Iran - Présentation

  • Avec un PIB estimé à 412,2 milliards de dollars en 2016, l’Iran est la deuxième économie de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, après l’Arabie saoudite. Sa population, estimée à 78,8 millions d’habitants en 2015, place également le pays au deuxième rang, derrière l’Égypte. L’économie iranienne repose sur le secteur gazier et pétrolier, l’agriculture et les services, et se caractérise par une présence notable de l’État dans l’industrie manufacturière et les services financiers. L’Iran occupe le deuxième rang mondial des pays producteurs de gaz naturel et le quatrième rang pour ses réserves de pétrole prouvées. L’activité économique et les recettes publiques dépendent toujours largement des exportations de pétrole et sont donc intrinsèquement instables.

    Les autorités iraniennes ont adopté une stratégie globale de réformes fondées sur le marché, déclinée dans un document de prospective sur 20 ans et dans le VIe plan quinquennal de développement couvrant la période 2016-2021. Ce plan s’articule autour de trois grands axes : le développement d’une économie résiliente, le progrès scientifique et technique, et la promotion de l’excellence culturelle. Sur le front économique, le plan table sur une croissance annuelle de 8 %, avec trois grandes priorités pendant les cinq prochaines années : réforme des entreprises publiques, secteur financier et bancaire, et répartition et gestion des recettes pétrolières.

    Le gouvernement iranien a mis en œuvre une réforme en profondeur de son programme de subventions sur des articles de première nécessité, comme les produits pétroliers, l’eau, l’électricité et le pain, ce qui s’est traduit par une amélioration progressive de l’efficacité de la dépense publique et de l’activité économique. Le dispositif de subventions indirectes, dont le coût était estimé à 27 % du PIB en 2007/2008 (soit approximativement 77,2 milliards de dollars), a été remplacé par un programme de transferts monétaires directs aux ménages iraniens. Le second volet de la réforme des subventions, lancé au printemps 2014, prévoit un ajustement des prix pétroliers plus graduel qu’envisagé auparavant et un ciblage plus large des transferts au bénéfice des foyers à faible revenu. Près de 3 millions de ménages à revenu élevé ont déjà été rayés des listes des bénéficiaires. Cette démarche aurait conduit à une réduction des dépenses de l’Organisation des subventions ciblées (TSO) de 4,2 % du PIB en 2014 à 3,4 % en 2016.

    En 2015, l’économie iranienne s’est contractée d’environ 2 %, mais s’est nettement redressée en 2016, à 6,4 % selon les estimations. D’après les dernières données disponibles pour la première moitié de l’année calendaire iranienne 2016 (qui s’est achevée en mars 2017), l’économie iranienne a progressé à un rythme accéléré de 9,2 % (en glissement annuel) au deuxième trimestre (ce qui correspond à une période allant de juillet à septembre 2016), après avoir crû de 5,2 % au premier trimestre. Sur les six premiers mois de l’année 2016, la croissance globale s’établit à 7,4 %, alors que le PIB non pétrolier augmente seulement de 0,9 %. Malgré la domination du secteur pétrolier, qui a bénéficié de la mise en œuvre du Plan d’action conjoint concernant la production et l’exportation de pétrole, certains signes laissent entrevoir un dynamisme des secteurs non pétroliers. Au deuxième trimestre 2016, le taux de chômage a culminé à 12,7 %, son plus haut niveau depuis trois ans (soit 3,3 millions de chômeurs), en dépit de l’essor de la croissance sur cette période. Cette hausse s’explique en grande partie par l’augmentation du taux d’activité de la population, à 40,4 % contre 35,4 % en janvier-mars 2014. Le taux de chômage chez les hommes est de 21,8 % et de 10,4 % chez les femmes, ce qui dénote un creusement des inégalités entre les sexes sur le marché de l’emploi par rapport à 2015.

