La BIRD et l’IDA en action - Exercice 2016

Mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée de manière durable

Tout ce que le Groupe de la Banque mondiale entreprend est motivé par ses objectifs : mettre fin à l’extrême pauvreté — ramener à 3 % d’ici 2030 le pourcentage de la population mondiale en situation d’extrême pauvreté — et promouvoir une prospérité partagée — accroître les revenus des 40 % de population les plus pauvres. Ces deux objectifs doivent être réalisés d’une manière durable.

Les projections de la Banque mondiale laissent penser que, pour la première fois dans l’histoire, le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté est tombé en dessous de 10 % de la population mondiale. Malgré cette bonne nouvelle, des centaines de millions de personnes ont toujours moins de 1,90 dollar par jour pour vivre, le critère utilisé actuellement pour définir l’extrême pauvreté. La tâche est loin d’être accomplie, et de nombreux défis restent à relever pour réaliser la vision d’ensemble du développement mondial — énoncée dans les objectifs de développement durable, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs propres à la Banque mondiale.

Cliquez sur les titres pour parcourir le chapitre :
Promouvoir une croissance économique equitable qui ne fait pas d’exclus »
Améliorer la qualité des infrastructures grâce à des partenariats public-privé »
Assurer la durabilité des principaux moteurs du développement »
Aider les pays à s’adapter au changement climatique »
Promouvoir les opportunités en investissant dans le capital humain »
Combler les écarts entre les sexes pour accroître les opportunités économiques »
Faire face aux causes et conséquences des conflits et de la fragilité »

La croissance économique propre à réduire l’extrême pauvreté fait toujours défaut, et d’importants risques susceptibles d’avoir un effet négatif sur l’économie mondiale demeurent, dont une faible demande, le resserrement plus prononcé des marchés financiers, le fléchissement des échanges, la faiblesse persistante des prix du pétrole et des autres produits de base et l’instabilité des flux de capitaux. Par ailleurs, des menaces complexes et graves pèsent sur la prospérité à long terme dans le monde. Il s’agit notamment de conflits régionaux et de la fragilité au niveau local qui ont entraîné le déplacement forcé de millions de personnes ; des pandémies et autres risques sanitaires d’une région à l’autre ; et des effets du changement climatique, qui pourraient provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes et perturber la sécurité alimentaire dans de nombreux pays. Les plus pauvres et les plus vulnérables seront les plus touchés par ces risques.

Parallèlement, les tendances du développement mondial ont considérablement évolué. Le monde est beaucoup plus prospère, et son centre de gravité économique se déplace vers les économies émergentes. L’investissement privé domine maintenant les transferts de capitaux dans le monde et, comparée à l’aide publique au développement, la mobilisation des ressources intérieures est de plus en plus importante, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire. Le monde étant beaucoup plus interconnecté, il faudra adopter des approches multisectorielles plus intégrées pour réaliser les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement.

La Banque mondiale est exceptionnellement bien placée pour appuyer le programme de développement mondial face à ces problèmes et évolutions sans précédent que connaît l’environnement mondial. Elle demeure un partenaire déterminé à aider les pays à long terme et s’emploie à élaborer des stratégies, des opérations et des modes de financement novateurs adaptés aux besoins de chaque pays. L’institution est organisée de façon à traiter tous les aspects du développement — aux niveaux national, régional et mondial — dans le but de favoriser une action coordonnée qui permette de trouver des solutions pour réduire la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. 

Le présent chapitre décrit comment la Banque mondiale a travaillé avec ses partenaires pendant l’exercice écoulé dans des secteurs imbriqués et complexes pour aider les pays à trouver des solutions aux problèmes de développement les plus épineux.

Promouvoir une croissance économique équitable qui ne fait pas d’exclus

La mise en place de politiques et d’institutions équitables permet aux plus pauvres de chaque pays de bénéficier de la croissance économique. La Banque mondiale aide les responsables politiques à prendre, en connaissance de cause, des décisions fondées sur des données factuelles, qui favorisent l’équité et l’inclusion, des conditions macroéconomiques durables, la transparence et l’efficience du secteur public, la productivité ainsi que l’approfondissement et la stabilité du secteur financier, autant d’éléments fondamentaux qui permettent de réduire la pauvreté et de promouvoir une croissance ne faisant pas d’exclus.

Pour mettre fin à l’extrême pauvreté et favoriser une prospérité partagée, il est fondamental d’assurer l’accès aux opportunités économiques et à des services de base de qualité. La Banque aide les clients à trouver des solutions aux problèmes d’équité et d’inclusion grâce à ses analyses et conseils pointus, à ses services financiers, à ses prêts et à son pouvoir mobilisateur. Cet appui peut permettre aux clients de renforcer leurs bases de données factuelles de façon à prendre des décisions en connaissance de cause, et peut cibler des interventions équitables, efficaces et destinées aux pauvres. À titre d’exemple, un don de l’Association internationale de développement (IDA) en appui au Programme régional d’harmonisation et de modernisation des enquêtes sur les conditions de vie aide les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine à améliorer la qualité et la fréquence des données recueillies. Au Chili, une opération de la Banque appuie les réformes visant à améliorer l’accès à l’éducation et sa qualité, ainsi que les moyens de mieux mesurer la pauvreté et cibler les programmes sociaux.

Les politiques macroéconomiques et budgétaires durables créent un environnement favorable à une croissance portée par le secteur privé et constituent le fondement d’une planification du développement efficace et de dépenses publiques judicieuses. La Banque aide les clients à évaluer la gamme appropriée de politiques de gestion budgétaire, d’endettement et de croissance. Ainsi, l’Examen des dépenses publiques (EDP) du Mexique a permis de définir une liste de mesures d’efficacité aux fins des efforts de rééquilibrage budgétaire à court et moyen terme du Gouvernement mexicain. À l’instar des examens des dépenses publiques menés dans d’autres pays, l’initiative mexicaine permettra de poursuivre la concertation en vue de renforcer la gestion budgétaire et l’efficacité générale du secteur public.

Lorsqu’ils mobilisent et dépensent les ressources publiques plus efficacement, les pouvoirs publics améliorent la prestation de services. La Banque aide les clients à améliorer l’efficience du secteur public, notamment pour ce qui est de hiérarchiser les dépenses, de mieux gérer et maîtriser le budget et d’éliminer les obstacles à une utilisation efficace des ressources intérieures. Il s’agit notamment d’aider les pays à mettre en place des régimes fiscaux équitables et efficients et à accroître les recettes du Trésor public. Durant l’exercice écoulé, la Banque a créé une équipe chargée des questions fiscales mondiales pour renforcer les travaux de pointe en matière fiscale, assurer la liaison avec d’autres institutions internationales et favoriser une concertation plus coordonnée sur les questions fiscales internationales. En outre, la Plate-forme de coopération en matière fiscale lancée récemment, qui vise à renforcer l’aptitude des pays en développement à mettre en place des régimes fiscaux plus performants et à faire en sorte qu’il soit tenu compte de leurs intérêts, formalisera la collaboration entre la Banque, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Les économies intégrées favorisent une croissance économique soutenue à laquelle le secteur privé contribue largement, ce qui permet d’accroître les revenus des pauvres et de créer davantage d’emplois mieux rémunérés. En collaboration avec la Société financière internationale (IFC), la Banque aide à promouvoir des marchés ouverts et compétitifs et à instaurer un environnement favorable à l’investissement privé. Elle a ainsi récemment prêté conseil en matière de programmes sur la croissance induite par la productivité au Brésil, évalué la concurrence au Kenya et procédé à une analyse des incidences du partenariat transpacifique pour le Viet Nam. En outre, la Banque finance le développement des secteurs orientés vers les exportations dans l’ex-République yougoslave de Macédoine grâce à de vastes réformes du climat de l’investissement et des mesures d’incitation à l’investissement et à l’amélioration du secteur manufacturier. Parmi ses opérations plurinationales, on peut citer le Crédit régional pour la facilitation du commerce et la compétitivité en faveur du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, qui a pour but de réduire les coûts de transaction entre ces deux pays grâce à une réforme des secteurs des transports et de la douane. Les services de mobilisation de la Banque ont aussi concouru à l’élaboration d’une nouvelle loi sur l’investissement au Myanmar.

L’existence de systèmes financiers ouverts à tous, efficaces et stables contribue à assurer une croissance plus rapide et à réduire la pauvreté. L’un des éléments essentiels de l’action de la Banque consiste à éliminer les obstacles, notamment les déficits de financement pour les entreprises, les pauvres, les infrastructures et le logement. Par exemple, la Banque intervient en qualité de partenaire technique pour aider les pays à élaborer leurs stratégies nationales d’inclusion financière en coordonnant les efforts des parties prenantes et en hiérarchisant les ressources, comme c’est le cas au Pakistan, où la Banque et IFC travaillent en collaboration avec la Banque d’État du Pakistan. En outre, la Banque collabore activement avec les pays pour renforcer la transparence et l’éthique de responsabilité et réduire les flux financiers illicites dans le cadre d’une initiative mondiale. Elle s’emploie à améliorer l’accès des autorités publiques aux informations sur les propriétaires réels d’actifs, à renforcer l’échange de renseignements en matière fiscale et à aider les pouvoirs publics à détecter les cas de blanchiment d’argent. Il s’agit également, par ces initiatives, de faire en sorte que les fonctionnaires et les entreprises honnêtes soient reconnus et que ceux qui sont corrompus et se livrent à des activités criminelles soient sanctionnés.

La Banque collabore également avec les pays membres pour renforcer les principales institutions financières en vue d’assurer la stabilité financière et la croissance économique. Dans le cadre du Programme de services de conseil et de gestion des réserves (« RAMP »), la Banque s’emploie avec plus de 60 institutions membres (banques centrales, caisses nationales de retraite et fonds souverains) à améliorer la gestion des réserves de change et d’autres actifs financiers. La santé financière d’une banque centrale repose sur un portefeuille liquide et stable de réserves de change. La Banque travaille avec les gouvernements des pays membres aux niveaux national et infranational pour mettre en place des capacités en vue d’élaborer et d’appliquer des stratégies de gestion de la dette conformes à la pratique optimale. Une gestion efficace de la dette publique constitue la pierre angulaire de la stabilité financière et d’une politique budgétaire durable. .

Haut de page »

Améliorer la qualité des infrastructures grâce à des partenariats public-privé

La Banque mondiale entend aider les pouvoirs publics à prendre des décisions éclairées en vue d’améliorer l’accès aux services d’infrastructures et leur qualité, y compris, le cas échéant, en ayant recours à des partenariats public-privé (PPP). Il s’agit de renforcer la collecte de données, de renforcer les capacités, de mettre au point et à l’essai des outils, de promouvoir la divulgation d’informations et d’encourager la collaboration avec toutes les parties prenantes. 

Durant l’exercice 16, plusieurs outils ont été mis au point souvent en collaboration avec d’autres banques multilatérales et partenaires de développement — dans le but d’aider les autorités à prendre des décisions judicieuses en matière de projets d’infrastructures. Il s’agit notamment d’une enquête sur la passation des marchés dans le cadre de PPP dans 80 pays, d’un outil de diagnostic-pays, d’un outil mis au point avec le FMI pour évaluer l’incidence budgétaire éventuelle des PPP, d’un outil d’établissement des priorités, d’un cadre de divulgation des informations pour les PPP, d’une analyse des modalités de prise en compte de la problématique hommes-femmes dans les contrats de PPP, et d’une version française d’un cours en ligne ouvert à tous (MOOC) sur les PPP.

En avril 2016, la Banque mondiale a aidé à organiser, de concert avec d’autres banques multilatérales et en partenariat avec l’ONU, le premier Forum mondial sur les infrastructures. C’était la première fois que les responsables de toutes les banques multilatérales se réunissaient pour discuter d’infrastructures, preuve de l’importance du sujet et de l’engagement en faveur de la collaboration multilatérale. Parmi les autres participants importants, on peut citer les partenaires de développement et les représentants du Groupe des Vingt (G-20), du Groupe des Vingt-quatre (G-24) et du Groupe des Soixante-dix-sept (G-77), et le Pôle mondial pour les infrastructures. Les participants devront, durant l’exercice prochain, prendre les mesures arrêtées à cette réunion pour mobiliser davantage — et mieux — les investissements publics et privés en faveur des infrastructures. Le prochain Forum mondial sur les infrastructures se tiendra en 2017.

Au cours de l’exercice écoulé, le Mécanisme mondial de financement des infrastructures a approuvé son premier projet (hydroélectricité dans les Îles Salomon) et quatre dons à l’appui de la planification (Brésil, Côte d’Ivoire, République arabe d’Égypte et Géorgie). L’appui apporté par le Mécanisme de conseil à l’appui de la formation de partenariats public-privé dans le secteur des infrastructures dans le domaine du renforcement des capacités et du savoir a augmenté de plus de 60 % pendant l’exercice écoulé, les principaux bénéficiaires étant l’Afrique subsaharienne et les pays les plus pauvres. 

Haut de page »

Assurer la durabilité des principaux moteurs du développement 

L’adoption des objectifs de développement durable en septembre 2015 et la signature de l’Accord de Paris sur le changement climatique en avril 2016 montrent clairement que la communauté internationale reconnaît que la croissance économique, la réduction de la pauvreté et la durabilité environnementale sont intimement liées et indispensables pour réaliser le développement durable.

Vu que 78 % des pauvres du monde vivent en milieu rural et que leurs moyens de subsistance reposent pour la plupart sur l’agriculture, accroître la productivité agricole et la résilience, rapprocher davantage les paysans des marchés et fournir des denrées alimentaires à des prix abordables sont autant de moyens de mettre fin à la pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée qui ont fait leurs preuves. Le programme de la Banque relatif à l’agriculture est axé sur ces domaines, l’attention étant accordée plus particulièrement à l’agriculture climato-intelligente, à l’amélioration de la nutrition, au renforcement des chaînes de valeur agricoles et à la création d’emplois. À titre d’exemple, au Sénégal, l’appui apporté a permis l’adoption de 14 nouvelles variétés de céréales xérophiles à haut rendement. En Ouganda, un projet appuie la production de cultures riches en micronutriments qui sont adaptées aux préférences et conditions locales, ainsi qu’une banque de semences de cultures biofortifiées. Au Népal, un projet porte sur les technologies économes en main-d’œuvre, comme les sécheuses solaires améliorées permettant de préserver les fruits et légumes.

Dans le secteur de l’énergie, l’action de la Banque s’inscrit dans le cadre de l’initiative Énergie durable pour tous, qui vise trois objectifs à l’horizon 2030 : assurer l’accès universel à l’énergie, doubler le taux d’amélioration du rendement énergétique et doubler la part des sources d’énergie renouvelables dans le bouquet énergétique mondial. Au Bangladesh, par exemple, un projet d’énergie solaire d’usage domestique a permis de toucher les habitants des zones rurales ; 3,5 millions de ménages reçoivent ainsi de l’électricité à partir de leurs toits. La chute des prix du pétrole et d’autres produits de base a amené de nombreux pays riches en ressources à solliciter l’assistance de la Banque dans le secteur des industries extractives pour faire face à l’instabilité des prix, diversifier leurs économies, renforcer la gouvernance dans les secteurs d’activité, accroître le partage des avantages et assurer la durabilité environnementale et sociale.

La Banque mondiale aide aussi les pays à inscrire dans leurs plans de développement la valeur et les potentialités de création d’emplois des ressources naturelles — qu’il s’agisse des richesses des océans, des bassins hydrographiques ou des forêts — ainsi que les coûts associés à la dégradation de l’environnement, à la pollution et à la pénurie de ressources. Au Maroc, par exemple, dans le cadre d’une opération à l’appui des politiques de développement axée sur la croissance verte, des mesures sont prises pour améliorer la viabilité des secteurs, notamment ceux de la pêche, de l’agriculture et du tourisme, qui sont des sources essentielles d’emplois pour les populations rurales pauvres particulièrement touchées par l’épuisement des ressources naturelles. Dans le secteur agricole, par exemple, le programme favorise de meilleures pratiques de gestion des eaux souterraines, la conservation des sols et la communication d’informations météorologiques plus efficaces aux agriculteurs. Durant l’exercice 16, la Banque a lancé un plan d’action quinquennal pour les forêts pour le Groupe de la Banque mondiale, dont le but est d’intégrer totalement la gestion durable des forêts au développement et à l’action climatique. Le plan, qui introduit le concept des interventions « intelligentes pour les forêts », prend en compte les paysages forestiers de façon globale afin d’éviter l’érosion du capital forestier.

Les transports et les technologies de l’information et de la communication rapprochent les hommes et les femmes des emplois, des marchés et des services sociaux, et sont au centre des discussions mondiales sur les objectifs de développement durable, le changement climatique et la sécurité routière. De graves problèmes d’accessibilité, d’efficience et de sécurité continuent pourtant de poser des défis cruciaux à relever si l’on veut tirer pleinement parti d’une mobilité durable. Aujourd’hui, 1 milliard d’individus n’ont toujours pas accès à une route praticable en toute saison, et 3 milliards n’ont pas accès à l’internet. Parmi les actions menées pour mettre en place des transports plus sûrs, plus propres et plus abordables, on peut citer l’augmentation de la fréquentation des bus de 40 % à Wuhan (Chine) et l’amélioration de la sécurité routière en Inde. La technologie et la gestion des données aident à mieux cartographier les schémas de déplacement et les besoins des usagers, donnent la parole aux habitants et améliorent la qualité des transports publics. Il est également essentiel d’élargir l’accès aux services à haut débit.

Dans les pays en développement, qui représentent 90 % de la croissance urbaine, l’occasion s’offre de créer des villes intelligentes face au climat. Les examens de l’urbanisation réalisés par la Banque offrent aux autorités municipales un cadre pour prendre des décisions difficiles concernant le développement dans leurs villes en fournissant des outils de diagnostic permettant d’identifier les distorsions des politiques et d’analyser les priorités d’investissement. Lancée au cours de l’exercice écoulé sous la coordination de la Banque mondiale et avec l’appui de banques multilatérales de développement, d’organismes des Nations Unies, de cellules de réflexion et de divers réseaux de villes, la Plateforme mondiale pour des villes durables est un programme d’échange d’informations qui donne accès à des outils de pointe et encourage une approche intégrée de la planification et du financement durables des villes.

Dans le secteur de l’eau, la Banque poursuit la vision d’un monde où l’approvisionnement en eau est assuré pour tous, en s’attachant à promouvoir l’accès universel à l’assainissement et à la sécurité de l’approvisionnement en eau. Ayant un caractère multisectoriel, la nouvelle approche de la Banque en matière d’assainissement en milieu rural en Égypte, en Haïti et au Viet Nam vise, par exemple, vise à aider les gouvernements à mettre à profit les programmes nationaux pour assurer une prestation de services plus locale et responsable et un changement de comportement. En outre, un nouveau plan d’action, élaboré par la Commission du bassin du lac Tchad, vise à doter les communautés du lac Tchad de moyens pour s’adapter face aux problèmes urgents exacerbés par le changement climatique, et à renforcer la contribution du lac Tchad à la sécurité alimentaire régionale.

Ce travail s’est accompagné de l’élaboration de rapports, tels que celui intitulé High and Dry: Water, Climate Change, and the Economy, qui prévoit que la modification du cycle de l’eau pourrait avoir des effets économiques importants. Ce rapport est un appel en faveur de l’élaboration de meilleures politiques qui reconnaissent l’importance fondamentale de cette ressource et le fait que la santé, l’énergie, l’alimentation, les villes et les emplois sont largement tributaires de l’eau. En partenariat avec l’ONU, la Banque a également lancé un groupe de réflexion sur l’eau réunissant des chefs d’État et chargé de mobiliser l’action et des fonds en vue d’assurer l’accès de tous à l’assainissement et à l’eau. 

Haut de page »

Aider les pays à s’adapter au changement climatique

Le Groupe de la Banque mondiale a résolument accéléré son action climatique, compte tenu du lien intrinsèque entre climat et pauvreté. La publication intitulée Shock Waves: Managing the Impacts of Climate Change on Poverty parue en prélude aux travaux de la 21e Conférence des Parties (COP 21) sur le changement climatique tenue à Paris et qui traite de la maîtrise des effets du changement climatique sur la pauvreté, illustre éloquemment la menace que représente le changement climatique pour les pauvres. Ce rapport appelle l’attention sur le fait que, faute d’une action rapide, le dérèglement climatique pourrait faire basculer plus de 100 millions de personnes dans la pauvreté d’ici 2030.

Au lendemain de l’Accord de Paris, le Groupe de la Banque mondiale a élaboré un plan d’action relatif au changement climatique, qui marque un changement fondamental en ce qu’il fait du changement climatique une priorité dans toutes les stratégies et opérations de la Banque. Le plan définit des objectifs ambitieux et des mesures accélérées pour faire face à l’évolution du climat au cours des cinq prochaines années. Les objectifs consistent notamment à aider les pays en développement à ajouter 30 gigawatts d’énergie renouvelable — assez pour alimenter 150 millions d’habitations — à la capacité énergétique mondiale, et à mettre en place des systèmes d’alerte précoce au profit de 100 millions de personnes.

L’un des principaux axes d’intervention du plan d’action consiste à faire davantage pour aider les pays à s’adapter au changement climatique. Il s’agit par exemple d’élaborer des plans d’investissement pour une agriculture intelligente face au climat pour au moins 40 pays d’ici 2020 et d’élargir le recours aux outils d’examen des risques climatiques et des risques de catastrophe au-delà des projets financés par l’IDA. Le plan d’action renforce l’engagement d’augmenter d’un tiers le financement de l’action climatique à l’échelle du Groupe de la Banque mondiale, à concurrence de 29 milliards de dollars par an éventuellement, avec l’appui de ses membres. 

Haut de page »

Promouvoir une croissance économique équitable qui ne fait pas d’exclus

La mise en place de politiques et d’institutions équitables permet aux plus pauvres de chaque pays de bénéficier de la croissance économique. La Banque mondiale aide les responsables politiques à prendre, en connaissance de cause, des décisions fondées sur des données factuelles, qui favorisent l’équité et l’inclusion, des conditions macroéconomiques durables, la transparence et l’efficience du secteur public, la productivité ainsi que l’approfondissement et la stabilité du secteur financier, autant d’éléments fondamentaux qui permettent de réduire la pauvreté et de promouvoir une croissance ne faisant pas d’exclus.

Pour mettre fin à l’extrême pauvreté et favoriser une prospérité partagée, il est fondamental d’assurer l’accès aux opportunités économiques et à des services de base de qualité. La Banque aide les clients à trouver des solutions aux problèmes d’équité et d’inclusion grâce à ses analyses et conseils pointus, à ses services financiers, à ses prêts et à son pouvoir mobilisateur. Cet appui peut permettre aux clients de renforcer leurs bases de données factuelles de façon à prendre des décisions en connaissance de cause, et peut cibler des interventions équitables, efficaces et destinées aux pauvres. À titre d’exemple, un don de l’Association internationale de développement (IDA) en appui au Programme régional d’harmonisation et de modernisation des enquêtes sur les conditions de vie aide les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine à améliorer la qualité et la fréquence des données recueillies. Au Chili, une opération de la Banque appuie les réformes visant à améliorer l’accès à l’éducation et sa qualité, ainsi que les moyens de mieux mesurer la pauvreté et cibler les programmes sociaux.

Les politiques macroéconomiques et budgétaires durables créent un environnement favorable à une croissance portée par le secteur privé et constituent le fondement d’une planification du développement efficace et de dépenses publiques judicieuses. La Banque aide les clients à évaluer la gamme appropriée de politiques de gestion budgétaire, d’endettement et de croissance. Ainsi, l’Examen des dépenses publiques (EDP) du Mexique a permis de définir une liste de mesures d’efficacité aux fins des efforts de rééquilibrage budgétaire à court et moyen terme du Gouvernement mexicain. À l’instar des examens des dépenses publiques menés dans d’autres pays, l’initiative mexicaine permettra de poursuivre la concertation en vue de renforcer la gestion budgétaire et l’efficacité générale du secteur public.

Lorsqu’ils mobilisent et dépensent les ressources publiques plus efficacement, les pouvoirs publics améliorent la prestation de services. La Banque aide les clients à améliorer l’efficience du secteur public, notamment pour ce qui est de hiérarchiser les dépenses, de mieux gérer et maîtriser le budget et d’éliminer les obstacles à une utilisation efficace des ressources intérieures. Il s’agit notamment d’aider les pays à mettre en place des régimes fiscaux équitables et efficients et à accroître les recettes du Trésor public. Durant l’exercice écoulé, la Banque a créé une équipe chargée des questions fiscales mondiales pour renforcer les travaux de pointe en matière fiscale, assurer la liaison avec d’autres institutions internationales et favoriser une concertation plus coordonnée sur les questions fiscales internationales. En outre, la Plate-forme de coopération en matière fiscale lancée récemment, qui vise à renforcer l’aptitude des pays en développement à mettre en place des régimes fiscaux plus performants et à faire en sorte qu’il soit tenu compte de leurs intérêts, formalisera la collaboration entre la Banque, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Les économies intégrées favorisent une croissance économique soutenue à laquelle le secteur privé contribue largement, ce qui permet d’accroître les revenus des pauvres et de créer davantage d’emplois mieux rémunérés. En collaboration avec la Société financière internationale (IFC), la Banque aide à promouvoir des marchés ouverts et compétitifs et à instaurer un environnement favorable à l’investissement privé. Elle a ainsi récemment prêté conseil en matière de programmes sur la croissance induite par la productivité au Brésil, évalué la concurrence au Kenya et procédé à une analyse des incidences du partenariat transpacifique pour le Viet Nam. En outre, la Banque finance le développement des secteurs orientés vers les exportations dans l’ex-République yougoslave de Macédoine grâce à de vastes réformes du climat de l’investissement et des mesures d’incitation à l’investissement et à l’amélioration du secteur manufacturier. Parmi ses opérations plurinationales, on peut citer le Crédit régional pour la facilitation du commerce et la compétitivité en faveur du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, qui a pour but de réduire les coûts de transaction entre ces deux pays grâce à une réforme des secteurs des transports et de la douane. Les services de mobilisation de la Banque ont aussi concouru à l’élaboration d’une nouvelle loi sur l’investissement au Myanmar.

L’existence de systèmes financiers ouverts à tous, efficaces et stables contribue à assurer une croissance plus rapide et à réduire la pauvreté. L’un des éléments essentiels de l’action de la Banque consiste à éliminer les obstacles, notamment les déficits de financement pour les entreprises, les pauvres, les infrastructures et le logement. Par exemple, la Banque intervient en qualité de partenaire technique pour aider les pays à élaborer leurs stratégies nationales d’inclusion financière en coordonnant les efforts des parties prenantes et en hiérarchisant les ressources, comme c’est le cas au Pakistan, où la Banque et IFC travaillent en collaboration avec la Banque d’État du Pakistan. En outre, la Banque collabore activement avec les pays pour renforcer la transparence et l’éthique de responsabilité et réduire les flux financiers illicites dans le cadre d’une initiative mondiale. Elle s’emploie à améliorer l’accès des autorités publiques aux informations sur les propriétaires réels d’actifs, à renforcer l’échange de renseignements en matière fiscale et à aider les pouvoirs publics à détecter les cas de blanchiment d’argent. Il s’agit également, par ces initiatives, de faire en sorte que les fonctionnaires et les entreprises honnêtes soient reconnus et que ceux qui sont corrompus et se livrent à des activités criminelles soient sanctionnés.

La Banque collabore également avec les pays membres pour renforcer les principales institutions financières en vue d’assurer la stabilité financière et la croissance économique. Dans le cadre du Programme de services de conseil et de gestion des réserves (« RAMP »), la Banque s’emploie avec plus de 60 institutions membres (banques centrales, caisses nationales de retraite et fonds souverains) à améliorer la gestion des réserves de change et d’autres actifs financiers. La santé financière d’une banque centrale repose sur un portefeuille liquide et stable de réserves de change. La Banque travaille avec les gouvernements des pays membres aux niveaux national et infranational pour mettre en place des capacités en vue d’élaborer et d’appliquer des stratégies de gestion de la dette conformes à la pratique optimale. Une gestion efficace de la dette publique constitue la pierre angulaire de la stabilité financière et d’une politique budgétaire durable. 

Haut de page »

Combler les écarts entre les sexes pour accroître les opportunités économiques

Si les préjugés basés sur le genre peuvent constituer des obstacles aussi bien pour les hommes que pour les femmes, ils ont de tout temps défavorisé davantage les filles et les femmes. Force est de constater que les femmes sont à la traîne pour la plupart des indicateurs d’opportunité économique, ce qui freine les progrès non seulement des individus, mais d’économies entières. Combler les écarts entre les sexes peut aider les pays à accroître la productivité et à améliorer les perspectives pour les générations futures. La Banque mondiale s’y emploie avec les clients des secteurs public et privé.

La progression des principaux indicateurs — comme les taux de scolarisation et d’achèvement de la scolarité chez les filles, la mortalité maternelle, la participation au marché du travail, la propriété des biens et l’accès aux services financiers — est conditionnée par la réalisation d’investissements dans plusieurs secteurs, notamment l’eau et l’assainissement, les transports et les finances. C’est ce qui ressort de la nouvelle stratégie intitulée Stratégie du Groupe de la Banque mondiale en matière de genre (Exercices 16-23): Égalité des genres, réduction de la pauvreté et croissance inclusive, qui porte sur des démarches et des interventions produisant des résultats concrets. La stratégie privilégie quatre objectifs essentiels : améliorer les ressources humaines sur le plan de la santé, l’éducation et la protection sociale ; lever les obstacles à la création de davantage d’emplois de meilleure qualité, notamment en remédiant aux manques de compétences et à la ségrégation sexuelle dans la vie professionnelle, et trouver des solutions aux problèmes des travaux domestiques non rémunérés ; lever les obstacles qui empêchent les femmes d’être propriétaires et d’exercer un contrôle sur les terres, le logement, la technologie et les finances ; et faire une plus large place à la voix et à la capacité d’agir des femmes tout en associant les hommes et les garçons à cet effort.

La Banque continue de multiplier les engagements et les partenariats en vue de recueillir et de diffuser davantage de données de meilleure qualité ventilées par sexe. Elle collabore avec les organismes des Nations Unies et d’autres institutions pour recueillir ces données, notamment celles relatives aux statistiques de l’état civil, à la propriété des biens, à l’emploi du temps, à la main-d’œuvre, aux soins de santé et à l’utilisation des services financiers. La diffusion des données ventilées par sexe se fait à travers le nouveau portail actualisé et élargi de données sur le genre et la parité hommes-femmes.

Pour aider les pays à identifier les succès et les échecs afin de combler les disparités économiques entre sexes, quatre laboratoires régionaux d’innovation en matière de genre et de parité mettent en place une base de données factuelles portant sur différents contextes. Soixante-quinze évaluations de l’impact sont en cours sur les compétences, les droits fonciers, l’accès aux infrastructures, la participation au marché du travail, l’esprit d’entreprise, l’emploi des jeunes, la violence liée au genre et les grossesses d’adolescentes. La Banque œuvre également à combler l’écart dans le domaine du crédit, estimé à environ 300 milliards de dollars dans le monde, pour les petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes dans le secteur formel, ainsi que l’écart entre les sexes concernant la propriété de comptes financiers.

Haut de page »

Faire face aux causes et conséquences des conflits et de la fragilité

Quelque 2 milliards de personnes, soit plus du quart de la population mondiale, vivent dans des pays où les effets du développement pâtissent de la fragilité, des conflits et de la violence. C’est un problème répandu et complexe, qui englobe notamment les déplacements forcés de longue durée, l’extrémisme violent et la sécurité des citoyens. Forte de son expérience du développement tenant compte des conflits, la Banque mondiale suit une démarche consistant à trouver la solution à ces questions dans un contexte élargi. Au cours de l’exercice 16, ses activités visaient également à rechercher des solutions financières novatrices, y compris avec la participation du secteur privé, pour répondre rapidement aux crises mondiales, et à renforcer les partenariats stratégiques entre les agents humanitaires et les acteurs du développement.

Les opérations de la Banque reposent sur des analyses visant à prendre en compte la fragilité, les conflits et la violence. Ces analyses comprennent des instruments de diagnostic pour l’élaboration de programmes tenant compte des conflits, 46 évaluations des risques et de la résilience ayant été réalisées comme contribution aux diagnostics-pays systématiques et aux cadres de partenariat avec les pays. L’une des priorités au cours de l’exercice 16 a été de renforcer les activités de développement en réponse aux déplacements forcés de populations en procédant à des analyses pour mettre en place un cadre d’intervention opérationnelle et pour définir une démarche commune entre sept banques multilatérales de développement. Pour promouvoir la concertation et le partage des connaissances, la Banque mondiale a accueilli, début 2016, un forum mondial sur la fragilité, auquel ont participé plus d’une centaine d’organisations. La collaboration avec les partenaires ci-après permet d’assurer une exécution efficace des activités : le Programme mondial sur les déplacements forcés, le Fonds fiduciaire pour un partenariat Nations Unies-Banque mondiale sur la fragilité et les conflits, le Fonds fiduciaire pour l’édification de la paix et la construction de l’État et le Fonds fiduciaire coréen pour le développement économique et la consolidation de la paix dans les pays en transition.

La Banque appuie des opérations visant à remédier aux facteurs de fragilité ; à ce titre, elle apporte notamment davantage d’aide aux personnes vulnérables déplacées par un conflit. En Afrique, la Banque a fourni des crédits IDA de près de 250 millions de dollars en faveur des personnes déplacées de force et des communautés d’accueil à Djibouti, en Éthiopie, en Ouganda, en République démocratique du Congo et en Zambie. Cette augmentation des financements consentis dans la région témoigne du caractère mondial du problème des déplacements forcés. Par ces apports financiers, la Banque a honoré les promesses faites par le président Jim Yong Kim et le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors des missions conjointes qu’ils ont effectuées dans la région des Grands Lacs d’Afrique en mai 2013 et dans la Corne de l’Afrique en octobre 2014. Les deux responsables ont poursuivi leur collaboration durant l’exercice écoulé. En mars 2016, ils se sont rendus ensemble en Jordanie, au Liban et en Tunisie pour promouvoir la paix et le développement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Pour empêcher une reprise des conflits, il est indispensable de renforcer les interventions et l’appui aux processus de transition pendant les transferts pacifiques du pouvoir politique et d’autres périodes de « nouveau départ » dans les pays touchés. Dans le cadre du mécanisme de l’IDA au titre du redressement, des financements plus élevés sont octroyés aux pays, ce qui offre de vastes possibilités pour consolider la stabilité et la résilience afin d’accélérer la transition pour sortir de la situation de fragilité. Durant l’exercice 16, la Guinée-Bissau et Madagascar étaient résolus à satisfaire les conditions requises pour y prétendre, comme en témoignent l’engagement pris par les pouvoirs publics en faveur d’un programme de réformes et la position commune adoptée par les principaux partenaires de développement d’accroître leur concours à ces pays, auxquels ont été alloués respectivement 20 millions de dollars et 230 millions de dollars.

Lancée en mars 2015, la Plateforme de la Banque mondiale pour la lutte contre les violences sexuelles et fondées sur le genre fournit des services aux victimes, contribue à la prévention et à la sensibilisation de l’opinion publique et renforce les capacités des pays clients par l’échange Sud-Sud des connaissances. Des projets pilotes novateurs sont mis en œuvre en Géorgie, au Népal, en Papouasie–Nouvelle-Guinée et en République démocratique du Congo dans ce cadre. À l’issue d’un voyage d’études à travers le monde organisé en 2015 avec les représentants de tous les projets, les instances de la Plateforme ont entrepris d’organiser des voyages d’études régionaux en 2016 pour permettre aux clients de tirer des enseignements des pratiques optimales régionales.

Haut de page »



Le Groupe de la Banque mondiale
Bienvenue