publication 11 octobre 2017

Liban : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

L’impasse politique prolongée au Liban s’est dénouée par l’élection du président Aoun en octobre 2016 et la formation par la suite d’un gouvernement d’union nationale. Depuis lors, les dirigeants politiques se sont mis d’accord sur loi électorale parlementaire longtemps contestée, l’ajustement de l’échelle des salaires et la loi sur les partenariats public-privé. La crise syrienne qui s’éternise et la lenteur du rythme des réformes structurelles constituent des obstacles majeurs à la croissance potentielle. Des risques macro-financiers importants subsistent cependant.

Pour 2017, le taux de croissance du PIB réel devrait être de 2 %, le même qu’en 2016, le principal moteur étant les services, en particulier le tourisme. Au cours des cinq premiers mois de l’année 2017, les arrivées de touristes ont augmenté de 12,8 % (en glissement annuel), tandis que les taux d’occupation des hôtels ont été de 65,2 % en moyenne, soit une progression de 8,4 points de pourcentage par rapport à 2016, représentant le taux le plus élevé depuis 2012. Du côté de la demande, la baisse sur trois ans (2014-2016) de la contribution de la consommation privée à la croissance du PIB semble persister, tout comme l’amélioration sur trois ans de la contribution de la formation brute de capital fixe qui vient la compenser. Pour 2017, la croissance semble être uniquement tirée par les exportations nettes de biens et de services, qui s’explique par une reprise des exportations, un effet de base faible et la stagnation des importations. Sur le plan structurel, l’économie reste largement dépendante des services (notamment l’immobilier, le commerce de détail et les services financiers) et orientée vers la région, ce qui la rend vulnérable à l’instabilité de la croissance et à des déséquilibres macroéconomiques importants.

Les perspectives économiques à moyen terme du Liban demeurent sombres. Selon les projections, la croissance annuelle continue de tourner autour 2 % à moyen terme, et se situera à 2,5 % en 2018 en raison de l’augmentation prévue des dépenses (publiques et privées) motivées par les prochaines élections législatives prévues en mai. Ces projections se fondent sur les hypothèses suivantes : i) que la guerre en Syrie se poursuit et que les répercussions au Liban, bien que significatives, restent maîtrisées ; et ii) qu’un programme de réformes pour stimuler la croissance potentielle ne se réalisera pas. En outre, les exportations de biens et de services devraient continuer de se remettre d’un effet de base faible, ce qui laisse le secteur extérieur freiner la croissance.


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