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Joshua J. Mwakyusa :
Pourquoi le paludisme est-il encore un fléau
aussi grave malgré l’énorme
déploiement de ressources financières
par de nombreuses organisations ?
Suprotik Basu :
Joshua, merci beaucoup pour cette excellente question.
Je vais combiner votre question avec celle de plusieurs
autres personnes qui me demandent pourquoi le paludisme
est toujours un problème et pourquoi on ne
fait pas plus pour le résoudre. Tout d’abord,
rappelons-nous que nous avons vécu avec le
paludisme pendant des siècles, particulièrement
en Afrique. Ce qui est très frustrant, c’est
qu’il s’agit d’une maladie tout
à fait évitable et entièrement
curable. Pourtant, il a fallu attendre longtemps,
notamment en Afrique, pour voir se déployer
un effort de lutte antipaludique ayant l’envergure
nécessaire. Ce n’est qu’à
la fin des années 1990 que les pays africains
et la communauté internationale ont commencé
à prendre véritablement le paludisme
au sérieux et à prendre les actions
qu’il fallait.
Rappelons-nous aussi que nous avons
à faire à un parasite qui est qui
change constamment pour s’adapter aux circonstances.
Le parasite aujourd’hui, comme vous le savez,
est devenu résistant à la plupart
des médicaments utilisés en Afrique,
en particulier la chloroquine. Aujourd’hui,
il faut utiliser des médicaments qui sont
15 fois plus chers. On peut donc résumer
la situation comme suit : s’il y a eu une
certaine négligence, nous commençons
à corriger la situation ; et d’autre
part, nous avons un parasite contre lequel il n’est
pas facile de lutter car il s’adapte constamment
aux produits que nous utilisons. L’important
est qu’aujourd’hui les fonds sont en
place et l’engagement est là pour faire
une différence dans la lutte antipaludique.
Lawrence Zumo : S’il
est vrai que cette maladie est avec nous depuis
des siècles, quelles sont aujourd’hui
les difficultés intellectuelles qu’il
y a à aborder, traiter et éradiquer
ce fléau mortel qu’est le paludisme
? N’y a-t-il pas suffisamment de personnes
intelligentes pour aider à résoudre
ce problème une fois pour toute ? Ou est-il
intellectuellement plus facile de mettre au point
toutes les variantes de viagra et autres cialis
que nous voyons sortir aujourd'hui ?
Suprotik Basu :
Lawrence, merci pour cette question. Le paludisme,
bien qu’il s’agit d’une maladie
qui soit parfaitement évitable et entièrement
curable, comme je l’ai dit tout à l’heure,
est une maladie en évolution, ce qui rend
son traitement plus difficile. Ceci étant
dit, je retiens ce que vous m’avez dit, et
j’en déduis que nous devons faire encore
beaucoup plus en matière de recherche de
médicaments et de vaccins antipaludiques,
et d’actions de terrain au niveau national,
particulièrement en Afrique.
Rose Njiraini :
Maryse et Protik, je tiens à vous remercier
de prendre le temps d’avoir cette discussion
et pour tout le travail que vous faîtes dans
le contexte du booster program (nouvelle
stratégie et plan d’action renforcé
de lutte contre le paludisme) de la Banque mondiale.
Beaucoup de recherches et de programmes ont été
mis en place ces quelques dernières années
pour lutter contre le paludisme. Cette maladie est
en effet tout à fait évitable et curable.
Nous savons aujourd’hui que la façon
la plus sûre d’éviter le paludisme
est d’utiliser des moustiquaires imprégnées
d’insecticides (MII) en conjonction avec une
pulvérisation d’insecticide à
l’intérieur des maisons. Comment se
fait-il que les organisations impliquées
dans la lutte antipaludique ne prennent pas l’engagement
de fournir des MII à toutes personnes dans
le besoin ? Y a-t-il, selon vous, des obstacles
politiques ? J’entends beaucoup parler de
lutte antipaludique, mais je ne vois que très
peu d’actions concrètes. Beaucoup de
programmes antipaludiques n’ont pas donné
les résultats escomptés. S’agit-il
d’une maladie contre laquelle il est difficile
de lutter ? Y a-t-il des difficultés particulières
à amplifier à grande échelle
des programmes qui donnent de bons résultats
à l’échelle locale ? Que se
passe-t-il en fait ? Merci beaucoup.
