publication 11 octobre 2017

Djibouti : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

La croissance économique reste forte en 2017, tirée principalement par le secteur de la construction et l’augmentation du commerce de transit et des activités de transbordement pour l’Éthiopie avec l’amélioration des infrastructures portuaires et des transports. Bien que la situation budgétaire et la position extérieure s’améliorent progressivement, des risques planent toujours sur la viabilité de la dette et du budget. Avec plus d’un cinquième de la population vivant dans l’extrême pauvreté et près de 40 % de la main-d’œuvre restant sans emploi, les réformes visant à rendre la croissance plus inclusive, grâce une création accrue d’emplois et à l’amélioration de la productivité et du capital humain, seront essentielles.

La croissance du PIB devrait s’établir à 7,1 % en 2017, ce qui correspondrait à une accélération par rapport aux 6,5 % estimés en 2016. La croissance a pour principal moteur la construction et l’augmentation du commerce de transit et des activités de transbordement pour l’Éthiopie avec l’amélioration des infrastructures portuaires et des transports. L’inflation devrait se stabiliser à 3,5 %, du fait principalement de la demande de logements et de services. Les derniers chiffres officiels du chômage montrent la faiblesse du lien entre la croissance et la création d’emplois : le taux de chômage était de 39 % en 2015, les femmes (49 %) et les zones rurales (59 %) affichant les taux plus élevés. Cependant, le taux de participation au marché du travail est inférieur à 25 %.

Les perspectives à moyen terme demeurent encourageantes avec l’espoir que les mégaprojets d’infrastructure financés par la dette seront gérés efficacement de sorte à générer des recettes suffisantes pour couvrir le service de la dette. Le déficit budgétaire devrait se réduire progressivement et passer à un chiffre en 2017-2019. Cette perspective se concrétiserait grâce à la rationalisation des dépenses et à une mise en œuvre efficace de la réforme fiscale visant à élargir l’assiette fiscale et à accroître les recettes provenant des activités générées par les mégaprojets. Le déficit du compte courant devrait être ramené à 12,3 % du PIB d’ici 2018, puis à 10,2 % en 2019, avec un redressement progressif de la croissance des exportations par rapport aux importations. Les apports d’investissements directs étrangers et les transferts de capitaux devraient continuer de financer le déficit. Les réserves devraient soutenir l’ancrage du franc djiboutien au dollar des États-Unis à 1 dollar pour 177,72 francs. L’inflation devrait rester à 3,5 % en 2017-2018, ce qui augmenterait la pression exercée sur la compétitivité.


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