Lebanon Présentation

  • Les répercussions économiques et sociales de près de sept années de conflit en Syrie font partie des grands défis que le Liban doit relever. Selon des sources gouvernementales et indépendantes, 1,5 million de Syriens (soit l’équivalent d’un quart de la population libanaise) auraient trouvé refuge au Liban depuis le début de la guerre civile, en mars 2011. Cet afflux de population met à rude épreuve les finances publiques du pays, les services publics et l’environnement. Cette crise devrait accroître l’incidence de la pauvreté parmi les Libanais et les inégalités de revenu. En témoignent le basculement de près de 200 000 Libanais dans la pauvreté, qui se seraient ajoutés au million d’habitants pauvres que comptait déjà le pays, et les 250 000 à 300 000 Libanais de plus frappés par le chômage, notamment parmi les jeunes sans qualification.

    Dans ce contexte difficile, le taux de croissance du PIB national a connu une légère accélération en 2016, à 1,8 %, contre 1,3 % l’année précédente — une évolution à imputer au redressement de l’immobilier et au redémarrage du tourisme. L’activité économique reste néanmoins bien en deçà de son potentiel, pénalisée par une situation géopolitique et sécuritaire franchement instable. La tendance déflationniste s’est inversée en 2016, à -0,8 %, contre -3,7 % en 2015. Le déficit budgétaire continue de se creuser et a atteint 10 % du PIB en 2016 en raison, principalement, d’une hausse des dépenses supérieure aux rentrées. Les finances publiques, qui demeurent structurellement fragiles, se dégradent et doivent faire l’objet de réformes urgentes. La dette publique continue de s’alourdir (157,5 % du PIB fin 2016), plombée par une faible croissance et un coût relativement élevé du financement de la dette.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • L’actuel cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Liban, qui couvre la période 2017-22, a été lancé le 14 juillet 2016. Élaboré à l’issue de vastes consultations avec le gouvernement, les parlementaires, le secteur privé et la société civile libanais, ce cadre s’articule autour de deux priorités : élargir l’accès aux services et améliorer leur qualité ; et multiplier les débouchés économiques et renforcer le capital humain. Le Groupe de la Banque mondiale aidera ainsi le pays à atténuer les conséquences économiques et sociales de la crise en Syrie, préserver ses avancées en matière de développement et améliorer les chances de stabilité et de développement durant les prochaines années.

    Parallèlement, à travers des investissements et des services de conseil dans les secteurs clés, la Société financière internationale (IFC) continuera de soutenir le développement du secteur privé au Liban pour renforcer les perspectives d’emploi. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) poursuivra sa collaboration avec IFC afin d’identifier des projets pouvant bénéficier de ses produits de garantie. Le nouveau cadre de partenariat comprend également un axe de collaboration transversal autour de la gouvernance et de la rénovation du contrat social, dont l’objectif est de restaurer la confiance des citoyens grâce à la promotion de l’inclusion économique et sociale et l’amélioration des services publics. Il promeut également la prise en compte des questions d’égalité des sexes dans ses deux axes prioritaires, et plus particulièrement en ce qui concerne les débouchés économiques et le capital humain.

    En coopération avec d’autres partenaires de développement régionaux et internationaux, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à mobiliser des ressources à des conditions de faveur pour aider le Liban à faire face aux conséquences de la crise des réfugiés syriens, par le biais d’une aide exceptionnelle de l’Association internationale de développement (IDA) de 100 millions de dollars et de la création du Mécanisme mondial de financement concessionnel. Cette initiative vient s’ajouter à la création, en décembre 2013, d’un fonds fiduciaire multidonateurs ayant pour objectif de financer par des dons des projets directement liés aux répercussions de la crise syrienne sur la population libanaise.

    Au 6 mars 2017, le portefeuille de la Banque mondiale au Liban comprend 14 projets (prêts à l’investissement et dons) pour une enveloppe totale de 1,3 milliard de dollars. L’essentiel de cet engagement (674 millions de dollars) est destiné au secteur de l’eau.

    Société financière internationale

    La stratégie de la Société financière internationale (IFC) au Liban est axée sur les marchés financiers (y compris la microfinance), afin d’élargir l’accès au financement des micro-, petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, des investissements sélectifs dans les secteurs infrastructurel et manufacturier sont en cours pour stimuler la création d’emplois et des opérations infrarégionales et interrégionales avec des investisseurs libanais. Les activités de conseil d’IFC s’attachent à améliorer le climat de l’investissement et introduire des approches innovantes qui profitent du dynamisme du secteur privé libanais dans des domaines comme le changement climatique (par le biais du financement des énergies durables), la place des femmes dans le secteur bancaire, la gouvernance institutionnelle et le développement des PME. Compte tenu de la crise humanitaire qui frappe le Liban, IFC poursuivra sa collaboration avec des institutions financières qui, comme Al Majmoua Microfinance, apportent leur soutien à des populations locales confrontées à des pressions économiques de plus en plus fortes sous l’effet de la crise syrienne. IFC s’emploiera aussi à étendre les services aux réfugiés et, plus généralement, aux populations mal desservies. Son portefeuille d’engagements au Liban a pratiquement doublé depuis 2010 et se chiffre actuellement à 495 millions de dollars d’investissements répartis entre 14 sociétés et axés principalement sur les institutions financières, devant la construction et la vente au détail.

    Agence multilatérale de garantie des investissements

    En 2014, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a assuré son tout premier projet au Liban — dans le secteur de la distribution de l’électricité —, avec des engagements bruts s’élevant à 35 millions de dollars en septembre 2016. Ce projet concerne un contrat de quatre ans entre Électricité du Liban (EDL) et des entreprises du secteur privé pour la distribution d’électricité et le comptage électrique dans le Nord-Liban. L’Agence cherche également à soutenir d’autres projets s’inscrivant dans le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour les exercices 2017 à 2022.

    • Environ 150 kilomètres de réseaux d’adduction d’eau et de collecte des eaux usées ont été installés, tandis que près de 200 kilomètres de réseaux d’adduction d’eau ont été réhabilités dans la région de la Bekaa, avec des effets directs et considérables sur les communautés confrontées à l’arrivée massive de réfugiés syriens. Dans les quartiers pauvres du sud de Beyrouth, environ 1 100 ménages ont été raccordés au réseau.
    • L’accès aux services de base a été amélioré dans des municipalités de l’ensemble du pays, grâce à la construction et la rénovation des infrastructures locales, la remise en état des routes secondaires, des mesures de protection des sols, l’éclairage des voies publiques et l’amélioration des services municipaux.
    • Une cinquantaine d’espaces urbains (marchés, places, ports, centres-villes, jardins) ont été rénovés afin d’offrir à la population des lieux de rencontre et de socialisation et de favoriser le développement des commerces locaux.
    • Sept échangeurs ont été construits à des croisements critiques ; la mise en place d’un centre de gestion du trafic permet de contrôler 220 feux de signalisation, tandis que 55 caméras et 896 parcmètres ont été installés.
    • Le Programme national de ciblage de la pauvreté, qui a été étendu afin d’atténuer l’impact du conflit syrien, a fait bénéficier 460 000 personnes (105 000 ménages) de services d’hospitalisation et d’éducation. Des coupons alimentaires électroniques ont par ailleurs été attribués à environ 53 000 Libanais (10 000 ménages) parmi les plus démunis.
    • Le fonds fiduciaire multidonateurs administré par la Banque mondiale, abondé à hauteur de 186 millions de dollars environ, a approuvé cinq projets pour une enveloppe totale de 167 millions de dollars : le Projet d’urgence pour les services municipaux ; le Projet d’urgence de stabilisation du système éducatif ; le Projet d’urgence de restauration des soins de santé primaire ; un financement additionnel en faveur du Programme d’urgence de ciblage de la pauvreté ; et le programme RACE 2 de scolarisation universelle.
    • En 2016, IFC avait investi pour son propre compte ou mobilisé un montant de 495 millions de dollars au Liban, dans la microfinance, le secteur bancaire, les énergies durables et la distribution d’électricité. À cela s’ajoutent plus de 2 milliards de dollars de garanties fournies par le biais du Programme de financement du commerce mondial (GTFP) à des banques libanaises afin de soutenir le développement du commerce extérieur et des PME. Malgré les difficultés, IFC a mobilisé 25 millions de dollars pour des prêts à l’investissement depuis 2016 : Fransabank (14 millions) ; Lebanese Leasing Company (3,5 millions) ; BLC SME Risk Sharing Facility (2,5 millions) ; Vitas Microfinance (4,0 millions) et Al Majmoua (3 millions). IFC a par ailleurs apporté pour 367 millions de dollars de garanties de financement des échanges.
    • Le projet de la MIGA : malgré les problèmes passés de respect des délais de paiement par EDL, le projet avance relativement bien. En décembre 2016, la MIGA a été informée de la prolongation pour quatre ans du contrat de fournisseur de services de distribution.
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FINANCEMENTS

Liban: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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