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Discussion en direct avec Dan Biller et Milan Brahmbhatt sur la situation en Extrême-Orient - 7 mai 2007

Dix ans après la crise financière qui a anéanti l’Extrême-Orient au cours de l’année 1997, la région est plus riche, compte moins de pauvres et joue un rôle à l’échelle mondiale plus important que jamais auparavant. Ces données proviennent du dernier bulletin de la Banque mondiale sur l’Extrême-Orient et le Pacifique, un rapport publié tous les six mois sur la santé économique et sociale de la région. Mais la prospérité amène son lot de défis que les pays qui cherchent à éviter le « piège du revenu intermédiaire » doivent éviter.

Milan Brahmbhatt, auteur principal du rapport, et Dan Biller ont répondu à vos questions dans ce rapport.

Nous vous remercions de participer à cette discussion. En savoir plus sur ce rapport



Transcription

Lucie Lesaffre :
Quel rôle a joué l'aide publique étrangère au développement en Asie de l'Est ? A-t-elle, selon vous, été efficace pour la croissance des pays et la réduction de la pauvreté ? Quels sont, selon vous, les freins à cette efficacité ? Comment peut-on améliorer cette aide ?

Milan Brahmbhatt :
Traduction par la Banque mondiale :
What role has foreign aid played in the development of East Asia? Has it, according to you, effectively helped economic growth and poverty reduction? What are, according to you, the checks on this effectiveness? How can this aid be improved?

Le rôle de l’Aide publique au développement (APD) en Extrême-Orient n’a pas toujours été ce qu’il est aujourd’hui et varie grandement d’un pays à l’autre. Pour l’ensemble de la région, l’APD est passée à moins de 10 milliards de dollars par an, ce qui correspond à environ 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) seulement. Cela représente une baisse d’environ 1 % par rapport au PIB des années 1970 et 1980. Cela représente également bien moins que la moyenne pour l’ensemble des pays en voie de développement, qui correspond également à environ 1 % du PIB.

D’un point de vue historique, de nombreux pays d’Extrême-Orient ont utilisé l’APD de façon efficace pour entraîner une croissance rapide et, avec le temps, ont pu s’en passer de plus en plus. Dans les années 1960, la Corée, par exemple, bénéficiait d’une APD correspondant à plus de 5 % de son PIB. Celle-ci est tombée à zéro dans les années 1980 et 1990, et la Corée est maintenant en mesure d’offrir une aide extérieure. Dans la plupart des économies à revenu intermédiaire de la région, l’APD est passée à moins de 0,5 % du PIB actuel. En Chine, par exemple, l’APD représente maintenant seulement 0,1 % environ du PIB.

La situation diffère toutefois d’un pays à l’autre. Comme on peut s’y attendre, les niveaux d’APD sont généralement plus élevés dans les économies à bas revenus de la région. Au cours des dernières années, l’APD correspondait, en moyenne, à environ 4 % du PIB au Viêtnam, et à 10 % - 15 % du PIB au Cambodge et en RDP lao. Dans certaines des économies des plus petites îles du Pacifique, l’APD peut même atteindre des niveaux plus élevés, parfois jusqu’à 30 % ou 50 % du PIB.

Les économies qui ont bénéficié de l’APD s’en sont généralement servies pour renforcer certaines conditions de base au développement, notamment l’enseignement et la santé, les infrastructures, les institutions et le gouvernement. Parallèlement, des réformes ont été entreprises pour encourager les entrepreneurs et les investissements dans le secteur privé. En d’autres termes, l’APD a fait office de tremplin pour lancer des réformes plutôt que de béquille pour éviter ou reporter les réformes.


Saral Seth :
À votre avis, quelle est la différence réelle entre les économies indienne et chinoise, et quel est le succès majeur que l’économie chinoise a remporté ? Est-il lié au gouvernement démocratique de l’Inde ? Je veux dire, la démocratie est-elle en train de détruire l’Inde ?

Milan Brahmbhatt :
Cette comparaison a suscité beaucoup d’intérêt au cours de ces dernières années, particulièrement en ce qui concerne la croissance supérieure de la Chine par rapport à l’Inde.

Les raisons qui sous-tendent la performance économique d’un pays sont toujours très complexes et impliquent l’histoire, la géographie, la culture, les institutions et les politiques. Et il est encore plus difficile d’apporter des réponses satisfaisantes en comparant la performance de pays qui peuvent être différents à tous ces égards.

Un premier aspect important à noter est que tandis que le taux de croissance de l’Inde était inférieur à celui de la Chine ; il s’est accéléré au cours de ces dernières années et s’est rapproché de celui de la Chine. La pauvreté est également en train de diminuer. Cela fait 30 ans que je me rends en Inde pratiquement chaque année. J’ai constaté des améliorations visibles par rapport au niveau de vie des gens.

L’un des éléments pouvant expliquer ces différences de croissance est peut-être simplement le fait que la Chine a entamé ses réformes en 1979, soit plus de dix ans avant l’Inde, qui a lancé les siennes en 1991.

L’une des conséquences de cette situation est que la Chine est aujourd’hui mieux intégrée à l’économie mondiale, que ses taux de commerce international et d’investissements étrangers directs (IED) sont nettement supérieurs et qu’elle bénéficie des avantages qui découlent de son intégration. La Chine a également été la première à construire ses infrastructures physiques. Toutefois, l’Inde progresse également dans cette direction, et la partie est loin d’être finie. Certains observateurs ont également remarqué que l’Inde possède certains avantages sur la Chine. Par exemple, ses systèmes de gouvernance d’entreprise, son droit commercial et autres infrastructures souples sont en place depuis plus longtemps que ceux de la Chine et sont, par conséquent, mieux développés. L’inégalité des revenus est également moins marquée en Inde qu’en Chine.

Le dernier aspect que je souhaite souligner est la question de la démocratie et son rôle dans le développement. Il faut commencer par noter que beaucoup de gens considèrent que la démocratie en elle-même est quelque chose de bien, sans tenir compte de sa relation avec l’économie. Le fait de pouvoir choisir son gouvernement et de décider des politiques de son pays est quelque chose qui contribue à la dignité et à la valeur personnelle de l’individu, et cet aspect est apprécié en tant que tel.

Bien sûr, les gens accordent aussi de la valeur à d’autres éléments, tels que la sécurité et la prospérité économique. Dans ce cas-là, l’observation de différents pays indique qu’il n’existe aucune relation claire ou simple entre la démocratie et la croissance économique. En fait, les taux de croissance moyens à long terme dans les pays démocratiques ne sont ni plus élevés ni plus bas que dans les pays non démocratiques. On sait toutefois que la croissance est moins volatile dans les pays démocratiques que dans les pays non démocratiques et aussi, que les démocraties sont plus en mesure d’absorber les chocs économiques, car elles possèdent de meilleures institutions permettant de gérer les conflits sociaux qui peuvent s’intensifier en cas de choc ou de crise.


DR PRABIR DUTTA :
Les secteurs de l’agro-industrie présentent les taux de pauvreté les plus élevés d’Asie. La productivité agricole ou les secteurs qui ne relèvent pas de l’agro-industrie sont-ils en mesure de résoudre le problème de la pauvreté dans cette partie du monde ?

Dan Biller :
Quatre points me paraissent ici importants à relever. Il est vrai que la pauvreté rurale est plus importante que la pauvreté urbaine en Extrême-Orient. Il faut également remarquer que la population extrême-orientale est en grande partie rurale, ce qui risque toutefois de changer au cours des 20 prochaines années.

Le deuxième aspect important est que les villes d’Extrême-Orient attirent les pauvres des régions rurales comme des aimants. Dans certains pays, les industries qui dépendent de la main-d’œuvre peu qualifiée sont en plein essor au même titre que les économies d’Extrême-Orient. Dans ces pays, certaines régions continueront à constituer des pôles d’attraction pour les populations rurales et pourront chercher à mieux canaliser ce flux de migrants en équilibrant leur croissance économique.

Dans d’autres pays, la surpopulation des pôles d’attraction et la dépendance des villes par rapport à l’économie d’une seule région urbaine indiquent également la nécessité de mieux équilibrer la croissance.

Enfin, il faut tout de même reconnaître que les villes constituent une force majeure dans la lutte contre la pauvreté menée par cette région.


Mali :
Quelles sont les implications possibles de l’approvisionnement en eau et en nourriture pour l’essor des régions urbaines ?

De quelle façon les logements devront-ils être attribués afin d’éviter la création de ghettos urbains ?

Dan Biller :
Je pense que ces deux questions sont fondamentales par rapport à la question de l’urbanisation, et je voudrais commencer par répondre à la deuxième question : De quelle façon les logements devront-ils être attribués afin d’éviter la création de ghettos urbains ?

Selon la réponse précédente que je viens d’apporter, comme je l’ai mentionné, il est important de gérer ou de canaliser le flux des migrants. Certains pays de la région essaient d’y faire face en mettant en œuvre différents moyens d’action, avec le risque de produire des effets inattendus comme la modification des termes d’échange entre les régions rurales et urbaines.

L’autre aspect de la question concerne les régions urbaines. L’approvisionnement des logements dans les villes est influencé par plusieurs facteurs. Certains, comme la disponibilité des marchés de crédit à long terme, sortent du champ de compétence des autorités locales ; pourtant, d’autres, comme l’aménagement urbain, les normes des logements et de l’infrastructure ainsi que les instruments économiques qui influencent les logements et les sites sont du ressort des autorités locales.

Pour éviter la ghettoïsation des zones urbaines, il faut disposer d’instruments politiques à l’échelle locale permettant de mieux équilibrer la croissance des villes et de maintenir les biens collectifs, tels que la lutte contre les inondations et autres services du même genre qui contribuent à améliorer les conditions de vie dans les villes.

Dans la première question pour le Mali, à savoir quelles sont les implications possibles de l’approvisionnement en eau et en nourriture pour l’essor des régions urbaines ?

En ce qui concerne la nourriture, il me semble qu’il s’agit d’un produit négociable, et la région est assez ouverte aux échanges commerciaux. Ainsi, comme cela est déjà le cas, il est probable qu’à l’avenir, la nourriture proviendra du commerce avec des pays possédant des avantages similaires en termes de production d’aliments.

D’un autre côté, il est beaucoup plus difficile de traiter l’eau comme un produit négociable, et dans certaines régions d’Extrême-Orient, l’eau est un problème grave. Certaines des métropoles de la région se trouvent dans des régions très arides où le manque d’eau est inquiétant. Par ailleurs, la pollution de l’eau diminue la quantité d’eau potable disponible pour l’usage général de la population urbaine et de différentes sources de croissance économique, comme les industries.

En général, les droits de propriété concernant l’eau sont très peu explicites dans le monde entier. À mon avis, pour apporter une solution à ce problème, il faudrait, au moins, clarifier les droits de propriété sur l’eau, soit, en d’autres termes, déterminer qui possède quoi pour ensuite permettre le commerce de l’eau et être en mesure d’appliquer les droits de propriété sur l’eau.

Des tarifs appropriés devraient également être fixés pour l’utilisation de l’eau dans les zones urbaines et rurales afin d’attribuer l’eau plus efficacement. Il faut aussi remarquer que très souvent, dans le monde entier, l’eau est utilisée pour des activités de peu d’importance.

Par ailleurs, il faudrait mettre en œuvre des outils et des régulations pour tenter de corriger les déficiences du marché en lien avec l’eau, comme la pollution de l’eau.



Elfi Moralita :
Vivre en Indonésieest plus difficile qu’auparavant. Il n’est pas facile de trouver du riz, les gens doivent faire la queue. L’alimentation en électricité n’est pas fiable, le kérosène est rare et surtout, il est difficile de trouver un bon emploi.

Milan Brahmbhatt :
Premièrement, il convient de noter que l’économie de l’Indonésie a été la plus touchée par la crise financière de 1997-1998. Cela a été suivi par une véritable révolution politique, marquée par le passage d’un régime autoritaire à une démocratie avec un niveau élevé de décentralisation.

Naturellement, il a fallu un certain temps pour que les nouvelles institutions commencent à fonctionner et pour regagner la confiance des investisseurs nationaux et étrangers.

Malgré tout, le gouvernement tente maintenant de mettre en œuvre des réformes pour, par exemple, créer un environnement propice aux investissements, renforcer le secteur financier, maîtriser la corruption et améliorer le respect des lois. Certaines réformes ont été plus difficiles à mettre en place que d’autres, comme, par exemple, la décision de diminuer les subventions pour les frais de carburant en 2005. Cela était nécessaire pour empêcher une augmentation ingérable du déficit financier du gouvernement, ce qui aurait pu altérer la confiance et pire encore, entraîner une versatilité économique. Le gouvernement a allégé l’impact de ces réformes en établissant un programme de transfert inconditionnel de fonds pour les démunis. Il est également en train d’augmenter les dépenses relatives aux programmes sociaux pour le bien-être de la communauté.

Les bénéfices tirés de ces réformes se font maintenant sentir. Les dépenses d’investissement et la croissance économique étaient en plein essor vers la fin de 2006. La croissance a dépassé 6 % au cours du dernier trimestre de 2006. Une croissance rapide et soutenue, sous-tendue par des politiques économiques et sociales inclusives et judicieuses, constitue le meilleur moyen d’améliorer l’ensemble du niveau de vie à long terme.


Emmanuel Kare :
Pourquoi la plupart des pays d’Extrême-Orient, tels que Singapour et la Malaisie, progressent-ils si rapidement alors que d’autres pays comme la PNG, qui est un pays riche en ressources naturelles, sont en train de devenir des États ingouvernables et ne se développent pas ?

Milan Brahmbhatt :
Nous devons commencer par remarquer que l’Extrême-Orient comporte une pluralité de niveaux et de conditions économiques, plus que dans la plupart des autres régions. Certaines économies telles que la Corée, Singapour, Hong-Kong et Taiwan (Chine) bénéficient déjà du statut de pays à revenus élevés, tandis que d’autres appartiennent toujours à la catégorie des bas revenus.

Il est toutefois vrai que bon nombre de ces économies ont réalisé des taux de croissance beaucoup plus élevés sur des périodes durables que la plupart des autres régions en voie de développement. Cette situation a été analysée sous tous les angles, mais les experts ne sont toutefois pas parvenus à un accord total sur les sources du prétendu miracle économique de l’Extrême-Orient. Mais bon nombre d’entre eux s’accorderaient sans doute sur les caractéristiques suivantes. La plupart des économies d’Extrême-Orient ont mis en place, et généralement suivi, ce qui est généralement considéré comme des principes et des politiques économiques sensés. Néanmoins - et c’est la partie la plus complexe - elles ont également fait preuve d’une grande créativité et d’une grande souplesse pour définir les formes institutionnelles nécessaires à la mise en œuvre de ces principes en fonction des conditions politiques et sociales respectives de ces pays.

Premièrement, les décideurs et l’élite de ces pays se sont mis d’accord et se sont concentrés sur la réalisation d’une croissance rapide et partagée. Le fait que tous les niveaux de la société puissent bénéficier de cette croissance est important, car cela signifie qu’une croissance élevée est, d’un point de vue social, plus durable à long terme. L’un des moyens utilisés par les pays d’Extrême-Orient pour assurer l’intégration sociale consistait à offrir un enseignement de base à tous et maintenant, petit à petit, un enseignement secondaire et tertiaire afin que des couches larges de la société puissent contribuer à la croissance et en bénéficier.

Deuxièmement, ces pays ont généralement suivi des politiques macroéconomiques prudentes, à savoir des déficits fiscaux limités, des politiques monétaires avisées et une inflation modeste. Ces politiques ont limité l’incertitude et la volatilité de l’économie et ont assuré une croissance soutenue sur de longues périodes.

Ils reçoivent généralement des encouragements de la part du secteur privé et assurent la protection des droits de propriété. Fondamentalement, cela signifie que les hommes d’affaires qui font des investissements risqués sont raisonnablement certains de pouvoir sécuriser le rendement de ces investissements plutôt que de se voir expropriés par les politiciens, les bureaucrates ou autres initiés influents. Généralement, ils ont également pris le parti d’exporter, ce qui implique que les entreprises se soumettent à la discipline imposée par la concurrence mondiale et soient sous une pression constante pour améliorer leur efficacité.

Enfin, les institutions gouvernementales de ces pays ont été raisonnablement compétentes et ont réussi à mettre en œuvre les politiques gouvernementales de manière efficace. Cet aspect est important dans le sens où les gouvernements d’Extrême-Orient ont souvent adopté des approches activistes pour redresser les déficiences du marché, par exemple, par le biais d’investissements publics, d’encouragements fiscaux ou autres instruments. Pour pouvoir être mises en œuvre avec efficacité, ces approches nécessitent des gouvernements compétents. Ces pays ont également appliqué ces interventions avec pragmatisme, en les évaluant sur la base de leur contribution au développement global, en procédant à des ajustements chaque fois que cela était nécessaire et de manière générale, en faisant attention à ce que ces interventions ne deviennent pas des sources majeures de gaspillage et de corruption.

Par rapport à la PNG, il faut remarquer que ce pays doit faire face à des conditions plus difficiles que dans la plupart des autres pays d’Extrême-Orient. À titre d’exemple, sa géographie est complexe. Elle est très montagneuse, ce qui ne facilite pas le transport ni les communications. La fragmentation sociale est extrême. Par exemple, 800 langues distinctes (pas seulement des dialectes) sont parlées dans cette région. Le développement du capital humain est faible.

Comme la question le souligne, les pays qui dépendent trop des ressources naturelles se retrouvent également confrontés à des problèmes particuliers. Les revenus provenant de ces ressources peuvent être facilement accaparés par des groupes d’intérêts limités au lieu d’être utilisés à des fins de développement plus larges. Les fluctuations affectant le cours des produits de base internationaux peuvent contribuer à une forte volatilité des dépenses, notamment des dépenses excessives et ruineuses durant les périodes de boom. Il est toutefois possible d’éviter cette situation. Par exemple, des pays comme la Malaisie et l’Australie ont utilisé leurs ressources naturelles avec succès pour soutenir leurs efforts de développement. Ils ont toutefois dû mettre en place des institutions gouvernementales de qualité, capables de gérer ces richesses naturelles avec discernement.


Dr Ashish Manohar Urkude :
M. Milan Brahmbhatt, qu’est-ce qui pourrait constituer ou avoir constitué des mesures préventives pour éviter le piège du revenu intermédiaire ? S’agit-il d’une phase temporaire ou va-t-elle durer longtemps ? De plus, qu’en est-il de ces personnes pauvres moins nombreuses que vous avez mentionnées ? Vont-elles bénéficier de cette situation une fois la phase de « piège du revenu intermédiaire » terminée ?

Milan Brahmbhatt :
Dans notre bulletin, nous avons considéré la question du prétendu piège du revenu intermédiaire comme faisant partie de notre évaluation de l’évolution de la région dix ans après la crise financière de l’Extrême-Orient, qui a débuté en 1997. Il est utile de posséder quelques connaissances sur le sujet. C’était--souvenons-nous, au moment de la crise, de la vision apocalyptique des prospects potentiels pour la région d’Extrême-Orient. Par exemple, selon de nombreux analystes, la région, le prétendu miracle de l’Extrême-Orient touchait à sa fin, la région allait perdre dix ans de sa croissance, suivant l’exemple de l’Amérique latine après sa crise de l’endettement.

En fait, les choses se sont produites très différemment sous bien des aspects. Des progrès incroyables ont au contraire été réalisés au cours des dix ans qui ont suivi la crise. Par exemple, la valeur du PIB de la région a doublé, les revenus réels par habitant ont augmenté de 75 % et ont dépassé les niveaux précédant la crise dans toutes les économies touchées par cette dernière.

La pauvreté a considérablement diminué. Avant la crise, le nombre de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour constituait 50 % de la population d’Extrême-Orient. Ce chiffre est maintenant tombé à environ 29 %, ce qui représente une amélioration spectaculaire.

Et selon nos estimations, d’ici à 2010, qui n’est qu’à quelques années de là, plus de 9 personnes sur 10 vivant en Extrême-Orient vivront dans un pays à revenu intermédiaire. Ce constat soulève plusieurs questions intéressantes, car les pays à revenu intermédiaire doivent faire face à des types de problèmes différents de ceux des pays à bas revenu.

Lorsque nous examinons de près la situation des pays en voie de développement dans le monde entier, nous remarquons que bon nombre de pays sont capables de passer du statut de bas revenu à celui de revenu intermédiaire, tandis que beaucoup moins de pays sont passés du statut de revenu intermédiaire à celui de revenu élevé. La raison retenue est que les pays à revenu intermédiaire doivent relever des défis beaucoup plus complexes, complexes en termes de logistique technique, en termes de maintien de la cohésion sociale, en termes de découverte d’une niche compétitive pour son pays sur le marché de l’économie mondiale, en termes de politique, etc.

Ainsi, par exemple, nous remarquons que de nombreux pays qui se trouvent, disons, en Amérique latine ont atteint le statut de revenu intermédiaire il y a des dizaines d’années, mais n’ont pas réussi à passer au statut de revenu élevé ou à conserver le statut de revenu intermédiaire très longtemps. De la même façon, on peut observer des économies similaires au Moyen-Orient.

Pour répondre à la question de savoir si les pays d’Extrême-Orient risquent de tomber dans ce piège, dans ce rapport, nous présentons trois défis auxquels la région doit faire face. Le premier que nous avons mentionné est le maintien d’une croissance soutenue. Et deux questions différentes se posent alors. D’un côté, il y a la Chine qui jouit d’un taux de croissance extrêmement rapide. Pour ce pays, la question n’est pas vraiment de renforcer la croissance, mais plutôt de maintenir une croissance élevée soutenue. Et nous constatons que tandis que la Chine a connu cette croissance formidable, elle a également accumulé un certain nombre de tensions et de déséquilibres, le cas le plus évident étant, par exemple, les coûts de protection de l’environnement. À l’heure actuelle, on estime que 20 villes sur les 30 villes les plus polluées du monde se trouvent en Chine. La croissance a également--des déséquilibres se sont également produits, par exemple, en raison d’une dépendance trop importante vis-à-vis de la consommation, des services en lien avec l’industrie, etc.

De fait, les autorités chinoises ont elles-mêmes pris conscience de cela et cherchent à rééquilibrer la croissance. Cela représente une première série de défis.

Dans d’autres pays d’Extrême-Orient, le défi à relever consiste - selon nos observations depuis la crise dans de nombreuses économies post-crise, la croissance a perdu quelques points de pourcentage par rapport à avant la crise. Cela semble dû, en partie, au taux d’investissement inférieur à ce qu’il était avant la crise. Et personne ne comprend vraiment bien pourquoi le taux d’investissement est inférieur dans une grande partie de l’Extrême-Orient, particulièrement dans les pays du centre de la région. Cela est peut-être dû à la progression extraordinaire réalisée avant la crise et à l’excès de capacité qui en résulte.

De plus, nous aurons peut-être des questions à poser lorsque nous prendrons connaissance des enquêtes effectuées auprès des entreprises. Des sociétés d’Extrême-Orient soulèvent également le problème de l’incertitude, notamment en raison de la macroinstabilité et du manque de clarté des politiques.

Nous pensons donc qu’il est nécessaire de prendre certaines mesures de façon à améliorer le climat d’investissement en Extrême-Orient. Il s’agit simplement de créer un environnement politique plus sûr tout en remédiant à certaines failles du climat d’investissement, de réduire les coûts inutiles engendrés par les formalités administratives et de se concentrer sur le renforcement des infrastructures. Par exemple, de nombreux pays font état du manque de travailleurs qualifiés ou formés. Il y a donc une demande d’amélioration de l’enseignement et de la formation de la force de travail, etc.

Ainsi, dans de nombreux domaines, les pays doivent se concentrer sur le renforcement du climat d’investissement, qui représente l’un des piliers du renforcement de la croissance à long terme.

Le deuxième défi important à relever pour éviter le piège du revenu intermédiaire est ce que nous appelons la difficulté à maintenir une cohésion sociale. D’après nos observations, bien que la pauvreté ait continué à baisser, parallèlement, les inégalités se sont accrues dans plusieurs économies d’Extrême-Orient, dans certains cas de manière très prononcée. Par exemple, les inégalités sont plus nombreuses en Chine, en Indonésie, aux Philippines, également au Viêtnam et dans d’autres économies, et c’est important car les inégalités prononcées peuvent, à long terme, entraver la croissance, notamment en créant une instabilité, des tensions, des tensions sociales, etc.

C’est une question difficile à cerner, car certaines causes de ces inégalités croissantes ont précisément un dénominateur commun avec les facteurs qui stimulent une croissance élevée. Ainsi, par exemple, l’adoption d’une nouvelle technologie tend à augmenter les inégalités, car celle-ci accroît la demande de main-d’œuvre qualifiée et, par conséquent, accroît également l’écart de salaires entre la main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée.
Un autre exemple similaire. En Chine, les zones urbaines se sont développées beaucoup plus rapidement que les régions rurales, car les zones urbaines sont bien plus intégrées à l’économie mondiale, bénéficient de plus d’investissements étrangers directs, etc. alors que la croissance des régions rurales est à la traîne.

Ainsi, la question est la suivante : comment les pays peuvent-ils s’attaquer à ces questions difficiles sans entraver leur croissance économique ? Par ailleurs, certains pensent que ces pays doivent aborder ces problèmes de front, par exemple, en améliorant l’enseignement. Si la mondialisation s’étend, si la technologie implique l’augmentation des travailleurs qualifiés, nous devrions alors les former en plus grand nombre et nous devons donc mettre l’accent sur les enseignements secondaire et tertiaire, et sur l’amélioration des formations offertes à la force de travail, etc.

Nous devons également penser en termes d’amélioration de l’accès au crédit pour les personnes démunies, car les pauvres survivent grâce aux petites entreprises -- sont plus en mesure de lancer leurs propres affaires, peuvent se partager les nouvelles opportunités créées. Nous devons penser en termes de réduction des obstacles entravant la route des travailleurs qui quittent la campagne pour la ville. Les salaires ont principalement augmenté en raison du déplacement des travailleurs vers la ville à la recherche de meilleures opportunités.

Enfin, nous pourrions également mentionner l’amélioration des systèmes de protection sociale en Extrême-Orient, par exemple, en termes d’aspects tels que l’assurance-emploi, l’assurance-maladie, la pension de retraite, les combinaisons d’assurance, etc.

Je parlerai du dernier point dans le cadre de la réponse à une autre question. Je reviendrai donc dessus plus tard, et cela concerne la maîtrise et la baisse de la vulnérabilité face aux crises financières. Cela constitue le troisième défi important que nous pensons que la région doit relever. Plusieurs questions s’y rapportent, et je peux soit en parler maintenant, soit y revenir un peu plus tard.


Happy Wambura :
Quel rôle les entreprises multinationales jouent-elles dans l’économie à croissance rapide de la Chine ?

Milan Brahmbhatt :
Comme nous le savons tous, la Chine a su attirer des volumes importants d’investissements étrangers directs (FDI), qui ont joué un rôle important dans sa stratégie de développement économique. Depuis le début des années 1990, les FDI nets encaissés par la Chine se sont montés à 20-40 milliards de dollars par an. Au cours des dernières années, ils sont passés à 50-70 milliards de dollars. Au milieu des années 1990, par rapport à la taille de son économie, les FDI encaissés correspondaient à 5-6 % du PIB, mais parallèlement au développement économique de la Chine, cette proportion a baissé à 3 % du PIB.

Les FDI ont joué un rôle particulièrement important dans le secteur de la fabrication, plus particulièrement en stimulant la croissance rapide des exportations de la Chine. Les multinationales ont non seulement contribué à constituer un capital d’investissement, mais - et cet aspect est peut-être encore plus important - elles ont aussi ouvert l’accès aux marchés et aux canaux de distribution des pays développés tout en facilitant l’entrée des nouvelles technologies et idées en Chine. Les FDI se sont maintenant déplacés vers le secteur des services, et cela stimulera peut-être encore un peu plus les opportunités de croissance de la Chine.


Yannick :
Est-ce que la technologie passe aujourd'hui comme la seule source de la croissance facilitant la pauvreté ?

Milan Brahmbhatt :
À long terme, l’accroissement de la productivité constituera le moteur central de l’amélioration du niveau de vie. L’adoption de nouvelles technologies est l’une des façons majeures de stimuler la productivité. L’Extrême-Orient s’est appliqué à encourager ses entreprises à adopter de nouvelles technologies.

Au niveau de base, de bonnes macropolitiques, des droits de propriété et d’autres facteurs ont visé à stimuler les entreprises pour qu’elles investissent dans les nouvelles technologies. Deuxièmement, les politiques orientées vers l’extérieur ont bénéficié aux entreprises d’Extrême-Orient, qui ont profité d’un niveau d’engagement élevé de la part de sociétés ayant leur siège dans des pays développés et donc porteuses et responsables de la mise au point de la plupart des nouvelles technologies. Cet engagement a permis aux entreprises d’Extrême-Orient d’absorber de nouvelles idées et technologies. Parfois, cet engagement se produit lorsque les entreprises d’Extrême-Orient tiennent le rôle de fournisseurs vis-à-vis des multinationales dans le cadre de leurs réseaux de production mondiale et d’autres fois, lorsqu’elles sont les bénéficiaires des investissements directs faits par ces multinationales étrangères. Troisièmement, une sous-population des pays d’Extrême-Orient a maintenant mis au point une R&D de pointe à l’échelle nationale et accru ses capacités d’innovation. Il s’agit par exemple de la Corée, Taiwan (Chine), de Singapour et de plus en plus, de la Chine.


M. WINDFIELD :
Pensez-vous que le dernier accord commercial interrégional en Extrême-Orient constituera une aide ou une entrave ?
Savez-vous de quelle manière l’Extrême-Orient pourrait éviter le « piège du revenu intermédiaire » ?
Avez-vous observé une sorte de schéma récurrent dans les pays qui tombent dans le « piège du revenu intermédiaire », et ce schéma s’est-il répété en Extrême-Orient ?

Milan Brahmbhatt :
J’ai répondu aux dernières parties de cette question lors de réponses précédentes. D’un autre côté, le commerce intrarégional s’est effectivement développé très rapidement. Il est toutefois intéressant de noter qu’une majeure partie de cette croissance s’est produite avant ou sans l’existence d’accords commerciaux régionaux (ACR). Elle a suivi l’évolution du marché et les décisions commerciales prises par les entreprises. L’Extrême-Orient est également l’une des régions principales à bénéficier de la libéralisation multilatérale du commerce mondial en vertu de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), et maintenant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’intérêt à former des ACR s’est également accru. L’impact des ACR dépendra beaucoup de la qualité de leur conception. L’un des aspects positifs des ACR est qu’il offre un forum pour la coopération régionale, particulièrement en libéralisant les services, en harmonisant davantage les régulations nationales et en apportant des réponses à la problématique transfrontalière afin d’éviter d’entraver le développement continu du commerce intrarégional. Ils peuvent, par exemple, accroître la cohérence des règlements régissant le traitement des investissements directs étrangers, les droits de propriété intellectuelle, la politique sur la concurrence et le développement des marchés financiers. Parallèlement, les ACR ne doivent pas augmenter la discrimination envers les non-membres pour éviter les effets de déplacement des courants commerciaux. Ils doivent également éviter de créer des règles d’origine complexes et incohérentes, qui auraient pour résultat d’augmenter les coûts commerciaux pour les entreprises en déviant peut-être les avantages prévus découlant des ACR.


Bo Vuthyearith :
Que s’est-il passé après dix ans ?
Et dix ans auparavant, comment se portait l’économie du Cambodge ?

Milan Brahmbhatt :
Dernièrement, l’économie du Cambodge se portait très bien, et sa croissance dépassait 10 % pendant trois années de suite. Elle repose sur quatre piliers : l’exportation de vêtements, le tourisme, la construction et l’agriculture. La pauvreté est également en train de diminuer.

Les réformes économiques ont permis d’accomplir des progrès importants dans différents domaines comme l’administration financière du secteur public, et de réduire les restrictions à l’importation. La réforme bancaire est également en progression. Il reste toutefois encore beaucoup à faire dans le domaine social, par exemple, dans les domaines de l’enseignement et de la santé.


Elizabeth S. Tan :
Les symptômes de la crise financière de 1997 sont présents : les monnaies asiatiques suscitent un regain d’intérêt ; l’immobilier et les produits de remplacement des importations sont en train de devenir moins chers que les articles d’exportation. Quo vadis ?

Milan Brahmbhatt :
Un certain nombre de questions ont été posées pour savoir si l’Extrême-Orient est vulnérable en cas de crise financière ou en passe de subir une autre crise de ce genre. Je dois avouer que je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette façon de voir les choses, dans le sens où les conditions actuelles sont, par bien des aspects, bien différentes de ce qu’elles étaient avant la crise de 1997. À cette époque, rappelez-vous que l’un des principaux points faibles était que les entreprises et les banques avaient contracté des dettes extérieures à court terme excessives, particulièrement en ce qui concernait les réserves de change que les pays tenaient à leur disposition. Les institutions financières dans bon nombre de ces pays n’étaient pas soumises à des règles strictes et ainsi, par exemple, après avoir contracté des emprunts importants à l’étranger, les banques et les autres institutions financières ont rapidement augmenté leurs prêts, souvent dans des joint-ventures hautement spéculatives. Ensuite, lorsque les investisseurs étrangers ont soudain changé d’avis et décidé de reprendre leur argent, cela a provoqué une crise économique grave dans plusieurs de ces pays.

La situation actuelle est, sous des aspects importants, complètement différente. D’une part, au cours des dix dernières années, la plupart de ces économies ont accumulé des réserves de change très, très importantes. Pour tout l’Extrême-Orient, le niveau de réserves de change atteint actuellement près de deux milliards de dollars, et en Chine seulement, il se monte à un milliard de dollars.

Selon la plupart des estimations, ce niveau de réserves de change est, en fait, beaucoup plus élevé que le montant dont ces pays ont besoin pour amortir ou constituer un filet de sécurité face au risque de futures crises financières du type de celle qui s’est produite en 1997, ou en d’autres termes, du type ayant résulté de l’arrêt brusque des entrées et des sorties soudaines de capitaux.

Ce que je veux dire, c’est qu’en général, ces réserves sont maintenant plusieurs fois supérieures au niveau de dettes à court terme de ces économies. C’est un premier aspect. L’autre aspect est que ces pays ont consacré des efforts importants pour renforcer la qualité des contrôles publics et de la régulation du secteur financier. Et encore une fois, ces aspects ne cessent d’évoluer. De nombreux domaines restent encore inachevés en termes de renforcement des contrôles et de la régulation, mais de grands progrès ont été accomplis comparé à l’état de la situation en 1997. C’est également un facteur qui devrait aider ces pays à assumer le risque de nouvelles crises financières.

Et enfin, nous pouvons également remarquer que le secteur financier s’est beaucoup diversifié. Traditionnellement, l’Extrême-Orient, comme de nombreuses régions en voie de développement, dépendait très étroitement du secteur bancaire en raison de ses services financiers et de son intermédiation financière. Au cours des dix dernières années, d’autres marchés financiers ont également connu une croissance marquée. Par exemple, les marchés boursiers, les marchés des obligations, etc. Cette expérience indique qu’un secteur financier plus diversifié tend également à être plus résistant en termes de volatilité de l’économie et de crises financières. C’est aussi positif pour la croissance économique à long terme, mais ces aspects-là ne cessent pas non plus d’évoluer.

Il reste encore beaucoup à faire, par exemple, en termes de développement d’une base d’investisseurs institutionnels visant à soutenir ces marchés financiers. L’une des questions posées concernait le rôle du secteur des assurances. Encore une fois, ce secteur est un facteur qui doit être encore développé dans ces régions et ainsi de suite. Mais encore une fois, la tendance semble aller dans la bonne direction.

Cela signifie-t-il que les économies sont invulnérables en cas de crises financières ? Non. Cela est faux. En fait, probablement aucune économie n’est invulnérable face à la menace d’une crise financière. Nous pourrions souligner certains aspects auxquels les décideurs doivent porter une attention particulière afin d’éviter l’accumulation de risques.

Un aspect qui est plus particulièrement lié à ce fait : nous avons remarqué que les réserves étrangères étaient très élevées et, en fait, cela est en grande partie dû au fait que les pays avaient des excédents courants très importants, et plusieurs d’entre eux bénéficient également d’entrées de capitaux non négligeables. Suite à cette situation, il devient nécessaire d’augmenter rapidement les liquidités et les expansions de crédit nationales et, si celles-ci ne sont pas gérées correctement, ce type de liquidité ou d’expansion pourrait de nouveau mener à quelque phénomène que nous avons observé avant la crise financière. Par exemple, la surchauffe des économies nationales, les augmentations importantes des prix des actifs ainsi que la formation de doubles prix des actifs, des prêts peu avisés, etc. Au final, tous ces éléments peuvent conduire à l’émergence de créances irrécouvrables ou de prêts non productifs.

Ainsi, les économies doivent suivre attentivement ces tendances afin d’empêcher l’accumulation de vulnérabilités similaires. L’une des mesures politiques appliquée de plus en plus souvent, et qui peut être pratique, est de s’orienter vers une plus grande souplesse des taux d’échange. Au cours des dernières années, cela s’est produit dans bon nombre des économies dont nous avons parlé. Cela est utile dans le sens où ultérieurement, la souplesse des taux d’échange pourrait contribuer à résoudre le problème sous-jacent des excédents courants très importants et pourrait, par conséquent alléger une partie de la pression poussant à accumuler des liquidités pour l’économie nationale. Il s’agit d’un domaine que les décideurs doivent surveiller de près afin de prévenir l’accumulation de vulnérabilités.



Benamer Ahmed :
Comment la chine a pu maintenir la stabilité de sa monnaie et en constituant une source stable de demande ?.

Comment peut-elle faire un rééquilibrage de l’économie ?.

Si la pauvreté continue de diminuer, les inégalités de revenus se sont creusées, et profondément dans certains cas. Expliquez moi cette approche sil vous plait ?.
J’aimerai aussi savoir comme la chine a pu faire sa croissance et sur quelle base a pu réaliser ca ?

Milan Brahmbhatt :
J’espère avoir répondu à cette question sur la Chine lors de réponses précédentes. Enfin, la pauvreté baisse lorsque les revenus des pauvres augmentent. Ainsi, par exemple, une personne qui avait un revenu de moins d’un dollar par jour bénéficie maintenant d’un revenu de plus d’un dollar par jour. Toutefois, le déclin de la pauvreté suit une courbe inversement proportionnelle à celle de l’augmentation des inégalités, car les revenus de groupes à revenus plus élevés progressent plus rapidement que celui des pauvres.

 

 

(a) indique une page en anglais.

 
 

 

 

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