Messages de la direction

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Ces dernières années, des progrès historiques ont été accomplis en vue de mettre fin à l’extrême pauvreté dans le monde. Au cours des seules 15 dernières années, plus d’un milliard de personnes se sont extirpées de la pauvreté. En 2015, selon les calculs du Groupe de la Banque mondiale, la proportion de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté est tombée pour la toute première fois sous la barre des 10 %. C’est un cap remarquable qui a ainsi été franchi.

Le monde est pourtant confronté aujourd’hui à des défis aussi complexes et épineux que ceux des dernières années. Des difficultés économiques tenaces ont provoqué un ralentissement de la croissance mondiale ; la fragilité et les conflits ont contraint des dizaines de millions de personnes à quitter leur foyer ; les pays et leur économie sont vulnérables aux catastrophes naturelles et aux chocs liés au changement climatique ; enfin, une pandémie peut survenir à tout moment et se propager rapidement. Nous sommes tous concernés par ces problèmes, mais la triste vérité est que ce sont les êtres humains vivant dans l’extrême pauvreté qui sont touchés en premier et le plus durement.

La mission du Groupe de la Banque mondiale s’articule autour de deux objectifs : mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et promouvoir la prospérité parmi les 40 % les plus pauvres de la population des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. Pour les réaliser, nous attachons principalement à promouvoir une croissance largement répartie qui ne laisse personne sur la touche, et nous restons vigilants à l’égard des chocs qui mettent en péril les progrès accomplis de haute lutte sur le front du développement.

Nous avons conscience que les méthodes d’intervention habituelles ne suffiront pas. Le Groupe de la Banque mondiale adopte donc de nouveaux modes de collaboration avec un éventail de plus en plus diversifié de partenaires. Ainsi, au cours de l’exercice écoulé, nous avons collaboré avec l’Organisation des Nations Unies et le Groupe de la Banque islamique de développement au lancement d’un mécanisme de financement innovant en faveur des réfugiés syriens et des communautés qui les accueillent en Jordanie et au Liban. Fort des premières contributions de huit pays et de la Commission européenne, ce mécanisme sera en mesure d’accorder immédiatement des prêts concessionnels à concurrence de 800 millions de dollars à la Jordanie et au Liban. Ces financements permettront de poursuivre à une plus grande échelle des programmes visant à élargir la couverture de services essentiels, tels que l’éducation et les soins de santé, afin de répondre à la demande des réfugiés et des habitants des pays d’accueil.

Il s’agit là de l’une des nombreuses solutions novatrices que nous mettons en œuvre pour aider à résoudre les problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui. Les agents compétents et dévoués des principales institutions de financement du Groupe de la Banque mondiale — l’Association internationale de développement (IDA), la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et la Société financière internationale (IFC) — travaillent de concert à la mobilisation des solutions et investissements novateurs nécessaires à la promotion d’une croissance économique solidaire.

Au cours de l’exercice écoulé, le Groupe de la Banque mondiale a a engagé près de 64,2 milliards de dollars sous forme de prêts, de dons, de prises de participation ou de garanties au profit de ses membres et d’entreprises privées. Durant la même période, la BIRD, dont les services continuent d’être très demandés par les pays clients, a engagé 29,7 milliards de dollars — montant
le plus élevé jamais atteint en dehors des crises financières. Pour sa part, l’IDA
— le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres — a engagé 16,2 milliards de dollars à l’appui des pays qui en avaient le plus besoin pour faire face à leurs problèmes les plus épineux.

Il sera de plus en plus important de collaborer avec le secteur privé pour être à la hauteur des besoins de financement qu’induisent nos objectifs de développement. IFC et la MIGA, nos deux institutions qui se consacrent au développement du secteur privé, redoublent d’efforts en ce sens. IFC a consenti des financements d’un montant record en faveur du développement du secteur privé — soit environ 18,8 milliards de dollars, dont 7,7 milliards de dollars mobilisés auprès de partenaires d’investissement. Les investissements d’IFC dans les pays fragiles ou touchés par un conflit se sont élevés à près d’un milliard de dollars, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à l’exercice précédent. La MIGA a émis des garanties contre des risques politiques et pour l’amélioration des termes du crédit à hauteur de 4,3 milliards de dollars en appui à divers investissements, 45 % de son portefeuille d’opérations en cours étant consacrés à des pays admis à emprunter à l’IDA et 10 % à des pays touchés par des conflits ou en situation de fragilité.

