Interventions à l’échelle mondiale

Faire avancer le programme de développement mondial par de nouveaux moyens d’intervention

L’exercice 15 avait été marqué par des programmes ambitieux et des accords internationaux historiques. Durant l’exercice 16, les espérances étaient grandes que la communauté internationale commence à tenir ses promesses, et relève en particulier les défis les plus redoutables auquel le monde ait jamais été confronté, alors que de forts vents contraires soufflaient sur l’économie. Dans ce contexte, le Groupe de la Banque mondiale — la BIRD, l’IDA, l’IFC et la MIGA — a commencé à envisager de nouveaux moyens d’intervenir et collaborer dans un monde en rapide évolution.

Mettre à profit son rôle prépondérant

Le Groupe de la Banque mondiale a été une force de transformation dans plusieurs domaines. En partenariat avec les Nations Unies et la Banque islamique de développement, il a lancé un nouveau mécanisme de financement pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui apporte des financements concessionnels aux pays à revenu intermédiaire qui accueillent la majorité des réfugiés syriens comme la Jordanie et le Liban. À la conférence de soutien à la Syrie et à la région qui s’est tenue à Londres, Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, a annoncé une initiative conjointe avec le Gouvernement jordanien et le ministère du Développement international du Royaume-Uni visant à attirer des financements internationaux en échange de l’octroi de permis de travail à des réfugiés. Cette proposition sans précédent serait avantageuse à la fois pour les pays hôtes et pour les personnes déplacées de force. Grâce au leadership de Jim Yong Kim et au concours d’alliés, tels que Christine Lagarde, directrice générale du FMI, le Groupe de la Banque mondiale a œuvré au cours de l’exercice écoulé pour mettre en évidence les difficultés économiques importantes que pose la crise syrienne et montrer qu’il s’agit d’une responsabilité collective et que la communauté internationale se doit d’agir. La participation de la Banque mondiale au premier Sommet mondial sur l’action humanitaire à Istanbul a reflété la volonté de l’institution de lutter contre les crises durables et récurrentes dans le cadre de son mandat, et d’œuvrer pour compléter les actions humanitaires et les mesures de consolidation de la paix grâce à son aide au développement. Dans une déclaration conjointe publiée à cette occasion, sept banques multilatérales de développement ont annoncé leur engagement à réagir collectivement à la crise provoquée par les déplacements forcés.

Le Groupe de la Banque mondiale a mis à contribution sa présidence du groupe des banques multilatérales de développement en 2016 pour faire progresser les actions dans les domaines des migrations forcées, des changements climatiques et des infrastructures, l’objectif étant d’aller au-delà des accords internationaux pour obtenir des résultats opérationnels appréciables. Sur ces trois questions, neuf banques multilatérales de développement ont adopté une position commune assortie d’engagements concrets à agir. Le Groupe de la Banque mondiale a été un moteur de progrès, par exemple en coorganisant le premier Forum mondial sur les infrastructures, dans le droit fil du Programme d’action d’Addis-Abeba. Plus généralement, le Groupe de la Banque mondiale a plaidé en faveur de l’intégration de nouveaux membres — la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, la Nouvelle banque de développement et la Banque islamique de développement — dans le groupe des présidents des BMD, reconnaissant que la collaboration est le seul moyen de progresser pour relever les défis communs.

Les Réunions de printemps et les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale demeurent une plate-forme mondiale importante qui réunit les partenaires et fait avancer les questions prioritaires. Les Réunions de printemps de 2016 ont été l’occasion d’engagements fondamentaux dans plusieurs domaines, notamment les déplacements forcés, l’autonomisation des filles et des femmes et le financement du développement. Lors d’un événement phare, la Reine Rania de Jordanie a fait une intervention émouvante sur le coût humain des déplacements forcés. Cette manifestation a rassemblé le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, et d’autres acteurs majeurs afin de forger un consensus mondial autour de la nécessité d’apporter une réponse intégrée, à la fois dans le domaine humanitaire et dans celui du développement. La Première dame des États-Unis, Michelle Obama, a lancé un appel passionné en faveur de l’éducation et de l’autonomisation des filles, tandis que le Président Jim Yong Kim a annoncé 2,5 milliards de dollars d’investissements sur cinq ans dans des projets d’éducation ciblant les filles. Les Réunions de printemps de 2016 se sont achevées par une discussion de haut niveau à laquelle a participé Bill Gates, qui a décrit comment il envisageait l’avenir du financement du développement et a fermement soutenu l’importance de l’IDA dans l’obtention de résultats sur le plan du développement. Les 200 parlementaires réunis la même semaine à l’occasion de la conférence annuelle du Réseau parlementaire sur la Banque mondiale et le FMI ont confirmé ce soutien. La direction du Réseau a reconnu le rôle significatif que joue l’IDA dans le développement économique des pays pauvres.

