Vue d'ensemble

  • Situation politique et sociale

    La Tunisie demeure un pays de contrastes : si d’importants progrès ont été réalisés pour mener à bien le processus de transition politique vers un système de gouvernance ouvert et démocratique, faisant de cet État un exemple unique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), la transition économique n’a pas suivi le même rythme.

    Aux contraintes internes, notamment l’émiettement du système des partis politiques et la difficulté relative de parvenir à un consensus sur les principales réformes économiques, se sont ajoutées des contraintes externes, principalement le conflit dans la Libye voisine et la menace persistante de l’instabilité. Ces deux facteurs ont eu pour effet de ralentir la reprise économique et d’aviver l’insatisfaction sociale face à l’absence de perspectives d’emploi.

    Les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés par cette atonie : la Tunisie est l’un des rares pays où une éducation poussée diminue l’employabilité, en particulier chez les femmes. À l’intérieur des terres, ces deux catégories de population sont très durement frappées, ce qui pousse de plus en plus de jeunes à quitter leur région, un phénomène qui expose la Tunisie au risque grandissant de voir sa compétitivité s’éroder à long terme.

    Situation macro-économique 

    La Tunisie a entamé une modeste reprise économique, tirée par l’accélération de la croissance, de l’investissement et des exportations, bien que les déséquilibres macroéconomiques restent élevés. La croissance économique de la Tunisie s’accélère lentement. Après avoir légèrement repris pour atteindre 2 % en 2017, elle s’est établie à 2,5 % au premier trimestre 2018 et à 2,8 % au deuxième trimestre (en glissement annuel), soutenue par l’agriculture, le tourisme et la production axée sur l’exportation, principalement électrique et mécanique. Du côté de la demande, la croissance a été tirée par les exportations et les investissements. Le chômage est resté élevé, à 15,4 % au premier trimestre 2018, mais a légèrement baissé chez les diplômés, avec un taux de 29,3 % contre 29,9 % au quatrième trimestre 2017.

    L’inflation s’est accélérée, passant de 4,2 % en décembre 2016 à 7,8 % en juin 2018, soit le niveau le plus élevé depuis une génération, sous l’effet de la dépréciation de la monnaie, du relèvement des prix administrés de l’énergie, de la hausse des salaires et de l’expansion du crédit. Face à cette situation, la Banque centrale a relevé son taux directeur à trois reprises depuis avril 2017 pour le porter à 6,75 %, mais les taux d’intérêt directeurs restent négatifs ou presque. En juillet 2018, l’inflation a légèrement ralenti pour s’établir à 7,5 %.

    La position extérieure du pays reste difficile, en raison des importants déficits commercial et courant, de la baisse des investissements directs étrangers et de la contraction des réserves internationales (3,1 mois d’importations fin 2017). Le déficit courant s’est amélioré au premier trimestre 2018, soutenu par la dépréciation du taux de change réel en 2017, l’amélioration de la balance commerciale et la hausse des recettes touristiques et des envois de fonds liée au renforcement de la croissance en Europe. La couverture des réserves de change est cependant tombée à 71 jours d’importations à la fin juillet, malgré les efforts déployés par la Banque centrale depuis mars pour rester dans les limites du budget d’intervention de change. La monnaie nationale est passée sous la barre des 3 dinars pour 1 euro en avril 2018 et a continué de se déprécier, bien qu’à un rythme plus lent qu’en 2017.

    Situation de la pauvreté

    Selon les chiffres officiels, le taux de pauvreté s’établissait à 15,2 % en 2015, ce qui correspond à une baisse significative par rapport à 2010 et 2015, où il atteignait respectivement 20,5 % et 23,1 %. Mais cette moyenne nationale cache de fortes disparités régionales, le Nord-Ouest et le Centre-Ouest affichant des taux de pauvreté de 28,4 5 et 30,8 % respectivement. Pour venir en aide aux plus pauvres, la Tunisie a mis en place un programme de transferts monétaires sans condition garantissant un filet social à environ 8 % de la population. Le programme prévoit également la délivrance de cartes d’assurance-maladie à 28 % de la population pour qu’ils bénéficient de services subventionnés. L’admissibilité se fonde sur une combinaison de critères de catégorie et une modulation du ciblage, déterminé par des comités locaux et des entretiens avec des travailleurs sociaux. Cependant, le ciblage et le suivi de ces programmes apparaissent insatisfaisants. En outre, la population en âge de travailler se retrouve essentiellement désœuvrée, sinon au chômage, ou occupe des emplois de qualité médiocre. En 2014, près d’un tiers des jeunes étaient considérés comme non scolarisés, n’exerçant aucun emploi et ne suivant aucune formation.

    Dernière mise à jour: 09 oct. 2018

  • Programme

    Le programme de financements sollicités pour les exercices 2019 et 2020 met fortement l’accent sur les réformes des entreprises d’État, avec des opérations dans les secteurs de l’énergie et de l’eau portant sur l’amélioration des performances des compagnies concernées, ainsi que des investissements et des activités de renforcement des capacités destinés à ouvrir ces secteurs aux partenariats public-privé.

    Le secteur de l’assainissement fait l’objet d’une collaboration similaire, mais celle-ci n’en est encore qu’au stade de préparatoire et pourrait nécessiter plus temps avant sa concrétisation. Le programme soutient parallèlement l’e-gouvernance (en priorisant notamment les aspects transversaux et la prestation des services sociaux), l’entrepreneuriat, l’axe économique reliant Kasserine et Sidi Bouzid à Sfax et le développement durable des oasis.

    Portefeuille

    La mise en œuvre de l’actuel cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec la Tunisie (2016-2020) a fait l’objet d’un examen à mi-parcours présenté aux Conseil des administrateurs le 22 mai 2018, en même temps qu’un financement à l’appui des politiques de développement de 500 millions de dollars. Cet examen a permis de faire le point sur l’évolution de la situation politique et socio-économique tunisienne, de prolonger d’une année la période de mise en œuvre de l’actuel cadre de partenariat et de programmer les financements de la BIRD pour les exercices 2019 à 2021. Il a mis en évidence des risques limitant la capacité de financement de la BIRD, les autorités tunisiennes sollicitant un montant total de 1,7 milliard de dollars de prêts. Des discussions sont en cours en vue de mettre en place des opérations de swap de créances et des garanties avec les partenaires de la Banque pour permettre à celle-ci de poursuivre son programme de prêts.

    Les engagements de la BIRD en faveur de la Tunisie s’élèvent actuellement à 2,21 milliards de dollars, répartis entre 11 projets. Il s’agit de huit financements de projets d’investissement (pour un montant de 777 millions de dollars), d’un programme de financement axé sur les résultats (430 millions de dollars), de deux financements à l’appui des politiques de développement (1 milliard de dollars) et de quatre dons (27,2 millions de dollars). Quatre opérations d’un montant total approximatif de 600-650 millions de dollars sont en cours de préparation et devraient être approuvées durant l’exercice 2019. Elles concernent le financement de micros, petites et moyennes entreprises et de start-up innovantes (100 millions de dollars), l’établissement de couloirs de développement économique (200 millions de dollars), l’amélioration des performances du secteur de l’énergie (200 millions de dollars) et la réforme du secteur de l’eau (150 millions de dollars).

    Le taux de décaissement pour l’exercice 2018 a dépassé l’objectif visé (22,49 % contre 20 %). Il sera cependant difficile de maintenir ce niveau compte tenu du nombre de nouveaux projets dans le portefeuille.

FINANCEMENTS

Tunisie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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