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Aperçu des initiatives de la Banque mondiale

Que fait la Banque mondiale ?

Dernière mise à jour : septembre 2012

Contexte

Comme le souligne l’édition 2013 du Rapport sur le développement (a) dans le monde, l’emploi est l’une des pierres angulaires du développement et le pivot qui relie niveau de vie, productivité et cohésion sociale, soit autant de facteurs indispensables à une croissance sans exclus. Mais les possibilités réelles de créer des emplois, à une période donnée, ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. Ainsi, il y a trente ans, le Mexique et la Corée se trouvaient à un stade de développement comparable. Or, aujourd’hui, la situation de l’emploi dans ces deux pays est radicalement opposée, en raison de différences sur le plan de la démographie, des investissements, des politiques publiques et d’une multitude d’autres éléments. Ce qu’il convient de faire pour l’emploi dépend donc de chaque pays et du contexte.

Si l’on se place au niveau mondial, on constate qu’il ne se crée pas suffisamment de bons emplois. Sur une grande partie du globe, la croissance économique reste atone au lendemain de la crise financière. Plus de 200 millions de personnes sont au chômage, 30 autres millions ne font plus partie de la population active à la suite de la crise et plus de 1,5 milliard (soit la moitié de l’ensemble des travailleurs) ont un emploi qui ne génère qu’un revenu modeste, voire aucun revenu.

Outre ces difficultés à court terme, les pays à revenu intermédiaire ou faible souffrent de problèmes structurels. Les femmes y ont moins de probabilités de trouver du travail et, dans beaucoup de pays, le nombre de jeunes chômeurs ne cesse d’augmenter. Phénomène encore plus préoccupant, une poussée démographique rendra bientôt absolument impérative la création d’emplois : d’après les estimations du Rapport sur le développement dans le monde, rien que pour maintenir les taux d’emploi, il faudra 600 millions d’emplois nouveaux sur une période de 15 ans.


Les axes d’action

Si les politiques susceptibles de créer des emplois de meilleure qualité seront différentes selon les pays, elles consisteront cependant, en règle générale, en des interventions sectorielles visant les objectifs suivants : améliorer les mesures d’incitation qui encouragent la création d’entreprises ou le développement de celles qui existent déjà ; accroître la productivité des petits entrepreneurs ; encourager l’innovation et les compagnies à fort potentiel de croissance ; renforcer les qualifications de la main-d’œuvre ; élargir la couverture des systèmes de protection des travailleurs ; faciliter l’insertion professionnelle des jeunes et des inactifs ainsi que la sortie du chômage ou le passage d’un emploi peu productif à un emploi à productivité élevée.

Les emplois tiennent une place centrale dans l’objectif fondamental du Groupe de la Banque mondiale, qui vise à combattre la pauvreté et à améliorer les niveaux de vie. Le Groupe de la Banque fait bénéficier les pays partenaires d’un dispositif unique en son genre, qui inclut le savoir sur le développement à l’échelle mondiale, des analyses reposant sur des données factuelles, une assistance technique, des mécanismes de renforcement des capacités et des financements destinés à la fois au secteur public et au secteur privé, par la mise à profit des avantages comparatifs de ses institutions spécialisées: la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)/l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (a) (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (a) (MIGA).

En outre, via sa Plateforme de savoirs sur l’emploi (a), le Groupe de la Banque facilite l’échange d’informations entre autorités nationales, intervenants de terrain, universitaires, travailleurs et employeurs sur les interventions qui ont pour finalité de remédier aux problèmes d’emploi. En 2012, le Groupe de la Banque a également participé à un forum Sud-Sud sur le partage des connaissances, axé sur l’emploi, qui a réuni des intervenants de terrain afin de mieux comprendre comment les pays élaboraient leurs stratégies pour l’emploi.

En 2012, le Groupe de la Banque a présenté l’édition 2013 du Rapport sur le développement dans le monde (a), consacré au thème de l’emploi et, plus précisément, à l’étude de la relation entre l’emploi et les dimensions du développement économique et social. Ce rapport propose aussi des outils d’analyse qui permettent de déceler les freins à la création durable d’emplois et examine les différences dans la nature des emplois. Il s’accompagnera de rapports régionaux qui aideront les pays à diagnostiquer et à éliminer les obstacles à la création d’emplois de meilleure qualité.

Par ailleurs, le Groupe de la Banque apporte une assistance technique sur les aspects suivants : salaire minimum et assurance chômage ; travaux publics, services d’emploi et formation ; réforme du secteur financier et accès au crédit ; essor de la croissance et de la compétitivité au moyen de l’innovation, de l’infrastructure et du développement rural ; et appui aux petites entreprises et aux travailleurs indépendants.

Le Groupe de la Banque est de plus en plus sollicité par les pays pour l’octroi de financements dans le secteur de l’emploi. Face à la crise financière mondiale, il a augmenté ses prêts dans ce secteur, pour les porter à 634 millions de dollars, en moyenne annuelle, sur 2009-2011, contre 477 millions sur la période 1998-2008. Entre 1998 et 2011, il a soutenu la création d’emplois et la protection des travailleurs dans 103 pays, avec une enveloppe de financements totalisant 7,14 milliards de dollars (5,46 milliards en prêts de la BIRD, 1,64 milliard en crédits de l’IDA et 38 millions en dons). De son côté, l’IFC, qui conseille gouvernements, industries et entreprises en se concentrant sur l’amélioration du climat d’investissement, les partenariats public-privé, l’accès aux financements et la formulation de recommandations pour la pérennité des activités, a relevé ses engagements de 8 à 15,5 milliards de dollars par an entre les exercices 2006 et 2012, et progressé dans la mobilisation de ressources additionnelles, qui représentent aujourd’hui 4,9 milliards de dollars ; à leur tour, les bénéficiaires de ces fonds ont pu créer 2,2 millions d’emplois. Dans le même temps, la MIGA a accru de 50 % ses émissions de garanties pour promouvoir l’investissement direct étranger, en les faisant passer de 1,4 à 2,1 milliards de dollars.


Les résultats dans les pays

L’appui et les conseils du Groupe de la Banque aux pays ont permis d’obtenir un certain nombre de résultats, dont voici un aperçu :


Réduction du chômage des jeunes

  • En Afghanistan, en Jordanie, en République démocratique populaire lao, au Libéria, au Népal, au Rwanda, au Soudan du Sud et au Népal, plusieurs projets améliorent les débouchés professionnels des jeunes femmes en renforçant leurs compétences et leur accès au marché du travail, aux terres cultivables, à la technologie, au crédit et aux services d’infrastructure.
  • En République dominicaine, les pouvoirs publics renforcent les compétences techniques et pratiques ainsi que l’expérience professionnelle de 13 000 jeunes de 16 à 29 ans.
  • Le Libéria crée des emplois temporaires pour les jeunes grâce à un programme « argent contre travail » et les aide à acquérir des compétences professionnelles adaptées.
  • En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les pouvoirs publics ont mis en place un programme qui procure un emploi temporaire et une formation professionnelle à des milliers de jeunes défavorisés à Port Moresby, tout en luttant contre la criminalité qui ravage la ville.
  • En Tunisie, un programme favorise l’insertion professionnelle d’environ 140 000 jeunes sortis de l’école, grâce à des bourses, des formations, des conseils d’orientation, une aide à la recherche d’emploi et des subventions salariales.
  • En Ouganda, plus de 6 000 jeunes chômeurs ont créé leur entreprise et amélioré leurs conditions de vie.


Adoption de réformes visant la protection des travailleurs

  • Au Bhoutan, un nouveau code du travail améliore les conditions de travail et les relations professionnelles.
  • Le Brésil, le Chili et la Colombie mettent en place des systèmes de comptes d’épargne pour l’assurance chômage afin d’inciter les individus à trouver un emploi et à le garder.
  • En Malaisie, le Groupe de la Banque a aidé les autorités à instituer le tout premier salaire minimum national.


Amélioration des systèmes d’emploi et de formation

  • L’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Serbie modernisent leur service national de l’emploi et d’inspection du travail et améliorent leur législation sur la protection des travailleurs.
  • En Bulgarie, plus de 700 000 personnes bénéficient des améliorations apportées aux services de l’emploi, à la formation, à l’appui aux petites entreprises et à la planification du développement économique local.
  • En Chine, certaines provinces assurent des formations, développent les informations sur le marché du travail et les services publics de l’emploi pour les migrants venus des campagnes, améliorent les conditions de travail des migrants, sensibilisent aux droits des travailleurs et soutiennent les services juridiques destinés aux migrants.
  • Au Salvador, un programme garantit un revenu minimum aux ménages urbains pauvres, et finance la participation à des projets municipaux en accordant la priorité aux services sociaux et aux formations innovantes.
  • L’Inde a mis en place un programme de développement professionnel et d’accompagnement ciblant des entrepreneurs défavorisés. Depuis sa création, plus de 1 200 jeunes entrepreneurs en ont bénéficié, générant plus de 11 700 emplois.
  • En Turquie, le gouvernement a engagé des projets qui proposent des formations professionnelles de qualité.


Pour en savoir plus :



(a)
indique une page en anglais.