Suprotik Basu :
Rose, vous exprimez ici la frustration que beaucoup
d’entre nous ressentent. Je tiens à
vous remercier de la mettre en exergue. Vous avez
totalement raison. Les MII et la pulvérisation
à l’intérieur du domicile sont
des armes très efficaces. Il y a également
d’autres bonnes nouvelles. Au cours des quelques
dernières années, il y a eu des succès,
cependant pas sur une échelle aussi grande
qu’on l’aurait voulu. L’Érythrée,
par exemple, a réussi très rapidement
à augmenter l’utilisation des MII.
Au Niger, plus de deux millions de MII ont été
distribuées en deux semaines, en combinaison
avec une campagne de lutte contre la poliomyélite.
Tous ces faits me donnent à penser que la
lutte est en train de s’intensifier. Aujourd’hui,
nous avons des fonds supplémentaires qui
ont été mis à disposition par
le Global Fund [Fonds global de lutte contre
le SIDA, la tuberculose et le paludisme (GF-ATM)]
et la Banque mondiale, ainsi que l’Initiative
du Président des États-Unis et d’autres.
Le moment est donc venu d’arrêter les
actions à petite échelle, pour entreprendre
des programmes à très grande échelle
qui donneront également des résultats
à très grande échelle.
Ifeanyi Ikpeatusim :
Y a-t-il aujourd’hui un vaccin antipaludique
? Si oui, où peut-on le trouver, et si ce
n’est pas possible, est-il possible par contre
d’en développer un ?
Suprotik Basu :
Malheureusement, à ce jour, nous n’avons
pas encore de vaccin antipaludique. Beaucoup de
recherches sont entreprises pour le développement
d’un tel vaccin, et des agences telles la
Fondation Bill et Melinda Gates, et l’Université
John Hopkins, ainsi que d’autres, déploient
d’énormes moyens pour essayer d’en
trouver un. On enregistre quelques succès,
mais on en est encore à un stade très
préliminaire de la formulation de vaccins.
À mon avis, il nous faudra encore 10 à
15 ans avant de trouver un vaccin antipaludique
opérationnel. Aujourd’hui, notre priorité
doit rester la prévention, avec en particulier
les matériaux imprégnés et
la pulvérisation d’insecticides, qui
restent les moyens de lutte les plus efficaces.
Dale Ward : Est-il
possible d’utiliser le DDT pour éliminer
le paludisme ? Cette approche a donné de
bons résultats dans le passé, avant
que l’espèce d’hystérie,
peut-être mal placée, concernant le
DDT ne se soit développée.
Suprotik Basu :
Merci pour cette question sur le DDT. J’espérais
que quelqu’un la pose.
Le DDT donne de très bons
résultats dans la lutte antipaludique, et
la Banque, lorsque les conditions sont réunies,
appuie son utilisation. Mais le problème
dépasse celui du seul DDT. Il touche en fait
la pulvérisation à l’intérieur
du domicile, pulvérisation qui peut être
faite par d’autres insecticides, et pas seulement
par le DDT. Le choix d’un insecticide dépend
des scénarios de résistance à
cet insecticide dans un pays. Il ne s’agit
pas véritablement de savoir si nous utilisons
ou non un insecticide particulier. La véritable
question est de savoir quel est l’insecticide
approprié dans le pays concerné.
En ce qui concerne le DDT lui-même,
vous avez raison de noter qu’il n’existe
pas de preuves scientifiques que la pulvérisation
du DDT à l’intérieur du domicile
pour lutter contre le paludisme ait eu des conséquences
négatives pour la santé ou l’environnement.
Par conséquent, la position de la Banque
est de rester très pragmatique quant à
son utilisation. Nous utilisons des insecticides,
et ceux-ci incluent, mais ne sont pas limités
au DDT. Il s’agit d’un problème
où vraiment il ne faut pas faire de dogmatisme,
et nous devons prendre des décisions, pays
par pays.
Ronnie : Bonjour
Mesdames Maryse Pierre-Louis et Suprotik Basu. Je
n’ai pas véritablement de question,
mais plutôt une suggestion. En Ouganda, il
y a à l’heure actuelle un programme
de lutte contre le paludisme et le nagana. Ces programmes
consistent à stériliser les moustiques
mâles et ensuite à remettre en liberté
ces moustiques stériles. Ce processus permet
d’arrêter la reproduction, avec pour
effet de diminuer le nombre de moustiques et par
conséquent la propagation du paludisme et
du nagana. Il pourrait être utile de contacter
le ministère de la Santé en Ouganda
pour obtenir des explications supplémentaires.
Je pense qu’il s’agit d’une forme
peu onéreuse, facile et efficace pour réduire
le nombre de moustiques femelles qui sont en fait
les porteurs des parasites du paludisme. À
ceci, on peut ajouter la sensibilisation du public
quant à l’utilisation de l’huile
usagée de voitures, et d’en verser
un peu dans toutes les eaux stagnantes de façon
à empêcher le développement
des œufs de moustiques. Ce que je veux dire
c’est que la lutte antipaludique doit être
la préoccupation de tous et par conséquent
demande une sensibilisation et une éducation
plus poussées du public.
Suprotik Basu :
Merci, Ronnie, de nous communiquer cette information
et pour cette suggestion. S’il existe des
documents sur l’efficacité de ces traitements,
je serai très heureuse de les avoir, et je
ferai certainement un suivi avec le ministère
ougandais de la Santé.
Dr. Synvia Kansembe-Chewe
: Maryse Pierre-Louis et Suprotik Basu,
selon vous quelles sont les mesures de prévention
qui pourraient être prises en Afrique pour
prévenir le paludisme ? Je dis ceci parce
que de nombreux efforts ont été déployés
au niveau du traitement et moins au niveau de la
maîtrise de la source de la maladie. Les flaques
d’eau et autres eaux stagnantes près
des écoles ou dans les villes constituent
des terrains fertiles pour le développement
des moustiques. Une initiative visant à financer
le nettoyage de ces endroits pourrait avoir autant
de résultat qu’une initiative qui consiste
à donner des moustiquaires imprégnées.
Le paludisme est en fait une question de développement
multisectoriel, car il a comme conséquence
l’absentéisme scolaire, l’absentéisme
sur le lieu du travail et les pertes de production.
Est-ce qu’il est possible d’avoir des
financements pour des mesures comme la pulvérisation
anti-moustique dans tous les endroits où
il y a de l’eau stagnante, près des
écoles, et dans les villes en Afrique ?
Suprotik Basu :
Docteur, je vous remercie beaucoup pour cette question.
Je suis parfaitement d’accord avec vous. La
lutte antipaludique doit en fait rester un équilibre
entre le traitement et la prévention. Certainement,
au sein de la Banque et de notre booster program
nous tenons à engager une lutte contre
le paludisme sur tous les fronts de façon
à arrêter sa transmission en Afrique.
Par conséquent, la prévention joue
ici un rôle essentiel et le contrôle
du vecteur est tout aussi critique. Comme vous l’avez
dit, il s’agit d’un problème
multisectoriel. Il est d’ailleurs curieux
que vous me posiez cette question. Dans quelques
heures, j’aurai avec mes collègues
une séance de brainstorming consacrée
aux projets d’infrastructure, et nous discuterons
le type d’infrastructure qui pourrait être
utile dans ce domaine. Par conséquent, je
ne peux que vous remercier pour cette question,
en espérant que nous pourrons faire encore
plus dans ce domaine.
Matthew Mirkin :
Je m’adresse ici à ceux qui contrôlent
les fonds : pouvez-vous me dire comment se fait-il
qu’après avoir dépensé
les centaines de millions de dollars, comme vous
le prétendez, les moustiquaires imprégnées
d’insecticide ne sont toujours pas gratuites
? Elles sont envoyées de Chine à un
coût d’environ 30 centimes tout au plus.
Elles sont en fait moins chères qu’une
tasse de café mochachino de 4 dollars EU.
