Lebanon Présentation

  • Les répercussions économiques et sociales de huit années de conflit en Syrie font partie des grands défis que le Liban doit relever. Selon des sources gouvernementales et indépendantes, il y aurait 1,5 million de Syriens, soit l’équivalent d’un quart de la population libanaise, qui y ont trouvé refuge depuis le début du conflit, en mars 2011. Cet afflux de population met à rude épreuve les finances de l’État, les services publics et l’environnement. Cette crise devrait accroître l’incidence de la pauvreté parmi les Libanais et les inégalités de revenu. On estime que près de 200 000 Libanais ont basculé dans la pauvreté, venant s'ajouter au million d’habitants pauvres que comptait déjà le pays. Le pays compterait entre 250 000 à 300 000 chômeurs de plus, notamment parmi les jeunes sans qualification.

    Dans cette conjoncture difficile, le taux de croissance du PIB libanais s’est établi en 2018 à 0,2 % seulement selon les estimations les plus récentes, contre 0,6 % l'année précédente. Ce ralentissement de l'activité économique est lié à la politique de resserrement monétaire de la banque centrale, qui a suspendu son aide aux banques commerciales pour l’octroi de prêts subventionnés. Or, ces financements, dirigés essentiellement vers le secteur immobilier, alimentaient un précieux moteur de la croissance depuis 2012. Si l’inflation a grimpé en flèche en 2018, avec un taux moyen de 6,1 % sur l’ensemble de l'année, contre 4,7 % en 2017, elle s’inscrit dans une tendance à la baisse. La situation budgétaire s'est nettement détériorée en 2018, avec un déficit qui s’est creusé de 4,5 points de pourcentage pour atteindre 11,5 % du PIB. Le solde primaire est passé d’un excédent de 2,3 % du PIB à un déficit de 1,8 %. Cette détérioration est imputable à l’alourdissement du service de la dette, l’augmentation des transferts du Trésor à Électricité du Liban (EdL) en raison de la hausse des prix des combustibles, et à la flambée des dotations de l’État aux municipalités, liée vraisemblablement à des motifs électoralistes.

    Le ratio de la dette publique au PIB devrait continuer de se situer à un niveau non soutenable en ressortant à 151 % à la fin de l'année-2018. Sur le front extérieur, en dépit de l'amélioration de la balance des biens, la position extérieure nette présente un solde débiteur de 4,8 milliards de dollars en 2018, contre 156 millions en 2017. La diminution des entrées de capitaux a rejailli sur le niveau des réserves en devises de la Banque du Liban, qui a reculé de 2,3 milliards de dollars pour s'établir à 39,7 milliards (en tenant compte des euro-obligations libanaises) fin 2018, soit l'équivalent de 13,5 mois d’importations de biens et services.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2019

  • L’actuel cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Liban, qui couvre la période 2017-22, a été lancé le 14 juillet 2016. Élaboré à l’issue de vastes consultations avec le gouvernement, le parlement, le secteur privé et la société civile, ce cadre de partenariat s’articule autour de deux priorités : élargir l’accès aux services et améliorer leur qualité ; et multiplier les débouchés économiques et renforcer le capital humain. Le Groupe de la Banque mondiale aidera ainsi le pays à atténuer les conséquences économiques et sociales de la crise en Syrie, préserver ses avancées en matière de développement et améliorer les chances de stabilité et de développement durant les prochaines années.

    Parallèlement, à travers des investissements et des services de conseil dans les secteurs clés, la Société financière internationale (IFC) continuera de soutenir le développement du secteur privé au Liban pour renforcer les perspectives d’emploi. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) poursuivra sa collaboration avec IFC afin d’identifier des projets pouvant bénéficier de ses produits de garantie. Le nouveau cadre de partenariat comprend également un axe de collaboration transversal autour de la gouvernance et de la rénovation du contrat social, dont l’objectif est de restaurer la confiance des citoyens grâce à la promotion de l’inclusion économique et sociale et l’amélioration des services publics. Il promeut également la prise en compte des questions d’égalité des sexes dans ses deux axes prioritaires, et plus particulièrement en ce qui concerne les débouchés économiques et le capital humain. 

    En coopération avec d’autres partenaires de développement régionaux et internationaux, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie par ailleurs à mobiliser des ressources à des conditions de faveur pour aider le Liban à faire face aux conséquences de la crise des réfugiés syriens, par le biais d’une aide exceptionnelle de l’Association internationale de développement (IDA) de 100 millions de dollars et de la création du Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF). Cette initiative vient s’ajouter à la création, en décembre 2013, d’un fonds fiduciaire multidonateurs ayant pour objectif de financer par des dons des projets directement liés aux répercussions de la crise syrienne sur la population libanaise.

    Au 18 mars 2019, le portefeuille de la Banque mondiale au Liban comprend 15 projets en cours, pour une enveloppe totale de 2,17 milliards de dollars. Il concerne les secteurs de l’eau, des transports, de l'éducation, de la santé, du ciblage de la pauvreté, de l'environnement, des PME, de l’administration foncière et de la création d’emplois. Ces projets sont financés par diverses sources, dont des fonds spéciaux tels que le GCFF, qui aide le Liban à atténuer les répercussions du conflit syrien et de l’afflux de réfugiés en particulier. Cette situation a également conduit l’Association internationale de développement (IDA), l’institution de la Banque mondiale dédiée aux pays à faible revenu, à allouer un financement exceptionnel de 100 millions de dollars au Liban, classé dans les économies à revenu intermédiaire. Ce programme d'activités est en outre complété par des services de conseil et d’analyse qui visent à fournir des diagnostics économiques et sociaux fondés sur des données probantes et destinés à guider la conception des projets et informer les parties prenantes.

    IFC

    La stratégie de la Société financière internationale (IFC) au Liban est axée sur les marchés financiers (y compris la microfinance), afin d’élargir l’accès au financement des micro-, petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, des investissements sélectifs dans les secteurs infrastructurel et manufacturier sont en cours pour stimuler la création d’emplois et des opérations infrarégionales et interrégionales avec des investisseurs libanais. Les activités de conseil d’IFC s’attachent à améliorer le climat de l’investissement et introduire des approches innovantes qui profitent du dynamisme du secteur privé libanais dans des domaines comme le changement climatique (par le biais du financement des énergies durables), la place des femmes dans le secteur bancaire, la gouvernance institutionnelle et le développement des PME. Compte tenu de la crise humanitaire qui frappe le Liban, IFC poursuivra sa collaboration avec des institutions financières qui, comme Al Majmoua Microfinance, apportent leur soutien à des populations locales confrontées à des pressions économiques de plus en plus fortes sous l’effet de la crise syrienne. IFC s’emploiera aussi à étendre les services aux réfugiés et, plus généralement, aux populations mal desservies. Son portefeuille d’engagements au Liban, qui a pratiquement doublé depuis 2010, se chiffrait à la fin de 2018 à près de 950 millions de dollars d’investissements, dirigés principalement vers les institutions financières, devant la construction et la vente au détail.

    MIGA

    En 2014, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a assuré son tout premier projet au Liban — dans le secteur de la distribution de l’électricité —, avec des engagements bruts s’élevant à 35 millions de dollars. Ce projet concerne un contrat entre Électricité du Liban (EdL) et des entreprises du secteur privé pour la distribution d’électricité et le comptage électrique dans le Nord-Liban. Établi à l’origine pour une durée de quatre ans, le contrat a été prolongé de quatre ans en décembre 2018. La MIGA cherche également à soutenir d’autres projets au Liban, dans la ligne du cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour les exercices 2017 à 2022. 

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2019

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FINANCEMENTS

Liban: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA