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Égypte : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2016)


Le début de reprise de l’Égypte s’est évaporé au cours de l’exercice 2016, en raison de la crise des taux de change, d’un recul du tourisme et d’une conjoncture défavorable. Le gouvernement cherche à mettre en œuvre des mesures susceptibles de soulager les déséquilibres macroéconomiques observés (en particulier la situation budgétaire et les comptes extérieurs), introduire des réformes structurelles pour améliorer l’environnement commercial et réorienter les ressources vers les programmes sociaux. Cet effort serait soutenu par un « mécanisme élargi de crédit » pendant 3 ans (au sujet duquel un Accord d’experts a été obtenu en août ; cet accord est en attente d’approbation de la part du FMI).

Perspectives

Le PIB devrait progresser de 3,8 % au cours de l’exercice 2016, légèrement moins que les 4,2 % de croissance réalisés en 2015, avant de remonter progressivement par la suite. La croissance enregistrée au cours de l’exercice 2016 devrait être entièrement imputable à la demande intérieure dans la mesure où la consommation résiste et les investissements publics affluent vers le secteur privé. Les exportations nettes, en revanche, demeurent un frein à la croissance en raison de la pénurie de devises fortes et d’un taux de change réel surévalué. À moyen terme, la croissance devrait redresser la tête dans le sillage des réformes économiques et du redressement des secteurs clés.

Le déficit budgétaire devrait se réduire à moyen terme, pourvu que le gouvernement mette en place les mesures d’assainissement budgétaire envisagées. Sur le plan extérieur, les comptes de l’Égypte sont susceptibles de se détériorer au cours de l’exercice 2016 en raison de la forte baisse du tourisme et d’envois de fonds moins nombreux avant d’amorcer une lente reprise par la suite, sous réserve que la BCE continue à assouplir ses restrictions sur les changes et ré-aligne le taux de change.

Les conditions actuelles ne paraissent pas propices à une réduction significative de la pauvreté. Alors que les efforts entrepris récemment pour mieux cibler les subventions alimentaires et pour mettre en œuvre les engagements prévus par la Constitution d’accroître les dépenses de santé et d’éducation devraient contribuer à une atténuation de la pauvreté, la hausse des prix de l’énergie et la nouvelle TVA pourraient accroître l’inflation à court terme, ce qui aurait un impact négatif sur les plus pauvres. L’expansion progressive de programmes comme Takaful et Karama et de programmes ciblés sur le plan géographique comme le « Développement économique pour une croissance durable et inclusive en Haute-Égypte » recèle la promesse d’une réduction de la pauvreté à l’avenir. 

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