publication 11 octobre 2017

Algérie : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017)

Une forte croissance de la production d’hydrocarbures et des dépenses publiques supérieures aux prévisions ont sous-tendu une croissance économique solide au début de l’année 2017. Les défis structurels limitent toutefois la croissance des hydrocarbures et l’inflation continue d’augmenter. Un double déficit important persiste, amenuisant l’épargne et les réserves budgétaires. À moyen terme, la croissance devrait reculer et le double déficit se réduire avec la mise en œuvre par le gouvernement de mesures d’assainissement budgétaire. Les réformes liées aux subventions nécessiteront une gestion prudente pour protéger les acquis en matière de réduction de la pauvreté.

Malgré la faiblesse des cours mondiaux du pétrole, la croissance économique algérienne est bien partie en 2017. Selon les estimations, la croissance du PIB réel a augmenté de 3,7 % au premier trimestre, principalement en raison de la forte production dans le secteur des hydrocarbures, qui a augmenté de 7,1 %. La croissance dans le secteur hors hydrocarbures a ralenti pour s’établir à 2,8 %, contre 4 % au cours de la même période en 2016. Le déclin a été particulièrement marqué dans le secteur manufacturier, où la croissance est tombée à 3,9 %, contre 5,1 % au premier trimestre de 2016 ; les chiffres correspondants pour l’agriculture sont de 3 % et 4,8 % respectivement. Jusqu’ici, l’inflation se situe au-dessus de 6 % pour l’année.

La croissance devrait accuser un ralentissement net au second semestre de 2017 et en 2018 à mesure que les réformes d’assainissement des finances auront des effets. Avec la stabilisation de la production de pétrole, la croissance globale diminuera et l’impact de la hausse des taxes et des droits d’importation pèsera sur la croissance du secteur hors hydrocarbures. En conséquence, la croissance du PIB devrait s’établir à 2,2 % pour l’année 2017. Elle peinera à franchir la barre de 2 % en 2018-2019– soit une croissance anémique pour un pays à revenu intermédiaire présentant une prédominance démographique de la jeunesse. Alors que le démarrage de la production à partir de nouveaux puits de pétrole stimulera l’activité économique, la croissance dans le secteur hors hydrocarbures fera les frais des mesures d’assainissement budgétaire découlant de l’aversion du gouvernement aux emprunts extérieurs. Le double déficit devrait se situer à des niveaux soutenables d’ici à 2020. Si le processus d’assainissement budgétaire se poursuit à un rythme plus lent qu’en 2017-2019 – la trajectoire budgétaire présentée dans la loi de finances de 2017 – les réductions des dépenses publiques affecteront principalement les dépenses en capital, atténuant l’effet à court terme, mais assombrissant davantage les perspectives de croissance à long terme.


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