Asie de l’Est et Pacifique

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La croissance a légèrement ralenti dans les pays en développement de la région Asie de l’Est et Pacifique, de 6,8 % en 2014 à 6,5 % en 2015. Ce fléchissement s’explique en grande partie par le ralentissement de la croissance économique en Chine aussi bien qu’en Indonésie, en Malaisie et en Mongolie. Les pays en développement de la région, hormis la Chine, ont enregistré un taux de croissance de 4,8 %, le même qu’en 2014. Malgré ce ralentissement, la région a représenté pratiquement les deux cinquièmes de la croissance mondiale en 2015, soit une contribution encore plus importante qu’en 2014.

L’extrême pauvreté a reculé plus vite dans cette région que dans toute autre, passant de 80 % en 1981 à près de 7,2 % en 2012. En dépit de ces progrès remarquables, quelque 90 millions de personnes vivent toujours dans l’extrême pauvreté — et 250 millions d’autres risquent de basculer à nouveau dans l’extrême pauvreté à cause des dérèglements du climat, des catastrophes naturelles, des maladies et des chocs économiques. Les inégalités économiques sont importantes dans de nombreux pays, même si les 40 % les plus pauvres de la population ont vu leurs revenus s’accroître plus rapidement que ceux du reste de la population dans la plupart de ces pays. Les écarts de revenus traduisent en partie l’inégalité des chances, notamment les disparités d’accès aux services de santé et à l’éducation.

L’aide de la Banque mondiale

La Banque a approuvé une enveloppe de 7,5 milliards de dollars pour la région au titre de 41 projets durant l’exercice écoulé. L’aide comprenait 5,2 milliards de dollars de prêts de la BIRD et 2,3 milliards de dollars d’engagements de l’IDA. La stratégie de la Banque dans la région se concentre sur cinq problématiques : l’inclusion et l’autonomisation, l’emploi et la croissance impulsée par le secteur privé, la gouvernance et les institutions, les infrastructures et l’urbanisation, et le changement climatique et la maîtrise des risques de catastrophe. Les thèmes transversaux de la fragilité et du genre et l’égalité des sexes occupent également une place importante dans le travail de la Banque dans la région.

Combattre la malnutrition et améliorer la santé

La région ploie sous le double fardeau des retards de croissance et de l’obésité — deux formes de malnutrition. L’Indonésie, le Myanmar, les Philippines et le Viet Nam font partie des 34 pays qui concentrent 90 % de la charge mondiale des retards de croissance. La Chine et l’Indonésie figurent parmi les 10 pays représentant plus de 50 % de la charge mondiale d’obésité.

Le retard de croissance réduit considérablement les capacités physiques et mentales des enfants et impose un énorme tribut humain et économique. À titre d’exemple, en Indonésie, où 37 % des enfants présentent un retard de croissance, les pertes économiques liées à ce problème représenteraient 2 à 3 % du PIB.

La stratégie de la Banque pour combattre la malnutrition consiste à promouvoir la collaboration avec les responsables des politiques, la société civile, le secteur privé et les partenaires de développement afin de stimuler les investissements dans la nutrition et la recherche pour éclairer les politiques publiques. La Banque investit en outre dans des projets de nutrition, tels que le Programme national d’autonomisation des populations locales (PNPM Generasi) en Indonésie, qui aide à améliorer la santé maternelle et infantile. Dans l’une des provinces les plus pauvres du pays, ce projet a aidé à réduire de 20 % et 33 % respectivement l’incidence de l’insuffisance pondérale et de l’insuffisance pondérale grave chez les enfants, et le retard de croissance quant à lui a reculé de 21 %.

Soutenir les mesures d’atténuation des méfaits du changement climatique
et de renforcement de la résilience

La région compte 13 des 30 pays les plus vulnérables au changement climatique. Elle est aussi le théâtre de 70 % des catastrophes naturelles qui frappent la planète et affectent plus de 1,6 milliard de personnes dans la région depuis 2000. Les plus durement touchés sont les pays insulaires du Pacifique, où l’élévation du niveau de la mer fait peser une menace sur les zones côtières et les atolls.

La région Asie de l’Est et Pacifique est aussi la plus grande émettrice de gaz à effet de serre, avec un tiers des émissions mondiales de dioxyde de carbone et 60 % de la consommation mondiale de charbon. Elle a donc un rôle déterminant à jouer dans la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale. Pour ce faire, la Banque collabore avec les gouvernements, le secteur privé et d’autres partenaires de développement sur une gamme de solutions innovantes visant à soutenir des politiques énergétiques plus vertes et plus propres, dont la tarification du carbone.

La Banque aide aussi ses clients à adopter des approches climato-intelligentes dans des domaines, tels que le développement urbain et l’agriculture. Beijing, par exemple, s’emploie à devenir un modèle pour d’autres villes chinoises en promouvant une croissance économique urbaine écologiquement viable et fondée sur une utilisation rationnelle des ressources naturelles. Avec le concours de la Banque, cette ville a installé des systèmes solaires photovoltaïques d’une capacité de 100 mégawatts sur le toit de 800 écoles primaires et secondaires. Au Viet Nam, l’application de techniques climato-intelligentes dans la riziculture a aidé plus de 30 000 riziculteurs à augmenter leur production en réduisant les coûts et les émissions de méthane.

