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Algérie : rapport de suivi de la situation économique (avril 2017)


Grâce à une forte reprise de la production d’hydrocarbures et à des dépenses publiques plus élevées que prévu, la croissance s’est poursuivie à un rythme relativement soutenu de 3,8 % en 2016 malgré la faiblesse des cours mondiaux du pétrole. La croissance hors hydrocarbures s’est toutefois ralentie tandis que l’inflation s’est accélérée. Les déficits jumeaux sont restés supérieurs à 10 % amenuisant ainsi l’épargne budgétaire. À moyen terme, on s’attend à une forte baisse de la croissance ainsi que des déficits jumeaux sous l’effet de l’assainissement des finances publiques mis en œuvre par le gouvernement. La baisse du taux de croissance du PIB par habitant qui s’ensuivra pourrait avoir des répercussions négatives sur le bien-être des ménages.

Le rythme de l’activité économique algérienne devrait se ralentir à moyen terme. Le taux de croissance du PIB réel devrait atteindre, en moyenne, 1,2 % durant la période 2017-2019. La révision à la baisse des projections de la croissance par rapport aux projections de l’automne 2016 est due à l’annonce de l’assainissement des finances publiques et au ralentissement de la croissance de la production d’hydrocarbures. Durant la période 2017 -19, un faible accroissement (2,5 %) de la production d’hydrocarbures dû à l’entrée en production de nouveaux puits et à une correction positive des cours du pétrole atténueront les répercussions négatives sur les secteurs réels hors pétrole des mesures de rééquilibrage des finances publiques et du compte courant. Le maintien des cours pétroliers à un faible niveau (malgré une correction positive) et l’atonie de la demande des ménages due à des taux de chômage et/ou d’inactivité élevés empêcheront l’inflation de s’accélérer. Le déficit budgétaire tombera à un niveau inférieur à 5 % en 2017 pour atteindre 1 % en 2019, selon les estimations, si les pouvoirs publics continuent de résolument maîtriser les dépenses.