Les hôpitaux n’ont pas d’eau courante,
et leurs docteurs, souvent seuls et surchargés,
doivent voir 300 patients par jour. Ma question
est véritablement celle-ci. L’argent
que vous avez dépensé a-t-il eu pour
résultat des stocks de MII entassées
dans des entrepôts ? Vous n’avez pas
un seul employé spécialisé
dans le paludisme à la Banque mondiale, et
il n’y a pas non plus de médicament
peu onéreux contre le paludisme qui soit
disponible. Dans ces conditions, comment comptez-vous
lutter avec efficacité contre cette maladie
?
Suprotik Basu :
Matthew, je pense que nous sommes entièrement
d’accord avec vous sur ce point. Nous, à
la Banque, nous pensons comme vous que les coûts
ne doivent pas être une barrière à
l’accès aux moustiquaires imprégnées
d’insecticide. Toute personne, même
si elle n’a pas les moyens d’en acheter
une, devrait avoir accès à une moustiquaire
imprégnée d’insecticide. Par
conséquent, nous déployons beaucoup
d’efforts, pays par pays, pour assurer que
les MII soient subventionnées, ou soient
mises à disposition du public gratuitement,
en particulier pour les plus vulnérables
qui manifestement ont le moins d’accès
et sont les moins capables de faire face au coût
des MII.
Par contre, je ne suis pas d’accord
avec vous lorsque vous avancez qu’à
la Banque mondiale nous n’avons pas un seul
fonctionnaire ayant pour seul mandat la lutte antipaludique.
La preuve en est que je parle avec vous aujourd’hui.
Nous avons plus de 40 autres personnes qui travaillent
sur le paludisme au sein de la Banque, dont 4 d’entre
nous travaillent à plein temps, et nous sommes
à peu près 40 à préparer
des projets à l’heure où je
vous parle. Par conséquent, nous sommes certainement
en train d’accélérer nos efforts
de lutte contre le paludisme, et j’espère
que nous pourrons en faire plus et faire mieux.
Vanel Beuns :
Maryse Pierre-Louis et Suprotik Basu, merci beaucoup
pour l’occasion qui nous est offerte. La croissance
de la société civile a certainement
été une des tendances les plus importantes
dans le développement international. Aujourd’hui
la Banque mondiale a des interactions avec elle,
la consulte, et collabore avec des milliers de membres
d’organismes de la société civile
(OSC) dans le monde. Pourriez-vous m’indiquer
ce que je pourrais faire pour que l’OSC international
que je représente puisse développer
des programmes bien conçus, avec des objectifs
clairs, de bons indicateurs pour mesurer les progrès
accomplis dans la lutte contre le paludisme en Afrique
sub-saharienne ? Y a-t-il un processus clair qui
puisse être suivi de façon à
ce que mon OSC international puisse concevoir un
plan pour suivre de façon efficace l’impact
du paludisme sur l’Afrique, et pour être
capable de réaliser des progrès soutenables
en direction de solutions au problème posé
ici ? À CORCAH, un OSC international modèle,
nous sommes orientés vers les résultats.
Suprotik Basu :
Vanel, merci pour cette question et pour souligner
le rôle essentiel que joue la société
civile dans la mise en œuvre des activités
de lutte antipaludique.
Comme vous le savez, le paludisme
se traite surtout au niveau de la communauté
et du ménage, et les activités de
proximité de la société civile
à ce niveau sont assurément quelque
chose qui peut grandement aider à lutter
de façon efficace contre le paludisme. En
ce qui concerne des programmes avec des objectifs
clairs et des indicateurs de mesure des progrès,
ceci a trait à la question très importante
du suivi et de l’évaluation. Je vous
encourage à visiter le rôle du partenariat
« Faire reculer le paludisme » à
www.rollbackmalaria.org,
où nous avons une page consacrée au
groupe de recherche en matière de suivi et
d’évaluation, le MERG, qui définit
des indicateurs et fournit des suggestions sur la
façon dont on peut utiliser des indicateurs
standards dans la mise au point de programmes antipaludiques.
Encore merci pour cette question.