    On estime que le taux de pauvreté a reculé de 13,1 à 8,1 % entre 2009 et 2013 (sur la base d’un seuil de pauvreté de 5,5 dollars en parité de pouvoir d’achat de 2011). Cette évolution est probablement à imputer à la mise en place, fin 2010, d’un programme universel de transferts monétaires, prélude à la suppression des subventions à l’énergie et au pain. Le programme semble avoir plus que compensé la hausse attendue des factures d’énergie des ménages les moins aisés et contribué, ce faisant, à améliorer le pouvoir d’achat des 40 % les plus pauvres de la population, même si le taux de croissance global de la consommation entre 2009 et 2013 a été négatif Cependant, la pauvreté s’est accrue en 2014, corollaire possible de la baisse des prestations d’aide sociale en termes réels.

    En 2016, le solde extérieur s’est amélioré, tout comme l’équilibre des finances publiques. L’excédent de la balance des transactions courantes s’est considérablement renforcé en raison de la croissance vigoureuse des exportations pétrolières. Selon les estimations, cet excédent est ressorti à 6,5 % du PIB en 2016 contre 2,7 % en 2015, grâce à la levée des sanctions pesant sur le pétrole iranien et à la reprise des exportations. L’augmentation des recettes a par ailleurs permis de ramener le déficit budgétaire à environ 1,5 % du PIB, contre 1,9 % en 2015. Le projet de budget envisagé par le gouvernement pour l’exercice 2017 prévoit de réduire encore le déficit en diminuant le montant total des dépenses et en augmentant la part des recettes globales dans le PIB. Toujours selon les estimations, le taux d’inflation pour 2016 est passé sous les 10 % (un chiffre inédit depuis 25 ans), sous l’effet du durcissement de la politique monétaire.

    Les perspectives de croissance à moyen et long termes restent tributaires du rythme de réintégration de l’Iran dans l’économie mondiale (secteur bancaire, échanges, investissement) et de l’exécution de réformes structurelles majeures. Les taux de croissance sur la période 2017-19 devraient légèrement fléchir pour se situer légèrement au-dessus de 4 %. En raison de la lenteur de la reprise des relations des banques iraniennes avec les grandes banques internationales, les apports d’investissement direct étranger dans le pays et les échanges commerciaux avec le reste de la planète restent limités. Cependant, de récentes avancées semblent indiquer que le secteur et les investissements non pétroliers pourraient occuper une place plus importante dans les prochaines années. Les perspectives de croissance à moyen et long terme de l’Iran dépendront principalement de l’exécution de son programme de réformes. Après les élections de mai, la nouvelle administration sera confrontée à l’épineuse tâche de hiérarchiser les réformes détaillées dans le nouveau plan de développement quinquennal et de les appliquer avec fermeté. Elle devra ainsi mettre en œuvre le calendrier de réformes structurelles destiné à stimuler le dynamisme du secteur non pétrolier, en créant des conditions équitables entre les acteurs existants et les nouveaux venus, mais aussi s’attacher à améliorer l’environnement des affaires et l’efficacité des marchés du travail.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • Le Groupe de la Banque mondiale conduit un ambitieux programme de recherche en Iran, afin de produire une radiographie complète de l’économie du pays. Depuis avril 2016, la Banque mondiale a également entrepris de publier un rapport semestriel sur la situation de l’économie iranienne, qui traite des dernières évolutions et des perspectives et risques à moyen terme, et inclut aussi un dossier spécial sur un thème particulier. Le premier numéro, qui a été publié en avril 2016, était consacré aux secteurs pétrolier et gazier et au secteur financier. Le deuxième numéro (automne 2016) aborde la thématique de la pauvreté et de la pollution de l’air. Le troisième numéro (printemps 2017) concerne les retraites et la gestion des ressources en eau. La Banque mondiale a par ailleurs lancé une série d’études sur la croissance, notamment sur l’administration des fonds souverains, la productivité et les marchés du travail, et a mis à disposition des autorités des méthodologies et des pratiques internationales en matière de réforme des retraites. La Banque mondiale, en partenariat avec le FMI, aidera l’Iran à procéder à une évaluation des risques dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

    La Société financière internationale (IFC) n’a aucun programme en cours en Iran. Les investissements précédemment engagés en 2004 et 2005 ont été clôturés, et IFC n’a aucun engagement en Iran. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a émis deux garanties en 2005, mais aucune depuis. En septembre 2016, ses engagements bruts en Iran s’élèvent à 55 millions de dollars, en appui au dernier projet en cours.

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FINANCEMENTS

Iran: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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