Vue d'ensemble

  • Situation politique et sociale

    La Tunisie demeure une terre de contrastes : si d’importants progrès ont été réalisés pour mener à bien le processus de transition politique vers un système de gouvernance ouvert et démocratique, faisant de ce pays un exemple unique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), la transition économique n’a pas suivi le même rythme. Aux contraintes internes, notamment l’émiettement du système des partis politiques et la difficulté relative de parvenir à un consensus sur les principales réformes économiques, se sont ajoutées des contraintes externes, principalement le conflit en Libye et la menace persistante du terrorisme. Ces deux facteurs ont eu pour effet de ralentir la reprise économique et d’aviver l’insatisfaction sociale face à l’absence de perspectives d’emploi.

    Les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés par cette atonie : la Tunisie est l’un des rares pays où une éducation poussée diminue l’employabilité, en particulier chez les femmes. À l’intérieur des terres, ces deux catégories de population sont très durement frappées, ce qui pousse de plus en plus de jeunes à quitter leur région, un phénomène qui expose la Tunisie au risque grandissant de voir sa compétitivité s’éroder à long terme.
    Le pays continue sa mue vers la mise en place d’un système de gouvernance démocratique. La recherche d’un consensus politique, régie par l’accord de Carthage (2016), favorise la stabilité politique et permet d’avancer progressivement dans la mise en œuvre de la Constitution de 2014. Les élections locales prévues en mai 2018 constituent une nouvelle étape importante du processus de transition politique.

    Situation macro-économique

    La croissance de la Tunisie de l’après-2011 reste faible, en dépit d’une légère accélération en 2017. La transition politique, les tensions sociales récurrentes, les chocs en matière de sécurité intérieure, la situation politique et sécuritaire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (notamment en Libye voisine) et les retards dans la réalisation des réformes nécessaires ont nui à l’économie tunisienne.

    L’économie a progressé en moyenne de 1,5 % après la révolution, contre 4,5 %, lors des cinq années qui l’ont précédée. Le taux de croissance s’est établi à 1,9 % en 2017, contre 1 % en 2016 et 1,1 % en 2015, tiré essentiellement par l’agriculture (+2,5 %) et les services (+4,1 %). Malgré la dépréciation du dinar, les secteurs industriels et non manufacturiers (phosphates, pétrole et gaz) n’ont pas affiché une reprise totale en raison de l’agitation sociale dans les régions minières, de la faiblesse des cours des hydrocarbures et de la baisse des investissements dans les activités de prospection. Par ailleurs, la contribution des exportations et des investissements à la croissance demeure nettement inférieure à ce qu’elle était avant la révolution de 2011.

    Le chômage est élevé, en particulier chez les jeunes et les femmes, et dans les régions intérieures, en raison de progrès limités dans la création d’emplois, alors que ce point constituait l’une des principales revendications de la révolution. Le taux de chômage a régressé, pour passer d’un pic de 19 % en 2011 au lendemain de la révolution, à 15,5 % en 2017. Mais il demeure supérieur au niveau d’avant la révolution (13 % en 2010). Il s’accompagne en outre d’un taux d’activité d’environ 50 % seulement, principalement dû à la très faible participation des femmes (27 % contre 69 % chez les hommes).

    Ces mauvais chiffres s’expliquent par l’atonie des créations d’emploi dans la période post-révolutionnaire. Après une destruction nette d’emplois en 2015, contrecoup direct des deux attentats terroristes sur le tourisme (-11 700 emplois), les créations d’emplois sont reparties à la hausse en 2016 et 2017, avec une création nette de 34 700 et 45 500 emplois respectivement. La population en âge de travailler (et la population active) a cependant augmenté de 80 000 personnes par an en moyenne (48 000) sur la période 2016-17.

    La Tunisie est confrontée à d’importants déficits aux niveaux budgétaire et extérieur. Le déficit budgétaire (dons compris) a représenté 6,1 % du PIB en 2017, soit un point de pourcentage de PIB supérieur au budget initial, essentiellement en raison de l’augmentation des dépenses au titre des salaires. Le déficit du compte courant a atteint le niveau record de 10 % du PIB en 2017, compte tenu de la faible croissance des exportations en comparaison du rythme de croissance des importations, et ce, malgré la dépréciation progressive du dinar.

    La dette publique et la dette extérieure sont de ce fait passées à, respectivement, 73 % et 80 % du PIB (contre 40 % et 52 % du PIB en 2010). Les réserves internationales brutes ont continué de fléchir, sous l’effet de l’accroissement du déficit du compte courant, de la contraction des investissements directs étrangers et des importantes interventions de la banque centrale sur le marché des changes, pour tomber à 3,1 mois d’importations fin 2017 (soit 5,7 milliards de dollars) et à moins de 90 jours en février 2018.

    Situation de la pauvreté

    La Tunisie a mis en place un programme de transferts monétaires sans condition afin de garantir un filet social aux ménages vulnérables (qui représentent environ 8 % de la population). Le programme prévoit également la délivrance de cartes d’assurance-maladie à 28 % de la population pour qu’ils bénéficient de services subventionnés. L’admissibilité se fonde sur une combinaison de critères de catégorie et une modulation du ciblage, déterminé par des comités locaux et des entretiens avec des travailleurs sociaux. Cependant, le ciblage et le suivi de ces programmes apparaissent insatisfaisants. En outre, la population en âge de travailler se retrouve essentiellement désœuvrée, sinon au chômage, ou occupe des emplois de qualité médiocre. En 2014, près d’un tiers des jeunes étaient considérés comme non scolarisés, n’exerçant aucun emploi et ne suivant aucune formation.

    Dernière mise à jour: 16 avr. 2018

  • La mise en œuvre de l’actuel cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec la Tunisie (2016-2020), qui a été approuvé le 19 avril 2016, a fait l’objet d’un examen des progrès et des enseignements. Cet exercice a été mené conjointement par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) entre novembre 2017 et avril 2018.

    Il visait à i) prolonger d’une année la période de mise en œuvre de l’actuel cadre de partenariat ; ii) programmer les financements de la BIRD pour les exercices 2019 à 2021 qui n’avaient pas été définies au moment de la présentation du cadre de partenariat au Conseil des administrateurs ; et iii) intégrer l’évolution de la situation politique et socio-économique tunisienne.

    La décision d’étendre la période d’exécution du cadre de partenariat repose sur les raisons suivantes : le contexte politique (notamment les élections présidentielles et législatives prévues en 2019), la nécessité de considérer le programme économique à moyen terme du gouvernement, dont la mise en œuvre est prévue tout au long de l’année calendaire 2020, le retard pris dans l’avancement du processus de transition économique et la nécessité de donner plus de temps au pays pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre de partenariat initial.

    Dernière mise à jour: 16 avr. 2018

  • Le Programme de développement urbain et de gouvernance locale vise à renforcer l’efficacité des collectivités locales en matière d’infrastructures municipales et à améliorer l’accès aux services dans des quartiers défavorisés ciblés. Il a permis d’accroître la capacité des administrations locales à satisfaire des critères d’évaluation rigoureux. Plus de 22 510 personnes ont à ce jour bénéficié de l’amélioration des infrastructures municipales.

    Le Projet d’appui à la réforme de la protection sociale a renforcé les capacités institutionnelles dans l’élaboration de réformes de protection sociale et l’amélioration du ciblage des programmes. Les ménages couverts sont passés de 2 000 (en août 2017) à 70 000 (en février 2018). L’objectif final du projet est de 400 000 bénéficiaires sur les 900 000 que le gouvernement prévoit d’atteindre.

    Le Projet de corridors de transport routier réduira le coût et la durée des transports et permettra d’améliorer la sécurité routière sur un certain nombre d’axes reliant des régions défavorisées et d’autres plus développées. Il contribuera à la remise en état de 146 kilomètres de routes existantes et à la rénovation de 17 ponts, 230 ponceaux et 52 intersections routières, ainsi qu’à la modernisation de la signalisation et à l’installation d’autres dispositifs de sécurité routière.

    Dernière mise à jour: 16 avr. 2018

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Tunisie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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