Christopher Chewe :
Je voudrais féliciter la Standard Chartered
Bank Zambia PLC pour le projet qu’elle
a introduit en Zambie, qui s’appelle Malaria
Community Initiative, « Nets for
life » (Initiative communautaire de lutte
contre le paludisme, « des moustiquaires pour
rester en vie »). Cette initiative a été
lancée le 27 avril 2006 par le ministère
de la Santé. « Nets for life »
est un programme de prévention du paludisme
à l’échelle africaine visant
à renforce l’engagement de la banque
envers des projets qui peuvent changer des vies
et faire véritablement une différence
dans les communautés locales. «
Nets for Life » est principalement destiné
aux populations vulnérables, en particulier
les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes,
les personnes chroniquement malades ou souffrant
de déficience de leur système immunitaire,
et les personnes âgées. Le projet a
d’abord été lancé en
Zambie, et il sera ensuite étendu à
15 autres pays africains. L’initiative de
la Standard Chartered Bank devrait être
reproduite par d’autres compagnies multinationales
car il s’agit véritablement d’une
initiative exemplaire destinée à aider
l’Afrique à réaliser ses Objectifs
de développement pour le millénaire
pour 2015.
Suprotik Basu :
Christopher, merci de souligner cette importante
initiative qu’a prise la Standard Chartered
Bank. Je voudrais moi aussi féliciter
cette compagnie pour son soutien. Je sais ce qu’elle
fait en Zambie. Comme vous le savez, la Banque mondiale
vient tout justement de commencer à appuyer
un programme antipaludique en Zambie. J’espère
tout comme vous que d’autres partenaires du
secteur privé imiteront l’initiative
de la Standard Chartered Bank et développeront
des programmes, de façon à ce qu’eux
aussi puissent participer à la lutte antipaludique.
En termes de fonds, je pense que
nous aurons besoin de plus d’argent du secteur
privé, mais aussi de leur expertise. Le secteur
privé possède en effet une très
grande expertise, par exemple dans la gestion des
chaînes d’approvisionnement qui, comme
vous le savez probablement, est est relativement
difficile à réaliser en Afrique. Mais
c’est la nature même des opérations
des compagnies du secteur privé, et leur
survie dépend du bon fonctionnement de telles
chaînes. Je pense que nous devons utiliser
des ressources financières qui pourraient
exister dans ces institutions, mais aussi leur savoir
institutionnel. Car c’est tous ensemble que
nous avons des chances de réussir dans la
lutte antipaludique. Encore merci pour cette question.
João Chamusse :
Qu’a fait la Banque au Mozambique pour lutter
contre le paludisme au cours des deux dernières
années ? Si elle a fait quelque chose, quel
en a été le coût ?
Suprotik Basu :
João, je ne peux pas vous répondre
de but en blanc. La Banque a appuyé le Gouvernement
du Mozambique dans sa lutte contre le paludisme
au cours des deux dernières années.
Si vous vous rendez sur le site Web de la Banque
mondiale, à la section intitulée «
Projets et Opérations », vous devriez
pouvoir vérifier les projets en cours à
l’heure actuelle au Mozambique. Vous pourriez
également envoyer un courriel au service
conseils HNP de la Banque mondiale, dont l’adresse
se trouve également sur le site de la Banque
mondiale. Quelqu’un prendra contact avec vous
pour vous donner plus d’informations sur ce
sujet.
Il y a pourtant une bonne nouvelle.
Je pense qu’au moment où nous parlons,
il y a une mission au Mozambique en appui au secteur
de la santé. Je pense également qu’il
y aura une mission au Mozambique au cours des quelques
mois qui vont suivre pour savoir comment nous pouvons
aider le Gouvernement du Mozambique à faire
plus dans le domaine de la lutte antipaludique.
Maggy : Merci,
Maryse Pierre-Louis et Suprotik Basu de nous donner
la chance d’en savoir un peu plus en ce qui
concerne le paludisme en Afrique. Je voudrais également
savoir quelle est la véritable situation
du paludisme au Ghana, et ce que vous allez faire
pour aider ? Comment les ONG locales peuvent-elles
prendre part à la lutte contre cette maladie
? Comment la jeunesse également peut-elle
participer à vos programmes ?
Subrotik Basu :
Merci, Maggy, pour cette question. La situation
véritable est que le paludisme continue d’être
un des principaux « tueurs » du Ghana,
touchant en particulier les enfants de moins de
5 ans.
En ce qui concerne ce que nous
avons fait pour aider, nous fournissons des financements
au ministère de la Santé du Ghana.
