publication 11 octobre 2017

Yémen : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

Le conflit violent au Yémen a considérablement détérioré la situation économique et sociale dans le pays. La production s’est nettement contractée, les revenus des ménages diminuent. Même au-delà de l’augmentation de la pauvreté, la FAO estime que plus de 7 millions de personnes sont exposées au risque de famine en 2017 et que les épidémies de choléra font des ravages dans le pays, avec près de 450 000 cas suspects dont près de 2 000 décès en fin août.

L’économie du Yémen s’est considérablement détériorée depuis l’escalade du conflit violent en mars 2015. Bien que les statistiques officielles ne soient plus disponibles, certains éléments concrets indiquent que le PIB du Yémen s’est contracté d’environ 37,5 % cumulativement depuis 2015, alors que les perspectives d’emploi dans le secteur privé se dissipent considérablement. L’activité économique dans les secteurs de l’agriculture, des services agricoles et de la production pétrolière et gazière – principales composantes du PIB – demeure limitée en raison du conflit en cours. En outre, la diminution spectaculaire proportionnelle des recettes publiques, résultant en particulier de la forte baisse de la production pétrolière et gazière, a contribué à l’implosion du dispositif officiel de protection sociale et à l’irrégularité du paiement des salaires des fonctionnaires. En outre, le conflit a entraîné une augmentation de l’inflation et des pressions exercées sur le taux de change, ce qui a davantage grevé le revenu des ménages à un moment où environ 40 % d’entre eux font état d’une perte leur principale source de revenus (selon le sondage mondial réalisé en 2016 par l’institut Gallup). Les importations se sont contractées sensiblement en raison de l’amenuisement des réserves de change de la Banque centrale du Yémen (CBY).

Les perspectives économiques pour 2018 et les années suivantes dépendront fondamentalement de la rapidité avec laquelle il sera possible d’améliorer la situation politique et sécuritaire et, en fin de compte, de mettre un terme au conflit actuel pour pouvoir reconstruire l’économie et le tissu social du Yémen. Si la violence peut être maîtrisée d’ici la fin de 2017, le PIB devrait commencer à se redresser en 2018 et 2019, enregistrant une croissance de 9 % et 14 % respectivement au cours de ces deux années. Le rétablissement d’un environnement plus pacifique permettra probablement de reprendre la production d’hydrocarbures, ce qui contribuera à rétablir les recettes publiques. Au regard des perspectives sombres au Yémen, une aide étrangère massive continuerait d’être nécessaire pour son redressement et sa reconstruction après le conflit. Plus particulièrement, il faudra de l’aide étrangère pour rétablir les services de base et restaurer la confiance dans les institutions du pays.


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