Égypte - Présentation

  • En 2014, le gouvernement égyptien se lançait dans un ambitieux programme de réformes visant à transformer le pays, relancer l’économie, améliorer l’environnement des affaires et installer les conditions d’une croissance équilibrée et sans exclus. La première vague de réformes portait sur le rééquilibrage des paramètres macroéconomiques, qui a entraîné de difficiles arbitrages simultanés, depuis la loi sur la TVA à la libération du taux de change de la livre égyptienne en passant par la réduction des subventions à l’énergie ou la maîtrise d’une masse salariale publique en forte hausse. La seconde vague de réformes visait à améliorer la gouvernance et le climat d’investissement, avec notamment l’adoption en octobre 2016 d’une loi réformant la fonction publique en plus d’une série de réformes, en cours, pour démanteler les obstacles à l’investissement et attirer les investisseurs du pays ou de l’étranger, à l’image des textes sur les concessions industrielles, l’investissement ou le droit des sociétés.

    Ce programme de réformes bénéficie de l’aval des principaux partenaires de développement du pays, à travers notamment les opérations de prêts à l’appui des politiques de développement de la Banque mondiale, le mécanisme élargi de crédit du FMI et les financements parallèles de la Banque africaine de développement. Avec le retour progressif de la confiance et de la stabilité, les réformes commencent à porter leurs fruits. L’économie reprend progressivement des couleurs, avec un taux de croissance annuelle du PIB de 4,3 % en 2015/2016, contre seulement 2 % en moyenne sur la période 2010/11-2013/14. À 5,4 % du PIB au premier trimestre de 2017, le déficit budgétaire global recule par rapport à la même période l’an dernier, où il ressortait à 6,4 %. Avec la décision du gouvernement de laisser flotter la monnaie, le taux de change, instable dans un premier temps, a ensuite entamé son redressement, soutenu principalement par la forte demande des investisseurs étrangers pour les titres de créances égyptiens.

    Soucieux de contrecarrer les effets négatifs des réformes économiques sur les populations pauvres et vulnérables, le gouvernement a adopté un ensemble de mesures sociales d’atténuation et de protection et intensifié ses efforts pour abandonner les subventions générales inopérantes au profit de filets sociaux mieux ciblés sur les pauvres et plus efficaces.

    Parmi les mesures adoptées :

    • Le renforcement des programmes de transferts monétaires Takaful et Karama, le premier bénéficiant aux mères de famille démunies qui doivent, en échange, s’engager à envoyer leurs enfants à l’école ou les faire examiner dans des centres de soins tandis que le second s’adresse aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Lancés dans un premier temps en Haute-Égypte avec une cible de 1,5 million de ménages (atteinte en mars 2017), les programmes ont été étendus à l’ensemble du pays et devraient toucher 1,7 million de bénéficiaires d’ici juin 2017.
    • L’extension du programme de pensions sociales, du programme de repas scolaires en Haute-Égypte et du programme de coupons alimentaires.

    Le gouvernement s’est en outre engagé à lancer, dans les prochains mois, le deuxième volet du Programme de chantiers publics à forte intensité de main-d’œuvre et d’employabilité, mis en œuvre par le Fonds social pour le développement dans les régions pauvres. Le ministère de la Solidarité sociale est en train d’élaborer un nouveau programme d’inclusion productive (Forsa) et une réforme du système de retraites parallèlement au lancement d’un cadre complet de protection sociale.

    Malgré les efforts des autorités, les conditions sociales restent préoccupantes. L’inflation consécutive au flottement de la monnaie, la réforme des subventions énergétiques et d’autres chocs sur les prix des denrées alimentaires fragilisent considérablement les ménages égyptiens, surtout parmi les populations pauvres et vulnérables mais également au sein de la classe moyenne. Le chômage reste élevé, à 12,4 % au dernier trimestre de 2016, et touche particulièrement les jeunes et les femmes. La hausse marquée de l’inflation (des prix alimentaires) devrait contrarier les mesures de réduction de la pauvreté, sachant que des effets négatifs à court terme pourraient être ressentis dans tous les groupes de revenu.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • La République arabe d’Égypte est l’un des membres fondateurs de la Banque mondiale et son troisième plus gros actionnaire pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. C’est aussi un client important de la Banque, qui soutient le programme de développement du pays depuis 1959, avec le projet de mise en valeur du canal de Suez.

