Iran - Présentation

  • En 2017, le PIB de l’Iran était estimé à 439,5 milliards de dollars, et sa population à 80,6 millions d’habitants. L’économie iranienne repose sur le secteur gazier et pétrolier, l’agriculture et les services, et se caractérise par une présence notable de l’État dans l’industrie manufacturière et les services financiers. L’Iran occupe le deuxième rang mondial des pays producteurs de gaz naturel et le quatrième rang pour ses réserves de pétrole prouvées. L’activité économique et les recettes publiques dépendent toujours largement des exportations de pétrole et sont donc intrinsèquement instables.

    Les autorités iraniennes ont adopté une stratégie globale de réformes fondées sur le marché, déclinée dans un document de prospective sur 20 ans et dans le VIe plan quinquennal de développement couvrant la période 2016-2021. Ce plan s’articule autour de trois grands axes : le développement d’une économie résiliente, le progrès scientifique et technique, et la promotion de l’excellence culturelle. Sur le front économique, le plan table sur une croissance annuelle de 8 %, avec trois grandes priorités pendant les cinq prochaines années : réforme des entreprises publiques, secteur financier et bancaire, et répartition et gestion des recettes pétrolières.

    Le gouvernement iranien a mis en œuvre une réforme en profondeur de son programme de subventions sur des articles de première nécessité, comme les produits pétroliers, l’eau, l’électricité et le pain, ce qui s’est traduit par une amélioration progressive de l’efficacité de la dépense publique et de l’activité économique. Le dispositif de subventions indirectes, dont le coût était estimé à 27 % du PIB en 2007/2008 (soit approximativement 77,2 milliards de dollars), a été remplacé par un programme de transferts monétaires directs aux ménages iraniens. Le second volet de la réforme des subventions, lancé au printemps 2014, prévoit un ajustement des prix pétroliers plus graduel qu’envisagé auparavant et un ciblage plus large des transferts au bénéfice des foyers à faible revenu. Près de 3 millions de ménages à revenu élevé ont déjà été rayés des listes des bénéficiaires. Cette démarche aurait conduit à une réduction des dépenses de l’Organisation des subventions ciblées (TSO) de 4,2 % du PIB en 2014 à 3,3 % en 2017.

    Après un recul de 1,6 % en 2015, l’économie iranienne s’est fortement redressée en 2016, avec une croissance annuelle du PIB de 12,5 %. D’après les dernières données disponibles pour le premier semestre de 2017 (d’avril à septembre, selon le calendrier iranien), la progression du PIB au coût des facteurs s’est établie à 4,5 % (en glissement annuel). Contrairement à l’année précédente, le secteur non pétrolier a largement dynamisé la croissance globale sur cette période, contribuant à la progression de l’économie à hauteur de 3,2 %. Le taux de chômage demeure élevé à 11,9 % sur la période octobre-décembre 2017, soit une légère amélioration par rapport à 2016, sur la même période (12,3 %). Cette évolution s’est accompagnée d’une remontée du taux d’activité, de 38,9 % à 41 %, et de l’amélioration progressive de la production dans le secteur non pétrolier. Le taux de chômage chez les hommes est de 10,1 % et de 19,1 % chez les femmes, signe du creusement des inégalités entre les sexes sur le marché de l’emploi.

    On estime que le taux de pauvreté a reculé de 13,1 à 8,1 % entre 2009 et 2013 (sur la base d’un seuil de pauvreté de 5,5 dollars en parité de pouvoir d’achat de 2011). Cette baisse est probablement à imputer à la mise en place, fin 2000, d’un programme universel de transferts monétaires, prélude à la suppression des subventions à l’énergie et au pain. Le programme semble avoir plus que compensé la hausse attendue des factures d’énergie des ménages les moins aisés et contribué, ce faisant, à améliorer le pouvoir d’achat des 40 % les plus pauvres de la population, même si le taux de croissance global de la consommation entre 2009 et 2013 a été négatif. Cependant, la pauvreté s’est accrue en 2014, corollaire possible de la baisse des prestations d’aide sociale en termes réels.

    Le déficit budgétaire se serait légèrement creusé à 2,4 % du PIB en 2017, en raison d’un rythme de croissance des dépenses publiques plus élevé que l’augmentation des recettes. Lors des neuf premiers mois de l’année 2017, les recettes fiscales n’ont crû que de 4,4 % alors que les dépenses de fonctionnement progressaient de 16,8 % et que les dépenses d’investissement bondissaient de 91 % après deux années de contraction.

    L’excédent de la balance des transactions courantes est ressorti à 4,1 % du PIB en 2017, soit une légère amélioration par rapport aux 3,9 % de 2016, en raison de la hausse des cours de pétrole, alors que les volumes d’exportation demeuraient stables, autour de 2,4 millions de barils par jour, et que la production restait conforme aux limitations convenues dans le cadre de l’OPEP, avec un niveau correspondant à la production quotidienne de 2011/12.

    À la suite du mouvement de contestation populaire qu’a connu l’Iran de fin décembre 2017 à début janvier 2018, le taux de change s’est considérablement dégradé, la volatilité s’est accentuée, et l’écart entre le cours officiel et celui du marché parallèle s’est élargi. Entre le début du mois de décembre 2017 et le début du mois mars 2018, le rial s’est déprécié de 15 % par rapport au dollar.

    Les perspectives de croissance à moyen et long termes restent tributaires du rythme de réintégration de l’Iran dans l’économie mondiale (secteur bancaire, échanges, investissement) et de l’exécution de réformes structurelles majeures. L’économie devrait continuer de croître à un rythme régulier et s’établir à un niveau légèrement supérieur à 4 %. De plus en plus tirée par les secteurs non pétroliers, la croissance devrait bénéficier du redressement de la demande de consommation et d’investissement, qui dépasserait la contribution des exportations nettes. À moyen terme, les tensions inflationnistes vont vraisemblablement s’accroître, en raison du creusement de l’écart de production et d’une dépréciation accrue du rial, qui précipiteront l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation vers des taux à deux chiffres.

    Les perspectives de croissance à moyen et long terme de l’Iran dépendront principalement de l’exécution de son programme de réformes. Dans un contexte d’incertitude accrue, le gouvernement devra mettre en œuvre le calendrier de réformes structurelles destiné à stimuler le dynamisme du secteur non pétrolier, en créant des conditions équitables entre les acteurs existants et les nouveaux venus, à consolider le secteur bancaire, mais aussi à améliorer l’environnement des affaires et l’efficacité des marchés du travail.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2018

  • Le Groupe de la Banque mondiale n’a, à ce jour, aucun programme de prêt en Iran. Le dernier projet de la BIRD a été clôturé en 2012. La Banque mondiale, qui suit l’évolution de l’économie iranienne, publie depuis 2016 l’Iran Economic Monitor et réalise des travaux analytiques sur des thématiques choisies qui intéressent l’Iran et la communauté internationale.

    Dans l’attente de l’évaluation par le FMI de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, la Banque mondiale appuie l’Iran dans son évaluation nationale des risques, un travail que les pays entreprennent eux-mêmes, afin de déterminer les menaces et les vulnérabilités liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme sur leur territoire. Outre des recommandations méthodologiques, la Banque offre des conseils sur ce qui constitue une évaluation crédible des risques.

    La Société financière internationale (IFC) n’a aucun portefeuille en cours en Iran. Les investissements précédemment engagés en 2004 et 2005 ont été clôturés, et IFC n’a aucun engagement en Iran. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a émis deux garanties en 2005, mais aucune depuis. En mars 2018, ses engagements bruts en Iran s’élevaient à 42 millions de dollars, en appui au dernier projet en cours.

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FINANCEMENTS

Iran: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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