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Iraq : rapport de suivi de la situation économique (automne 2016)


Le double choc de l'État islamique et de la chute des prix du pétrole a affecté négativement l'économie du pays depuis la mi-2014. L'économie non pétrolière s'est profondément rétractée en raison de la guerre contre l'État islamique et de l'assainissement budgétaire en cours. Le gouvernement a répondu avec un mélange d'ajustements fiscaux, de financements budgétaires et de réformes structurelles pour stabiliser l'économie, protéger les dépenses sociales et les missions du service public. Une augmentation de la production pétrolière et des investissements, la mise en place de réformes structurelles et du programme du FMI, ainsi qu'une amélioration de la sécurité supporteraient la croissance en 2016.

Perspectives

Les perspectives de l'économie irakienne sont très incertaines, en raison de l'affaiblissement des niveaux de confiance causé par les attaques de l'État islamique, alors que la baisse des prix du pétrole sape l'économie, les finances gouvernementales, et la situation extérieure. Compte tenu des investissements programmés dans la production pétrolière, la croissance du PIB réel devrait atteindre 4,8 % 2016, mais l'économie non pétrolière continuera à se contracter du fait du conflit et de l'assainissement budgétaire. Le faible prix du pétrole en 2016 (qui devrait atteindre 35,50 $US par baril, comparé aux estimations de 45 $US du budget 2016), associé à la hausse des dépenses humanitaires et militaires devrait garder le déficit budgétaire à 12 % du PIB, et augmenter le déficit du compte courant à 11 % du PIB. À la lumière des difficultés de mise en place de programmes d'assainissement budgétaire supplémentaires pour 2016-2017, le déficit budgétaire et celui du compte courant devraient être financés par une augmentation des formes indirectes de financement monétaire par la banque centrale d'Irak (BCI), des prélèvements supplémentaires dans les réserves de change, et des emprunts intérieurs et extérieurs. La dette publique totale augmenterait, de 56 % du PIB en 2015 à 70 % du PIB en 2016. Compte tenu de l'amélioration des conditions de sécurité conséquentielle à la réussite des contre-attaques irakiennes contre l'État islamique, la croissance devrait redémarrer en 2016, et il est prévu que le secteur non pétrolier récupère à 0,2 % en 2017, en admettant la mise en place de réformes structurelles pour diversifier l'économie, et soutenir le développement du secteur privé.

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