Du 17 au 21 avril : Suivezles webconférences internationales des Réunions de printemps.Voir le programme

Fiche d’information 15 novembre 2017

Questions/réponses : éclairages sur les services d’électricité du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord - Enseignements d’un diagnostic de performance

1.    Quelle est la finalité de ce diagnostic de la performance des compagnies d’électricité dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ?

La situation du secteur de l’électricité dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) peut sembler paradoxale : alors que la région possède les premières réserves au monde de gaz et de pétrole et est parvenue à maintenir un accès pratiquement universel à l’électricité dans la plupart des pays, elle risque d’être incapable de satisfaire, demain, la demande d’énergie de sa population, en plein boum, et de ses entreprises, toujours plus dynamiques.

Pour suivre le rythme de la demande, la région MENA devrait affecter chaque année environ 3 % de son produit intérieur brut (PIB) prévu à des investissements dans le secteur de l’électricité. Mais, du fait de contraintes budgétaires et macroéconomiques, la plupart des pays de la région n’y parviendront pas. Ce rapport démontre pourtant qu’il existe une solution simple : à condition d’améliorer la performance de la gestion des entreprises de services publics de la région, les pays pourraient largement financer ces investissements.

Ce rapport s’adresse aux dirigeants de compagnies d’électricité, aux organismes de réglementation, aux décideurs et à tous les acteurs concernés par la performance des entreprises de services publics dans la région. Cette évaluation quantitative de la performance des compagnies d’électricité a pour objectif premier de réunir des éléments de comparaison sur l’efficacité des différentes entreprises mais aussi d’identifier les marges d’amélioration en s’appuyant sur un certain nombre d’indicateurs (techniques et opérationnels, commerciaux et financiers) en lien avec les grands facteurs susceptibles de contrarier la performance (taille de l’entreprise, actionnariat, existence ou non d’un organisme de réglementation, niveau de développement des pays). Le rapport propose également une évaluation du déficit quasi budgétaire du secteur énergétique, afin de repérer les domaines contribuant le plus aux inefficacités observées (sous-tarification, failles au niveau du recouvrement, pertes lors de la distribution et du transport ou sureffectifs). Enfin, à travers quatre études de cas, il s’efforce de dégager des enseignements utiles pour aider l’ensemble de la région à améliorer la performance des compagnies d’électricité.

2.     En quoi ce diagnostic de la performance des compagnies d’électricité dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord diffère des autres études consacrées à ces entreprises dans la région ?

Tout l’intérêt de ce travail réside dans la nouvelle base de données (MENA Electricity Database) sur laquelle il s’appuie, qui rassemble des informations sur 67 compagnies d’électricité dans les 14 économies suivantes : Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Cisjordanie, Djibouti, Égypte, Iraq, Jordanie, Liban, Maroc, Oman, Qatar, Tunisie et Yémen. Ces données ont été collectées grâce à une enquête normalisée conduite auprès des compagnies d’électricité et des organismes de réglementation, couvrant plusieurs indicateurs relatifs aux performances techniques, commerciales et financières. Jusque-là, les informations sur le secteur énergétique de la région étaient plutôt hétérogènes.

L’étude exploite également ces données pour estimer le déficit quasi budgétaire du secteur énergétique dans les économies de la région et pour apprécier la part de ce déficit pouvant être attribuée à la sous-tarification (niveau des prix trop faible pour couvrir les coûts), aux problèmes de recouvrement (incapacité à facturer ou à récupérer les recettes), aux pertes lors du transport et de la distribution ou aux sureffectifs (nombre d’employés supérieur à celui d’une compagnie d’électricité efficace, de même taille et offrant les mêmes caractéristiques).

3.     Quelles sont les principales conclusions de ce diagnostic de la performance des compagnies d’électricité dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ?

Le rapport met en exergue cinq grandes conclusions :

  • La réduction des coûts cachés dans le secteur de l’énergie est indispensable pour financer les indispensables investissements. Autrement dit, il suffirait de réduire de moitié les inefficacités actuelles pour combler le besoin d’investissement du secteur.
  • La sous-tarification est la principale source d’inefficacité ; les autres problèmes identifiés sont propres à l’économie et à l’entreprise concernées. Environ deux tiers des inefficacités sont dus à un niveau de tarifs trop faible pour couvrir les coûts.
  • Le secteur énergétique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord doit égaler les succès obtenus sur le plan technique, en optimisant la gestion commerciale et financière. Les indicateurs de performances commerciales et financières de la région MENA tendent à être moins bons que dans les autres régions du monde.
  • Des réformes institutionnelles et économiques bien ciblées pourraient stimuler le secteur énergétique de la région. L’analyse des corrélations entre caractéristiques institutionnelles et contextuelles (type d’entreprise de services publics, taille, actionnariat, existence d’un organisme de régulation distinct et richesse du pays) et indicateurs de performance permet de voir où et comment les réformes seraient les plus efficaces.
  • Un suivi plus systématique des performances du secteur énergétique est indispensable. Bien réelles, les lacunes en termes de données nécessaires pour une politique et une gestion efficaces ne sont pas insurmontables.

4.     Les conclusions de ce travail ont-elles une utilité future, au-delà du diagnostic de la performance des compagnies d’électricité dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ?

La base de données MENA Electricity démontrera toute son utilité en aidant les décideurs à intégrer les multiples dimensions de la performance de gestion des entreprises de services publics face aux grands enjeux de la politique énergétique. Les questions soulevées tout au long de l’analyse de cette série de données et les recommandations avancées pourront étayer les décisions et servir de point de départ à de nouvelles recherches. Il faut donc systématiser les évaluations périodiques de la performance des compagnies d’électricité de la région, en les y associant directement.

L’efficacité et la responsabilité des décideurs et des dirigeants passent par une appréciation des progrès obtenus en fonction des objectifs fixés et des données de référence, qui fournira d’utiles éléments de comparaison pour l’élaboration des politiques. Enfin, cette base de données constitue un point de référence pour suivre et quantifier les avancées futures.