Promouvoir des partenariats axés sur le savoir pour trouver des solutions
de développement

La région a continué d’approfondir ses partenariats portant sur le savoir et la recherche afin d’aider les clients à trouver des solutions à leurs défis de développement qui ne cessent d’évoluer. Le rapport intitulé Vietnam 2035: Toward Prosperity, Creativity, Equity and Democracy, qui examine les mécanismes pouvant permettre au Viet Nam de devenir un pays industriel moderne dans 20 ans, en est une illustration. Durant l’exercice écoulé, la Banque a élargi ses partenariats à des pays membres non-emprunteurs, et a ainsi ouvert un bureau à Kuala Lumpur au mois de mars. Ce nouveau bureau en Malaisie, celui de Songdo en République de Corée et le Pôle mondial pour les infrastructures de Singapour sont destinés à produire et à diffuser des savoirs, des enseignements tirés de l’expérience et des solutions en matière de développement dans les pays de la région et à travers le monde.

 

Plus d’informations : Page d’accueil de la Région Asie de l’Est et Pacifique de la Banque mondiale (a) »

Protéger les éleveurs de la Mongolie grâce à une assurance innovante

En Mongolie, les hivers sont beaux, mais parfois très rudes. Un hiver extrêmement froid — le dzud — est fatal au bétail, privant les éleveurs de leur gagne-pain.

Pour protéger les éleveurs de ces pertes désastreuses, la Banque a créé l’assurance bétail indexée. Lancé en 2006 et finalisé en 2016, ce projet a introduit un régime d’assurance novateur en vertu duquel les paiements sont effectués sur la base du nombre total de têtes de bétail perdues par espèce et par district, plutôt qu’en fonction des pertes accusées par chaque ménage. Il s’agit d’un amalgame d’auto-assurance, d’assurance fondée sur le jeu du marché et de filet de protection sociale. Les éleveurs assument les coûts des petites pertes qui ne compromettent pas la viabilité de leur activité pastorale. Les pertes les plus importantes quant à elles sont couvertes par les compagnies d’assurance privées. En cas de pertes catastrophiques, les pouvoirs publics interviennent. Ce système incite fortement les éleveurs à poursuivre leur activité pastorale même lorsque surviennent des catastrophes. Si, après un dzud ou une sécheresse, un éleveur n’accuse aucune perte de bétail alors que ses voisins en ont subi d’importantes, il est récompensé de ses efforts supplémentaires et la somme qui lui est versée est calculée sur la base des pertes de l’ensemble de la région.

Le système traditionnel se prêtait difficilement à la vérification par les assureurs des pertes subies par chaque éleveur sur le vaste territoire de la Mongolie. Le système d’index reposant sur des statistiques vérifiables, l’estimation des pertes devient un processus beaucoup plus simple qui réduit la marge d’erreur. Ce produit innovant est bénéfique pour les éleveurs et rentable pour les compagnies d’assurance.

ENGAGEMENTS ET DÉCAISSEMENTS RÉGIONAUX POUR LES EXERCICES 14-16

  ENGAGEMENTS (MILLIONS DE DOLLARS) DÉCAISSEMENTS (MILLIONS DE DOLLARS)
  Ex. 14 Ex. 15 Ex. 16 Ex. 14 Ex. 15 Ex. 16
BIRD   4 181   4 539   5 176   3 397
  3 596   5 205
IDA   2 131   1 803   2 324   1 459   1 499   1 204
Note : Portefeuille de projets en cours d’exécution au 30 juin 2016 : 32,3 milliards de dollars.

 


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INDICATEUR 2011 2012 2013 2014 2015

Population totale (millions)

1 978 1 992 2 006 2 021 2 035

Croissance démographique (% annuel)

0,7 0,7 0,7 0,7 0,7
RNB par habitant (méthode de l’Atlas, dollars courants)  4 325 5 056 5 690 6 157 6 407
Croissance du PIB par habitant (% annuel) 7,7 6,7 6,4 6,0 5,7
Population disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre (millions) 173 147 - - -
Espérance de vie à la naissance, femmes (années) 75 76 76 76 -
Espérance de vie à la naissance, hommes (années) 72 72 72 72 -
Taux d’alphabétisation des jeunes, filles (% de la population âgée de 15 à 24 ans) 99 99 99 99 -
Taux d’alphabétisation des jeunes, garçons (% de la population âgée de 15 à 24 ans) 99 99 99 99 -
Émissions de dioxyde de carbone (mégatonnes) 10 485 - - - -
SUIVI DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD)
ODD 1.1 Extrême pauvreté (% de la population disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre, PPA 2011) 8,5 7,2 - - -
ODD 2.2 Prévalence du retard de croissance, taille pour âge (% des enfants âgés de moins de 5 ans) - - - 11 -
ODD 3.1 Taux de mortalité maternelle (estimation modélisée, pour 100 000 naissances vivantes) 75 71 68 65 63
ODD 3.2 Taux de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans (pour 1 000 naissances vivantes) 22 21 20 19 18
ODD 4.1 Taux d’achèvement des études primaires (% du groupe d’âge concerné) 105 - - - -
ODD 5 Taux des femmes par rapport aux hommes (estimation modélisée de l’OIT, %) 79 79 79 79 -
ODD 5.5 Pourcentage de sièges occupés par des femmes dans les parlements nationaux (% du total) 18 18 19 19 20
ODD 6.1 Accès à l’eau potable (% de la population bénéficiant de l’accès) 91 92 92 93 94
ODD 6.2 Accès à des installations sanitaires de base (% de la population bénéficiant de l’accès) 71 72 73 74 75
ODD 7.1 Accès à l’électricité (% de la population) - 96 - - -
ODD 7.2 Consommation d’énergie renouvelable (% de la consommation énergétique finale totale) 21 21 - - -
ODD 17.8 Personnes utilisant Internet (% de la population) 32 36 39 42 45
Note : OIT = Organisation internationale du travail ; PPA = parité de pouvoir d’achat ; - = indisponible. Consulter le site donnees.banquemondiale.org pour les données actualisées.