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Libye : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

Malgré des progrès limités, l’économie libyenne reste encore en dessous de son potentiel, entravée par la persistance d’un conflit politique violent. Le double déficit reste gros et un cadre pour le résorber fait défaut, ce qui exacerbe l’instabilité du cadre macroéconomique. L’inflation s’est accélérée, rognant encore plus le pouvoir d’achat de la population. À moyen terme, les défis vont au-delà de la reconstruction pour englober la prise en compte des défaillances en matière de développement datant d’avant 2011, la diversification de l’économie et la promotion du développement du secteur privé.

Malgré de bons résultats de croissance du secteur pétrolier, l’économie libyenne pâtit toujours des conflits politiques qui l’empêchent de réaliser son potentiel. Après quatre années de récession, l’économie libyenne s’est redressée au premier semestre de 2017, grâce au redémarrage de la production d’hydrocarbures après la reprise aux mains des milices des principaux gisements pétroliers l’année dernière. Les secteurs hors hydrocarbures sont restés silencieux, inhibés par le manque de fonds et de sécurité. Le PIB devrait augmenter de 25,6 % en 2017, ce qui permettra un accroissement sensible du revenu par habitant, qui s’établira à 65 % de son niveau de 2010 après avoir perdu plus de la moitié de sa valeur.

Des perspectives économiques plus favorables dépendront essentiellement des progrès accomplis pour dénouer l’impasse politique qui divise le pays, de l’amélioration de la situation sécuritaire. Le status quo finira par conduire l’économie libyenne vers l’insolvabilité. Au rythme actuel des dépenses, si le contexte de conflit et d’insécurité persiste, les réserves de change continueront de s’épuiser, une perspective qui a déjà une incidence sur les attentes. À moyen terme, sous réserve de la restauration de la paix et du rétablissement de la sécurité, la croissance devrait suivre son cours et sa base devrait s’élargir en 2019-2020. Le solde budgétaire et le solde du compte courant vont s’améliorer sensiblement, enregistrant des excédents à partir de 2020. Les réserves en devises avoisineront en moyenne 60 milliards de dollars durant la période 2018-2020.


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