Les progrès que nous avons accomplis au cours des dernières décennies montrent que nous sommes la première génération dans l’histoire de l’humanité qui puisse mettre un terme à l’extrême pauvreté. C’est pour nous à la fois un grand défi à relever et une grande occasion à saisir. Je reste optimiste et convaincu que nous pouvons répondre à ce défi — une région, un pays et une personne à la fois — et créer un monde plus prospère et solidaire pour tous grâce à la volonté commune du Groupe de la Banque mondiale, des pays membres de notre institution et des partenaires internationaux.

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Jim Yong Kim

Président du Groupe de la Banque mondiale
et Président du Conseil des Administrateurs

Les 25 Administrateurs du Conseil permanent, représentant les 189 pays membres de la Banque mondiale, sont responsables de la conduite des opérations générales de la Banque mondiale, fonction qu’ils exercent en vertu des pouvoirs qui leur sont délégués par le Conseil des Gouverneurs. La Banque mondiale se compose de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA). Les Administrateurs choisissent le Président du Conseil. La durée du mandat du Conseil actuel va de novembre 2014 à octobre 2016.

Les Administrateurs ont pour mission importante de guider les opérations générales et de définir l’orientation stratégique de l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale, représentant les points de vue des pays membres sur le rôle de la Banque. Ils examinent et statuent sur les projets de prêts, de crédits, de dons et de garanties de la BIRD et de l’IDA proposés par le Président, ainsi que sur les nouvelles politiques, le budget administratif et d’autres questions opérationnelles et financières. Ils examinent également les Cadres de partenariat-pays — principal outil utilisé par la direction et le Conseil pour étudier et guider la collaboration du Groupe de la Banque avec les pays clients et l’appui apporté aux programmes de développement. En outre, les Administrateurs sont chargés de présenter au Conseil des Gouverneurs les comptes vérifiés, un budget administratif et le Rapport annuel de la Banque mondiale sur les résultats de l’exercice écoulé.

Le Conseil compte cinq comités permanents : le Comité d’audit, le Comité du budget, le Comité pour l’efficacité du développement, le Comité des questions administratives concernant la gouvernance et les Administrateurs, et le Comité des ressources humaines. Les Administrateurs siègent à un ou plusieurs de ces comités, qui aident le Conseil à s’acquitter de sa mission de supervision en procédant à un examen attentif des politiques et des pratiques de l’institution. Le Comité directeur des Administrateurs se réunit deux fois par mois pour examiner le programme de travail stratégique du Conseil.

Les Administrateurs se rendent périodiquement dans les pays membres pour apprécier par eux-mêmes les difficultés économiques et sociales des pays, observer le déroulement des projets financés par la BIRD et l’IDA, et discuter avec les responsables gouvernementaux de la manière dont ceux-ci évaluent la collaboration avec le Groupe de la Banque. Durant l’exercice 16, les Administrateurs se sont rendus au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, en Mauritanie, aux Philippines, en République démocratique du Congo, au Sénégal, au Sri Lanka et au Viet Nam. Ils ont également rendu visite aux réfugiés syriens et aux communautés d’accueil en Jordanie et au Liban.

Par l’intermédiaire de ses comités, le Conseil entretient un dialogue sur l’efficacité des activités de la BIRD et de l’IDA avec le Panel d’inspection et le Groupe indépendant d’évaluation, qui rendent compte directement au Conseil.

Réalisations du Conseil durant l’exercice 16

Les activités des comités durant l’exercice écoulé ont été marquées notamment par le travail du Comité d’audit sur diverses propositions visant à renforcer la capacité financière de la BIRD, l’IDA et la MIGA, et à maîtriser les risques financiers et d’autre nature pour le Groupe de la Banque mondiale. Le Comité du budget a prêté son concours à la mise en œuvre concluante du processus de budgétisation en forme de « W » et à l’examen des dépenses du Groupe de la Banque, et il a fourni des orientations sur la viabilité financière de l’institution. Le Comité pour l’efficacité du développement s’est penché sur les questions relatives à l’orientation stratégique du Groupe de la Banque et à la qualité et aux résultats des opérations financées par la Banque, notamment la modernisation du cadre environnemental et social de la Banque mondiale, les examens externes du Groupe indépendant d’évaluation, le Plan d’action pour les forêts du Groupe de la Banque mondiale, et le processus d’examen rétrospectif du financement à l’appui des politiques de développement. Les travaux du Comité des questions administratives concernant la gouvernance et les Administrateurs ont porté sur l’élaboration d’une formule dynamique de répartition du capital de la BIRD, dans le cadre de la réalisation de l’Examen de la répartition du capital de 2015. Le Comité des ressources humaines a examiné diverses questions ayant trait à la stratégie du Groupe de la Banque en matière de ressources humaines. Il s’est notamment penché sur les plans de carrière, l’assistance financière, l’architecture des contrats, le personnel employé à court terme, la dotation stratégique en personnel, et la diversité et l’inclusion.

Le Conseil s’attache tout particulièrement à aider à réaliser les objectifs consistant à mettre fin à l’extrême pauvreté et à promouvoir une prospérité partagée de manière durable. À cet effet, au cours de l’exercice 16, il a notamment travaillé avec la direction à la formulation d’une vision à moyen et à long termes du rôle du Groupe de la Banque mondiale dans un paysage du développement mondial en pleine mutation, comme l’a demandé le Conseil des Gouverneurs dans l’Examen de la répartition du capital de 2015. Le soutien du Conseil s’appuie également sur la collaboration avec les partenaires dans le cadre du Sommet mondial sur l’action humanitaire, de la 21e Conférence des Parties
(COP 21) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), du Sommet sur le développement durable des Nations Unies tenu en 2015, du financement du développement, du processus de reconstitution des ressources de l’IDA, et des objectifs de développement durable. Les travaux consistaient notamment à examiner l’évolution de la Banque et les autres changements qu’elle peut opérer afin de s’assurer qu’elle demeure une institution de développement mondial de premier plan, ainsi que les moyens de renforcer sa situation financière. Ces discussions se concluront par les Assemblées annuelles de 2016.

Le Conseil use de plusieurs méthodes pour superviser le travail de la direction et guider cette dernière vers la réalisation des objectifs de la Banque. Au cours de l’exercice 16, le Conseil a examiné des sujets importants pour les opérations de la Banque, au nombre desquels les déplacements forcés de populations ; l’incidence de la baisse des prix du pétrole sur l’économie mondiale ; les insuffisances de données sur le développement ; la gestion de la transition énergétique pour répondre aux objectifs relatifs à la croissance, à la pauvreté et au climat ; la prise en compte systématique de la gestion des risques de catastrophe ; les objectifs de développement à l’ère de l’évolution démographique ; le logement au niveau mondial ; l’impact sur le développement par le biais du tourisme ; l’inclusion financière ; les entreprises publiques ; les flux financiers illicites ; et les vulnérabilités de la dette publique dans les pays à faible revenu. Le Conseil a également délibéré sur des questions internes importantes, telles que l’avenir du Groupe de la Banque mondiale (sur le moyen et le long termes) ; les fiches de performance institutionnelles ; l’aide de l’IDA ; les emprunts non concessionnels ; la mise en œuvre du nouveau cadre de la passation des marchés ; la viabilité financière du Groupe de la Banque mondiale ; la stratégie régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ; les priorités stratégiques concernant la fragilité, les conflits et la violence ; le Plan d’action sur le changement climatique ; et la Stratégie du Groupe de la Banque mondiale en matière de genre. Le Conseil a passé en revue les conclusions du Rapport sur le développement dans le monde 2016 : les dividendes du numérique, et les enseignements à en tirer sur le plan des opérations, et attend avec intérêt l’édition de 2017 qui traitera de la gouvernance et de la loi.

En outre, les Administrateurs ont approuvé plusieurs ripostes face à des crises ou à des situations d’urgence pour un large éventail de clients, dont l’Équateur, l’Irak, le Mozambique, le Myanmar, le Pakistan et la Sierra Leone. Ils ont également approuvé le Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie, une mesure concrète en réponse à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Le Conseil s’est également félicité du rapport du Groupe indépendant d’évaluation sur les résultats et les performances du Groupe de la Banque mondiale intitulé Results and Performance of the World Bank Group 2015, et des rapports du Panel d’inspection concernant le Kenya, le Kosovo, la Mongolie, le Népal et l’Ouganda. Le Conseil a également salué l’adhésion de l’Irak au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) et de la République de Nauru à la BIRD et au CIRDI, et il a félicité la République de Corée pour sa sortie du régime BIRD.

Dans l’ensemble, au cours de l’exercice 16, le Conseil a approuvé des aides financières représentant environ 45,9 milliards de dollars, dont environ 29,7 milliards de dollars de prêts de la BIRD et environ 16,2 milliards de dollars d’appui de l’IDA. Les Administrateurs ont également examiné 75 produits de la collaboration avec les pays. Le Conseil a approuvé le budget administratif de la Banque mondiale, qui s’établit à 2,5 milliards de dollars pour l’exercice 17.


Les Administrateurs du Conseil permanent




Le Groupe de la Banque mondiale