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Iran : rapport de suivi de la situation économique (avril 2017)


Grâce à la levée des sanctions, l’économie iranienne a enregistré une forte reprise en 2016 après avoir fléchi de 1,8 % en 2015. Pour autant, les perspectives de croissance à moyen terme semblent modestes, car la production pétrolière est proche de sa capacité maximale tandis que l’activité du secteur non pétrolier est anémique et ne s’accélérera pas tant que plusieurs conditions ne seront pas remplies : reprise des investissements étrangers directs (IED), rétablissement des liens entre l’économie et le système bancaire international et accélération de la mise en œuvre des réformes intérieures. Le chômage augmente et les pressions inflationnistes commencent à s’intensifier.

À moyen terme, grâce à une certaine reprise de la croissance de l’investissement, l’économie iranienne devrait afficher des taux de croissance modérés, légèrement supérieurs à 4 %. La contribution des exportations diminuera du fait de l’utilisation des capacités disponibles dans le secteur pétrolier et du ralentissement de l’accroissement de la production pétrolière. Du côté de la production, la reprise de la production industrielle non pétrolière devrait être le principal facteur de croissance globale tandis que les secteurs de l’agriculture et des services devraient progresser respectivement d’environ 4 % et 3 %. Cette modification progressive de la composition de la croissance pourrait contribuer à stimuler l’emploi en raison d’une plus grande élasticité de l’emploi dans ces secteurs.

Durant le premier semestre de l’année civile iranienne (qui s’achève le 20 mars), la croissance du PIB a atteint 7,4 % en glissement annuel. Cette poussée de croissance s’explique en grande partie par le rebond du secteur pétrolier tant au niveau de la production que des exportations à la suite de la levée des sanctions, en janvier 2016, dans le cadre du Plan d’action global commun (PAGC). L’activité économique semble toutefois atone dans le secteur non pétrolier, dont la croissance était de 0,9 % en glissement annuel au premier semestre 2016, du fait que la lenteur de l’intégration du secteur bancaire iranien avec le système bancaire mondial continue d’entraver les IED et les échanges commerciaux.