    La collaboration du Groupe de la Banque mondiale avec l’Égypte repose actuellement sur un cadre de partenariat couvrant la période 2015-19 (a). Ce cadre est le fruit d’une analyse rigoureuse des principaux freins à la réduction de la pauvreté et à une prospérité partagée ainsi que de vastes consultations avec le gouvernement, le secteur privé, les milieux académiques, les organisations de la société civile et les groupes de jeunesse. Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, l’Égypte est éligible au soutien financier de la BIRD, d’IFC et de la MIGA.

    Conçu à un tournant critique de l’histoire du pays et dans un contexte régional marqué par la volatilité, la fragilité et les confits, le cadre de partenariat privilégie la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Il met l’accent sur des opérations en appui à des politiques ayant un pouvoir de transformation, de renforcement des institutions et d’investissement dans le but d’aider l’Égypte à installer un modèle de croissance plus durable et solidaire, créer des emplois productifs, offrir des services de qualité et assurer une protection plus efficace des populations pauvres et vulnérables. Le cadre s’articule autour de trois piliers :

    1. amélioration de la gouvernance : encourager la transparence et l’efficacité budgétaires, promouvoir la participation des citoyens et des usagers et renforcer les institutions en charge de l’inclusion sociale ;
    2. création d’emplois dans le secteur privé : réformer le cadre réglementaire pour favoriser les investissements privés, renforcer les capacités de production efficiente d’énergie, déployer plus d’infrastructures et de services de transport clés, élargir l’accès à des services agricoles et d’irrigation optimisés et étendre l’accès au financement pour les micro, petites et moyennes entreprises ;
    3. renforcement de l’inclusion sociale : améliorer l’accès à des débouchés rémunérateurs de court terme pour les pauvres, étendre le système de protection sociale, améliorer la qualité des services de santé, favoriser le logement des ménages démunis, renforcer les services d’assainissement et de collecte des eaux usées dans les zones rurales, étendre les raccordements au gaz et relever la qualité de l’éducation.

    Les opérations de la Banque mondiale en Égypte s’inscrivent également dans la lignée de son Projet sur le capital humain, qui a pour objectifs de faire émerger une demande pour des investissements plus conséquents et efficaces dans les ressources humaines ; aider les pays à renforcer leurs stratégies et leurs investissements en faveur du capital humain afin d’obtenir rapidement des résultats plus satisfaisants ; et améliorer les méthodes de mesure du capital humain. De nouvelles opérations ont été lancées dans ce cadre, et notamment : 1) le projet de transformation du système de santé (a), qui vise à étendre le dépistage de l’hépatite C à quelque 35 millions d’habitants et traiter près de 1,5 million de patients, à améliorer la qualité des services publics de soins primaires et secondaires et à renforcer la demande de soins et de services de planification familiale ; 2) le projet de soutien à la réforme du secteur de l’éducation (a), qui s’attache à étendre l’accès à des crèches de qualité pour environ 500 000 enfants et former 500 000 enseignants et responsables de l’éducation tout en équipant 1,5 million d’élèves et d’enseignants avec des supports d’apprentissage numériques.

  • FINANCEMENT PROGRAMMATIQUE À L’APPUI DES POLITIQUES DE DÉVELOPPEMENT POUR L’ASSAINISSEMENT BUDGÉTAIRE, LES ÉNERGIES DURABLES ET LA COMPÉTITIVITÉ (a)

    Ce programme doté de 3,15 milliards de dollars pour trois opérations sur trois ans (2015-17) a soutenu les réformes conçues par l’Égypte dans le but de renforcer l’économie, créer des emplois et installer une croissance durable, notamment dans le secteur de l’énergie.

    La loi relative à l’impôt sur le revenu qui visait à appliquer le même taux maximum d’imposition de 22,5 % à tous les particuliers et les entreprises concernés a permis d’augmenter les recettes publiques (96 millions de dollars en 2015).

    Les dépenses publiques sont désormais sous contrôle, notamment pour les salaires, grâce à l’introduction d’instructions budgétaires annuelles et l’automatisation de la paie, et pour les subventions à l’énergie, avec des ajustements annuels du tarif du gaz et de l’électricité.

    La lisibilité à long terme des politiques et des réglementations a été renforcée avec les lois progressistes sur l’électricité et les énergies renouvelables entrées en vigueur en 2015, sachant que le pays est passé d’un déficit énergétique en 2014 à des excédents en 2015 et 2016 — parallèlement à la baisse des subventions à l’énergie de 6,6 % du PIB sur l’exercice 2014 à environ 3 % pour l’exercice 2016.

    Le climat d’investissement a été optimisé par les amendements apportés à la loi sur l’investissement, l’introduction de la loi sur la concurrence et la réforme du régime d’octroi de permis industriels qui devrait réduire de 80 % les délais pour les industries à faible risque.

