publication
Liban : rapport de suivi de la situation économique (avril 2017)


L'élection du Président Michel Aoun en octobre 2016 après environ deux ans et demi de vacance de la fonction présidentielle, et la formation ultérieure d'un gouvernement d'unité nationale ont relancé le processus politique au Liban. Néanmoins, la persistance du conflit syrien a aggravé la vulnérabilité du pays et continue d'entraver le retour à une croissance potentielle. Pour la cinquième année, le Liban reste le premier pays d’accueil (par habitant) pour les Syriens déplacés, ce qui a mis à rude épreuve ses finances publiques déjà fragiles dans un contexte de restriction de l’aide internationale.

En 2016, la croissance du PIB réel s’est légèrement accélérée pour atteindre environ 1,8 %, contre 1,3 % en 2015. Cela s'explique par une amélioration dans le secteur de l'immobilier—les livraisons de ciment ont augmenté de 4,4 % en 2016 par rapport à une contraction de 8,6 % en 2015—ainsi que l'augmentation constante du nombre de touristes. Du côté de la demande, la consommation privée continue d'être l'un des principaux moteurs, grâce à l'amélioration des conditions de sécurité et la faiblesse des prix du pétrole.

Le regain de confiance généré par la reprise du processus politique, associé à l'apaisement des tensions avec le CCG après la visite du Président Aoun dans la région en janvier 2017, devrait se traduire par une reprise de la croissance du PIB de l’ordre de 2,5 % en 2017. Plus précisément, un renforcement du secteur immobilier ainsi qu'une augmentation constante du nombre de touristes devraient conduire à une reprise de l'activité économique en 2017. Les perspectives économiques du Liban à moyen terme sont fortement tributaires de la situation géopolitique et sécuritaire, deux facteurs qui demeurent instables. Les prévisions reposent sur l’hypothèse d’une poursuite de la guerre syrienne

et d’une maîtrise des graves conséquences qui en résultent pour le Liban. Sur cette base, les prévisions de croissance à moyen terme tablent sur environ 2,5 % par an.