus autour des réformes et renforcera leur crédibilité et leur efficacité. Un dialogue plus ouvert permettra également de limiter l’influence d’intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Données du rapport

  • 40 millions de nouveaux emplois devront être créés dans la région MENA au cours de la prochaine décennie. La quasi-totalité de ces emplois devra être créée par le secteur privé. Ce dernier aura un rôle essentiel à jouer pour transformer les pays de la région en économies diversifiées, dynamiques, et aux taux de croissance durablement élevés.
  • Avec un taux d’investissement de 15% du PIB en moyenne, la région MENA se situe loin derrière les régions les plus dynamiques.
  • Les pays les plus performants de la région exportent environ 1500 types de biens, dont la majorité est à faible contenu technologique, lorsque des pays comme la Pologne, la Malaisie, ou la Turquie en exportent près de 4000.
  • En réponse aux réformes passées, les taux d’investissement privé dans la région MENA ont augmenté en moyenne de seulement 2 points de PIB, contre 5 à 10 points en Asie, en Europe de l’Est et en Amérique latine.
  • Près de 60 % des chefs d’entreprises sondés estiment que les réglementations ne sont pas appliquées de manière constante et prévisible.