    Grâce à ces réformes, le gouvernement, fort du soutien intégré du Groupe de la Banque mondiale, peut s’attacher désormais à maximiser les financements pour le développement (a). L’opération à l’appui des politiques de développement a soutenu les mesures prises pour gérer les tarifs et les subventions de l’électricité et introduire une loi sur les énergies renouvelables. De son côté, la Société financière internationale (IFC) a participé à la conception du programme novateur de subventions à l’énergie solaire dans le but d’attirer des investisseurs privés dans le secteur des énergies renouvelables et a pris la tête d’un consortium de neuf banques internationales pour investir 653 millions de dollars dans l’énergie solaire — l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) (a) fournissant une assurance contre le risque politique de 210 millions de dollars, là aussi pour susciter des investissements privés. Grâce à la réforme des subventions à l’énergie, l’Égypte économise 14 milliards de dollars par an et peut allouer une grande partie de ces fonds au renforcement de la protection sociale, avec des dispositifs mieux ciblés sur les populations qui en ont le plus besoin.

    PROJET DE RENFORCEMENT DES FILETS DE PROTECTION SOCIALE (a)

    Ce projet a contribué au lancement, en avril 2015, des programmes de transferts monétaires Takaful et Karama dans les régions les moins développées. À ce jour, 2 268 801 ménages (soit pratiquement 10 millions d’individus) ont bénéficié de ce dispositif, dont 67 % vivent en dessous du seuil de pauvreté et 88 % sont dirigés par des femmes. Le programme Takaful est conditionné au respect des règles fixées en matière de santé et d’éducation. Il couvre 27 gouvernorats, 345 districts, 5 630 villages et 2 636 unités sociales.

    PROJET D’INVESTISSEMENT D’URGENCE DANS DES CHANTIERS À FORTE INTENSITÉ DE MAIN-D’ŒUVRE (a)

    Ce projet vise à créer des emplois à court terme pour les chômeurs et les travailleurs non qualifiés et semi-qualifiés (12,3 millions de journées de travail) et à offrir aux populations ciblées un accès à des services d’infrastructure de base dans les régions pauvre. En 2017, 12 millions de journées de travail ont été créées dans des services communautaires et des sous-projets d’infrastructure à petite échelle. Plus de 120 800 emplois directs ont vu le jour, dont 35 % bénéficient aux femmes et 70 % aux jeunes. Les chantiers d’infrastructure sont achevés, qui ont permis la réhabilitation d’écoles, de centres sociaux, de centres pour les jeunes, de logements et de canaux, la remise en état de routes de campagne et la protection des berges du Nil. Des services communautaires ont été mis en place dans plusieurs secteurs, y compris l’éducation (alphabétisation) et la santé ainsi que pour la sensibilisation et la protection de l’environnement.

    PROJET D’AMÉLIORATION DES SOINS DE SANTÉ (a)

    Ce projet vise à aider les structures de santé familiales dans les 1 000 villages les plus pauvres d’Égypte à respecter les normes nationales de qualité. En 2017, 1 142 structures sur les 1 317 identifiées dans ce cadre ont présenté des plans d’amélioration de la qualité et de l’entretien à la commission créée à cet effet. Le processus de contrôle des accréditations a été lancé et 551 structures familiales ont fait l’objet d’un examen. Pour la plupart des structures incapables d’offrir les services d’un médecin, des praticiens ont été recrutés.

    PROJET DE PROMOTION DES INNOVATIONS POUR L’INCLUSION FINANCIÈRE (a)

    Le projet vise à améliorer l’accès au financement des micro et petites entreprises d’Égypte, en faisant appel à des mécanismes innovants qui accordent la priorité aux jeunes, aux femmes et aux régions mal desservies. À ce jour, ce projet a bénéficié à 156 185 personnes dont 41 % sont des femmes (64 035), 32,5 % des jeunes (50 760) et 30 % vivent dans des régions à la traîne. Un service de capital-risque a été créé au sein du Fonds social pour le développement et trois dossiers ont été validés.

    PROGRAMME DE LOGEMENTS INCLUSIFS (a)

    Ce projet vise à faciliter l’accès des ménages démunis à l’habitat formel et à renforcer les capacités du Fonds social pour le développement à concevoir des politiques et coordonner des programmes dans le secteur du logement social. À ce jour, près de 120 000 ménages, dont pratiquement 50 % appartiennent au quintile inférieur de revenu, ont pu accéder à la propriété ou louer un logement. À la clôture du programme financé par la Banque mondiale, plus de 800 000 ménages devraient accéder à la propriété ou à la location.

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FINANCEMENTS

Égypte (République arabe d’): Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA