Lebanon Présentation

  • Parmi les grands défis que le Liban doit relever figurent les répercussions économiques et sociales de près de huit années de crise dans la Syrie. Selon des sources gouvernementales et indépendantes, le Liban aurait reçu 1,5 million de Syriens, soit l’équivalent d’un quart de la population libanaise, depuis le début du conflit, en mars 2011. Cet afflux de population a mis à rude épreuve les finances publiques du Liban, la prestation des services publics et l’environnement. Cette crise devrait accroître l’incidence de la pauvreté parmi les Libanais et les inégalités de revenu. En témoignent le basculement de 200 000 Libanais dans la pauvreté, qui se seraient ajoutés au million d’habitants pauvres que comptait déjà le pays, et les 250 000 à 300 000 Libanais de plus que le chômage aurait frappés, notamment parmi les jeunes sans qualification.

    Dans ce contexte difficile, les estimations de la croissance pour 2017 tablent sur une légère accélération, avec une progression du PIB libanais qui devrait s’établir à 2 %, contre 1,7 % en 2016, principalement grâce aux secteurs des services et du tourisme. L’activité économique reste cependant bien en-deçà de son potentiel en raison d’une situation géopolitique instable et d’une insécurité régionale persistante. Les prix ont amorcé une remontée, l’inflation ressortant en moyenne à 4,5 % en 2017, contre -0,8 % en 2016. Le déficit budgétaire s’est réduit de 3 points de pourcentage pour s’établir à 6,6 % du PIB en 2017, en raison principalement d’un volume accru de recettes fiscales (une manne ponctuelle qui s’explique par la taxation des bénéfices exceptionnels réalisés par le secteur bancaire à la suite des opérations d’ingénierie financière menées par la banque centrale en 2016). Les finances publiques, qui demeurent structurellement fragiles, devraient se dégrader et exigent des réformes urgentes. La dette publique a continué de se creuser (153,4 % du PIB fin 2017), en raison d’une faible croissance et du coût relativement élevé du financement de la dette.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • Le 14 juillet 2016, le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a approuvé un nouveau cadre de partenariat avec le Liban, qui couvre les exercices 2017 à 2022. Élaboré à l’issue de vastes consultations avec le gouvernement, le parlement, le secteur privé et la société civile, ce cadre de partenariat s’articule autour de deux priorités : élargir l’accès aux services et améliorer leur qualité ; et multiplier les débouchés économiques et renforcer le capital humain. Ce faisant, le Groupe de la Banque mondiale aidera le pays à atténuer les conséquences économiques et sociales de la crise en Syrie, préserver ses avancées en matière de développement et améliorer les chances de stabilité et de développement durant les prochaines années. Parallèlement, la Société financière internationale (IFC) continuera de soutenir le développement du secteur privé au Liban avec des investissements et des services de conseil dans des secteurs clés pour l’amélioration des perspectives d’emploi. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) poursuivra sa collaboration avec IFC afin d’identifier les projets susceptibles de recevoir un appui par le biais de ses produits de garantie. Le nouveau cadre de partenariat comprend également un axe de collaboration transversal autour du thème de la gouvernance et de la rénovation du contrat social, dont l’objectif est de restaurer la confiance des citoyens grâce à la promotion de l’inclusion économique et sociale et l’amélioration des services publics. Il promeut également la prise en compte des questions d’égalité des sexes dans ses deux axes prioritaires, et plus particulièrement en ce qui concerne les débouchés économiques et le capital humain.

    En coopération avec d’autres partenaires de développement régionaux et internationaux, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie par ailleurs à mobiliser des ressources à des conditions de faveur pour aider le Liban à faire face aux conséquences de la crise des réfugiés syriens, par le biais d’une aide exceptionnelle de l’Association internationale de développement (IDA) de 100 millions de dollars et de la création du Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF). Cette initiative vient s’ajouter à la création, en décembre 2013, d’un fonds fiduciaire multidonateurs ayant pour objectif de financer par des dons des projets directement liés aux répercussions de la crise syrienne sur la population libanaise.

    Au 20 juin 2018, le portefeuille de la Banque mondiale au Liban comprend 16 projets en cours, pour une enveloppe totale de 1,8 milliard de dollars. Ces projets sont financés par diverses sources, dont des fonds spéciaux tels que le GCFF, qui aide le Liban à atténuer les répercussions du conflit syrien et de l’afflux de réfugiés en particulier. Cette situation a également conduit l’Association internationale de développement (IDA), l’institution de la Banque mondiale dédiée aux pays à faible revenu, à allouer un don exceptionnel de 100 millions de dollars au Liban, classé dans les économies à revenu intermédiaire.   

    La Société financière internationale (IFC)

    La stratégie de la Société financière internationale (IFC) au Liban est axée sur les marchés financiers (y compris la microfinance), afin d’élargir l’accès au financement des micro-, petites et moyennes entreprises (MPME). Elle porte en outre sur des investissements sélectifs dans les secteurs infrastructurel et manufacturier, afin de stimuler la création d’emplois, ainsi que sur des investissements infrarégionaux et interrégionaux avec des investisseurs libanais. Ses activités de conseil s’attachent à améliorer le climat de l’investissement et à introduire des approches innovantes qui tirent parti du dynamisme du secteur privé libanais dans des domaines comme le changement climatique (par le biais du programme d’IFC consacré au financement des énergies durables), la place des femmes dans le secteur bancaire, la gouvernance d’entreprise et le développement des PME. Compte tenu de la crise humanitaire qui frappe le Liban, IFC poursuivra sa collaboration avec des organismes qui, comme l’organisation de microcrédit Al Majmoua, apportent leur soutien à des populations locales confrontées à des pressions économiques de plus en plus fortes sous l’effet de la crise syrienne ; elle s’emploiera aussi à étendre les services aux réfugiés et plus généralement aux populations mal desservies. Le portefeuille d’IFC au Liban se chiffre actuellement à un montant de 687,7 millions de dollars répartis entre 18 sociétés, et concerne principalement des institutions financières et, dans une moindre mesure, les secteurs de la construction et du commerce de détail.

    L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

    En 2014, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a assuré son tout premier projet au Liban — dans le secteur de la distribution de l’électricité —, avec des engagements bruts s’élevant à 35 millions de dollars en septembre 2016. Ce projet concerne un contrat de quatre ans entre Électricité du Liban (EDL) et des entreprises du secteur privé pour la distribution d’électricité et le comptage électrique dans le Nord-Liban. L’Agence cherche également à soutenir d’autres projets dans le pays, en conformité avec le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour les exercices 2017 à 2022.

    • Environ 150 kilomètres de réseaux d’adduction d’eau et de collecte des eaux usées ont été installés, tandis que près de 200 kilomètres de réseaux d’adduction d’eau ont été réhabilités dans la région de la Bekaa, avec des effets directs et considérables sur les communautés confrontées à l’arrivée massive de réfugiés syriens. Dans les quartiers pauvres du sud de Beyrouth, environ 1 100 ménages ont été raccordés au réseau.
    • L’accès aux services de base a été amélioré dans des municipalités de l’ensemble du pays, grâce à la construction et la rénovation des infrastructures locales, la remise en état des routes secondaires, des mesures de protection des sols, l’éclairage des voies publiques et l’amélioration des services municipaux.
    • Une cinquantaine d’espaces urbains (marchés, places, ports, centres-villes, jardins) ont été rénovés afin d’offrir à la population des lieux de rencontre et de socialisation et de favoriser le développement des commerces locaux.
    • Sept échangeurs ont été construits à des croisements critiques ; la mise en place d’un centre de gestion du trafic permet de contrôler 220 feux de signalisation, tandis que 55 caméras et 896 parcmètres ont été installés.
    • Le Programme national de ciblage de la pauvreté, qui a été étendu afin d’atténuer l’impact du conflit syrien, a fait bénéficier 460 000 personnes (105 000 ménages) de services d’hospitalisation et d’éducation. Des coupons alimentaires électroniques ont par ailleurs été attribués à environ 53 000 Libanais (10 000 ménages) parmi les plus démunis.
    • Le fonds fiduciaire multidonateurs administré par la Banque mondiale, abondé à hauteur de 186 millions de dollars environ, a approuvé cinq projets pour une enveloppe totale de 167 millions de dollars : le Projet d’urgence pour les services municipaux ; le Projet d’urgence de stabilisation du système éducatif ; le Projet d’urgence de restauration des soins de santé primaire ; un financement additionnel en faveur du Programme d’urgence de ciblage de la pauvreté ; et le programme RACE 2 de scolarisation universelle.
    • En 2016, IFC avait investi pour son propre compte ou mobilisé un montant de 495 millions de dollars au Liban, dans la microfinance, le secteur bancaire, les énergies durables et la distribution d’électricité. À cela s’ajoutent plus de 2 milliards de dollars de garanties fournies par le biais du Programme de financement du commerce mondial (GTFP) à des banques libanaises afin de soutenir le développement du commerce extérieur et des PME. Malgré les difficultés, IFC a mobilisé 25 millions de dollars pour des prêts à l’investissement depuis 2016 : Fransabank (14 millions) ; Lebanese Leasing Company (3,5 millions) ; BLC SME Risk Sharing Facility (2,5 millions) ; Vitas Microfinance (4,0 millions) et Al Majmoua (3 millions). IFC a par ailleurs apporté pour 367 millions de dollars de garanties de financement des échanges.
    • Le projet de la MIGA : malgré les problèmes passés de respect des délais de paiement par EDL, le projet avance relativement bien. En décembre 2016, la MIGA a été informée de la prolongation pour quatre ans du contrat de fournisseur de services de distribution.
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FINANCEMENTS

Liban: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA