publication 11 octobre 2017

Jordanie : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

Dans un contexte de conjoncture régionale difficile, l'économie de la Jordanie reste morose, bien qu'elle enregistre une modeste reprise en 2017, à la faveur de l’augmentation de l’activité touristique et de l’exploitation de mines et de carrières. Cette morosité vient pourtant s’ajouter à l'incertitude persistante concernant les crises en Syrie et en Iraq et la durée du ralentissement dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) d'une part, et la lenteur du rythme des réformes structurelles de l'autre.

La croissance du PIB réel en 2017 devrait être de 2,3 %, soit une timide augmentation de 0,3 point de pourcentage par rapport au taux de 2016. Les services ont continué d’être le principal moteur de la croissance du PIB en 2017, propulsé par de bons résultats dans le secteur du tourisme, qui a affiché une croissance à deux chiffres des recettes et des arrivées au premier semestre. Le secteur du tourisme a plus que compensé le ralentissement de l’activité économique dans les pays du CCG en attirant des visiteurs d’autres régions du monde, en particulier l’Asie. Le secteur industriel de la Jordanie regagne de l’élan grâce au redressement de l’exploitation des mines et des carrières, qui a progressé de 14,7 % au premier trimestre de 2017, alors qu’elle s’était contractée de 8,4 %, en glissement annuel, au premier trimestre de 2015. En raison de ces évolutions et d’une hausse des prix de la potasse, les exportations nettes de biens et de services devraient tirer la croissance du PIB du côté de la demande, comme en 2016. D’un point de vue structurel, si l’industrie représente un quart du PIB, elle constitue la principale source de la solidité de la croissance du PIB.

La situation de référence de la Jordanie devrait rester sensiblement affectée par les événements régionaux en Iraq et en Syrie et par le ralentissement de la performance économique du CCG. Si le rythme des réformes économiques reste lent, la reprise de l’activité économique ne devrait être que marginale. Les services et les industries devraient continuer de tirer l’économie. Du côté de la demande, la consommation et l’investissement (immobilier) privés devraient reprendre de la vigueur après des périodes de stagnation, et ce malgré les mesures d’austérité monétaire prises par la Banque centrale de Jordanie (BCJ) et dont les effets ont été atténués par le recours du gouvernement aux financements extérieurs pour couvrir ses besoins budgétaires. En outre, la réouverture récente (fin août) de la route commerciale de Karameh reliant la Jordanie et l’Iraq devrait avoir un impact positif sur le commerce international, à moyen terme, sous l’effet notamment des retombées du corridor commercial.


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