publication 11 octobre 2017

Iraq : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

La guerre contre l’EIIS et la faiblesse des cours du pétrole depuis le milieu de 2014 portent un coup dur à l’économie. La contraction de la production pétrolière se traduit par une croissance globale négative en 2017, mais en raison de l’amélioration de la situation sécuritaire, la croissance non pétrolière sera positive après un déclin de trois ans, malgré le processus d’assainissement budgétaire en cours. L’effort de réforme – mais pas de reconstruction – entrepris par le gouvernement est soutenu par une importante enveloppe financière internationale. La croissance s’accélérera en 2018, tirée par une production de pétrole plus élevée, malgré les risques sécuritaires persistants.

L’insurrection menée par de l’EIIS et la faiblesse des cours du pétrole portent un coup dur à la croissance en Iraq, qui a ralenti en 2014-2015, s’accompagnant d’une baisse des investissements publics non pétroliers de deux tiers et d’une contraction rapide dans les secteurs de l’agriculture, des industries manufacturières et de la construction. Une production pétrolière importante a soutenu la croissance économique en 2016, alors que l’accord de l’OPEP sur la réduction de la production jusqu’en mars 2018 devrait entraîner sa contraction en 2017. La croissance non pétrolière a été négative depuis 2014, mais l’amélioration de la situation sécuritaire et les retombées positives d’un premier effort de reconstruction devraient soutenir la croissance non pétrolière pour la porter à 1,5 % en 2017. Les moteurs de cette croissance sont la construction et les services du côté de l’offre, et la reprise de la consommation des administrations publiques et des investissements publics du côté de la demande. En raison du taux de change fixe et d’une demande globale modérée, l’inflation s’est établie à 0,4 % en moyenne en 2016, et elle devrait augmenter à 2 % en 2017.

Les perspectives économiques de l’Iraq devraient s’améliorer dans l’hypothèse où l’environnement sécuritaire devient plus favorable et où les mesures d’assainissement des finances publiques et les réformes se poursuivent. La croissance globale du PIB devrait revenir dans le vert en 2018 suite à l’expiration de la mesure de réduction de la production pétrolière décidée par l’OPEP. À moyen terme, la production pétrolière ne devrait augmenter que légèrement, car le Gouvernement fédéral n’a pas les moyens d’accroître les investissements dans le secteur pétrolier. Tirée par les secteurs de l’agriculture, de la construction et des services, la croissance économique non pétrolière devrait, selon des projections prudentes, se redresser pour s’établir approximativement à la moitié de son niveau moyen d’avant 2014, soit 4 %, étant donné que les explosions de violence récurrentes et la présence persistante de l’EIIS pourraient retarder les investissements et les réformes. Le déficit budgétaire devrait se réduire en raison des mesures d’assainissement des dépenses courantes primaires non pétrolières, tout en continuant de protéger les dépenses sociales à hauteur d’environ 22 % des dépenses non pétrolières.


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