Forger des alliances

Les initiatives de sensibilisation thématiques du Groupe de la Banque mondiale jusqu’à la fin de l’exercice 16 associent un cercle de plus en plus divers de partenaires. L’institution a uni ses efforts à ceux d’une coalition toujours plus grande afin de faire des investissements dans les premières années de la vie d’un individu une priorité en vue d’assurer la croissance économique et la compétitivité des pays. À la réunion annuelle du Conseil consultatif des Fondations du Groupe de la Banque mondiale, les présidents des fondations internationales ont annoncé qu’ils apportaient leur soutien à une alliance récemment forgée entre le Groupe de la Banque mondiale et l’UNICEF visant à faire progresser les interventions programmatiques et les efforts de sensibilisation au niveau mondial en faveur du développement des jeunes enfants. Par ailleurs, le Groupe de la Banque mondiale a lancé un partenariat mondial avec la Fondation Novak Djokovic en tirant parti de sa collaboration opérationnelle dans le domaine du développement des jeunes enfants en Serbie.

En prélude aux négociations sur le climat de la 21e Conférence des Parties (COP 21) à Paris, le Groupe de la Banque mondiale a accéléré sa collaboration avec les dirigeants de la planète et le secteur privé afin d’inciter à tarifer la pollution due au carbone. Durant l’exercice 16, le Groupe de la Banque mondiale a été le fer de lance de la Coalition pour la tarification du carbone, créée à Paris à la COP 21 et qui rassemble 20 pays et plus de 90 entreprises internationales. Cet engagement a été couronné en avril 2016 lorsque le président Jim Yong Kim, de concert avec six chefs d’État et Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ont appelé le monde à doubler le volume mondial d’émissions concernées par la tarification du carbone d’ici à 2020.

Toujours à la veille de la COP 21, le Groupe de la Banque mondiale a conclu une alliance avec le Vatican, qui est devenu un acteur influent dans le domaine des changements climatiques après la publication par le pape François de l’encyclique Laudato Si. Avec le concours du Vatican, et en partenariat avec plusieurs organisations, le Groupe de la Banque mondiale a mis en scène le spectacle « Fiat Lux : illuminer notre maison commune » sur la place Saint-Pierre.

Alors que le Groupe de la Banque mondiale intensifie son action et son rôle prépondérant sur la scène internationale, il reconnaît qu’il est fondamental de renforcer les interventions au niveau des pays. Durant l’exercice 16, il a déployé des efforts en vue d’articuler les initiatives mondiales de sensibilisation avec les actions locales et de coopérer avec les parties prenantes au niveau national. Ainsi, le Groupe de la Banque mondiale a attiré l’attention sur son objectif de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici à 2030 dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté de l’ONU. Le président Jim Yong Kim s’est rendu au Ghana pour mettre en lumière le succès du pays sur le front de la réduction de la pauvreté. Par ailleurs, le Groupe de la Banque mondiale a rendu public le rapport intitulé Poverty in a Rising Africa, qui montre la nécessité de disposer de données de qualité sur le développement pour un suivi précis des résultats obtenus. La Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté marquera tous les ans, jusqu’à 2030, un point d’inflexion des efforts de sensibilisation à la pauvreté.

Au cours de l’exercice 16, le Groupe de la Banque mondiale a continué à renforcer sa collaboration opérationnelle avec la société civile et les organisations confessionnelles, à encourager une forte participation aux débats sur les politiques à mener, et à étudier plus en profondeur la collaboration opérationnelle sous tous ses aspects.

Cet exercice a également été marqué par le troisième cycle des consultations avec les parties prenantes sur les politiques de sauvegarde du Groupe de la Banque mondiale. Entre août 2015 et mars 2016, près de 3 000 parties prenantes ont été consultées dans 93 pays. Ces consultations sur les sauvegardes ont été les plus vastes réalisées par le Groupe de la Banque mondiale, et s’inscrivaient dans le cadre de sa détermination à appliquer des politiques environnementales et sociales solides, qui sont essentielles pour atteindre son double objectif. Après la conclusion des consultations officielles, le Forum de la société civile réuni à l’occasion des Réunions de printemps de 2016 a été une nouvelle occasion pour les organisations de la société civile d’attirer l’attention du Groupe de la Banque mondiale sur plusieurs questions, notamment la fiscalité, les intermédiaires financiers, le rétrécissement de l’espace laissé à la société civile, et les droits de l’homme.

Parallèlement à ses propres efforts de sensibilisation, la démarche consistant à mesurer systématiquement la façon dont les parties prenantes perçoivent son action reste une priorité pour le Groupe de la Banque mondiale. Il poursuit donc son enquête auprès de 7 000 à 10 000 personnalités influentes dans environ 40 pays clients chaque année, dans le cadre de son programme d’enquêtes d’opinion auprès des pays. Ces enquêtes montrent une fois de plus que l’action du Groupe de la Banque mondiale modifie le cours des choses ; les personnes interrogées qui disent collaborer avec la Banque mondiale ont généralement une opinion plus positive de son travail et de ses initiatives de sensibilisation. Par ailleurs, il convient de noter qu’un pourcentage significatif de personnalités influentes continue d’indiquer que la Banque ne doit pas limiter ces initiatives aux pouvoirs publics si elle veut être plus efficace. L’approche innovante des interventions de la Banque mondiale à l’échelle mondiale répond à cette demande.




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