Ce dernier a une stratégie de lutte antipaludique
qu’il met en œuvre. Le ministère
a réussi à augmenter la couverture
de ce programme, à augmenter le nombre de
personnes qui dorment aujourd’hui sous des
moustiquaires imprégnées d’insecticide,
par exemple, de sorte qu’on peut dire qu’il
y a progrès, mais il est bien évident
que nous voudrions que ces progrès soient
plus rapides et plus étendus dans le pays.
En ce qui concerne la part que peuvent prendre les
ONG dans la lutte contre l’épidémie,
il existe ici à mon avis deux grandes avenues.
La première est qu’il y a un besoin
crucial pour les communautés de comprendre
que le paludisme peut être évité
et traité. Je pense qu’ayant vécu
avec le paludisme pendant si longtemps, nous nous
sommes tout doucement habitués à lui,
et nous avons peut-être oublié qu’il
pourrait ne pas être aussi grave qu’il
l’est aujourd’hui. Par conséquent,
encourager les familles à rechercher rapidement
des traitements et à dormir sous des moustiquaires
imprégnées sont des activités
qui peuvent véritablement aider. Si les gens
ne connaissent pas l’existence des moustiquaires,
ils ne les demanderont pas. Mais je sais aussi qu’il
y a ici un problème en termes d’accès
et de capacité de paiement de telles moustiquaires
par les populations concernées.
En ce qui concerne la participation
des jeunes aux programmes, là aussi vous
avez raison. La jeunesse a un grand rôle à
jouer dans la lutte contre le paludisme, comme je
l’ai indiqué précédemment.
Il faut en effet mettre en place des moyens de distribution
des moustiquaires imprégnées dans
les villages et dans les communautés, et
c’est une activité où la jeunesse
peut être impliquée. Les collectivités
locales, et je sais que vous avez des collectivités
locales au Ghana qui disposent d’un budget,
devraient également pouvoir utiliser l’argent
de ce budget pour financer des moustiquaires imprégnées
et pour assurer la distribution par les jeunes.
Je pense que la première
étape est probablement de mettre en place
un plan d’action de ce que vous voulez faire,
et d’en discuter ensuite avec les autorités
de vos collectivités locales, avec les responsables
médicaux au niveau du district, et même
avec le Gouvernement du Ghana, de façon à
aider tout un chacun qui voudra se joindre à
la lutte contre le paludisme. Encore merci pour
cette question.
Holly : Maryse,
je voudrais savoir ce que je peux faire en tant
qu’étudiante pour ma communauté
en Ouganda de façon à arrêter
la propagation du paludisme. C’est un tel
fléau qui met tellement de pression sur tout
un chacun qu’en tant qu’étudiante
je voudrais pouvoir contribuer à sa prévention.
Suprotik Basu :
Holly, merci pour cette question et pour votre intérêt.
Réfèrez-vous à la réponse
que je viens de donner à Maggy, car elle
pourra peut-être vous aider dans ce domaine.
Je pense également que les écoles
ont un rôle très, très important
à jouer dans la lutte contre le paludisme
en Ouganda car elles peuvent être utilisées
pour distribuer les moustiquaires imprégnées.
Par conséquent, si les écoles peuvent
jouer ce rôle, il va de soi que cela aura
pour conséquence d’augmenter le nombre
de personnes qui utilisent des moustiquaires imprégnées.
L’autre chose simple que
peuvent faire les écoles a trait aux activités
de communication. Par exemple, les écoles
pourraient s’impliquer dans l’élaboration
de sketchs, petites représentations théâtrales
et autres moyens de communication, de façon
à assurer que les communautés, les
enfants des écoles, et les adultes soient
tous conscients du fait que le paludisme est véritablement
un tueur qui peut tuer vite. Si un enfant n’est
pas traité dans les 24 heures, les chances
qu’il récupère diminuent de
façon considérable.
L’autre méthode, que
j’ai mentionnée plusieurs fois déjà
au cours de cette session, a trait à l’importance
de dormir sous une moustiquaire imprégnée
d’insecticide. Là aussi, il y a un
message essentiel à passer. Par conséquent,
si les écoles passent des messages que comprendront
vos quartiers et vos communautés, elles auront
fait faire un pas important à la lutte contre
le paludisme en Ouganda.
Alex : Quelles
sont les perspectives des ressources financières
du Fonds global de lutte contre le SIDA, la tuberculose
et le paludisme dans des pays comme l’Ouganda,
qui, malheureusement, ont mal dépensé
en toute impunité l’argent qui leur
avait été remis ?
Suprotik Basu :
Alex, vous avez ici touché à une question
critique en ce qui concerne la lutte antipaludique
et le développement de façon générale.
C’est une question qui reçoit également
une attention de plus en plus soutenue, particulièrement
d’institutions comme la Banque mondiale.
Il m’est difficile de parler
des perspectives futures en ce qui concerne les
ressources financières du Fonds global, vu
que je ne peux pas parler en son nom. Mais la question
que vous avez soulevée mérite d’être
abordée. Il y a tout d’abord la nécessité
de rendre compte pour tous ceux qui reçoivent
de l’argent destiné à combattre
cette maladie qui peut être fatale. Je pense
ici au rôle de la société civile,
des communautés, et également d’une
presse dynamique. Ces rôles sont essentiels
pour assurer que ceux qui reçoivent l’argent
soient tenus pour responsables des résultats
de son utilisation et de son impact.
Je pense également que ceux
qui fournissent l’argent doivent également
être responsables de faire ce qu’ils
ont promis, et d’être eux-mêmes
transparents. Par conséquent, je vous encourage,
vous et les autres, à bien observer ceux
qui ont la responsabilité des ressources
financières et sont responsables pour leur
impact, et à leur demander des comptes quant
à la gestion de ces ressources.
À nouveau, je vous remercie
pour cette question et j’espère que
tous, nous pourrons faire mieux en nous assurant
que l’argent qui a été fourni
pour lutter contre cette maladie a effectivement
été utilisé à cette
fin, de façon à avoir les résultats
que nous espérons tous.
Joe Young : Pourquoi
n’avez-vous pas donné l’argent
que vous aviez promis pour lutter contre le paludisme
?
Suprotik Basu :
Joe, merci pour cette question et pour aborder un
sujet qui est certainement très « chaud
» ces jours-ci. Comme vous le savez, nous,
à la Banque, nous avons reconnu l’année
passée à cette époque, en fait
en 2005, que nous n’avions pas été
à la hauteur de nos promesses en ce qui concerne
la lutte contre le paludisme, particulièrement
en Afrique. Comme vous l’avez noté,
ces promesses avaient été faites en
2000, et nous n’étions pas satisfaits
des progrès que nous avions faits par rapport
à nos engagements. C’est pourquoi nous
avons examiné de près nos mécanismes
internes, et nous avons élaboré une
nouvelle approche antipaludique. Nous avons également
revu notre engagement envers l’initiative
« faire reculer le paludisme » particulièrement
en Afrique. L’engagement a la forme de ce
que nous appelons aujourd’hui la nouvelle
stratégie mondiale et le plan d’action,
connus souvent sous leur vocable anglais de «
booster program », que nous avons lancé
cette année à la même époque.
Depuis lors, et particulièrement en Afrique,
la Banque s’est engagée au cours des
3 prochaines années à mettre à
disposition 500 millions de dollars EU pour une
phase intensive qui devrait véritablement
faire reculer le paludisme, de façon à
aborder la problématique du paludisme en
Afrique.
Si j’avais dû répondre
à cette question l’année passée
à la même époque, il m’aurait
été probablement beaucoup plus difficile
de le faire avec des questions aussi bonnes que
celles que vous avez posées. En effet, vous
auriez pu nous répondre : « Nous avons
déjà entendu ces promesses avant,
qu’est-ce qui changera cette fois-ci ? »
Eh bien, je suis heureuse de vous
annoncer que nous avons connu cette année
de véritables progrès dans notre booster
program. Quatre pays ont commencé déjà
à recevoir des fonds, dont le total se monte
aujourd’hui à 52 millions de dollars
EU. À la fin du mois de juin, ce total atteindra
200 millions de dollars EU, et à la même
époque l’année prochaine, 400
millions de dollars EU seront mis à la disposition
de bien d’autres pays encore. Nous essayons
de faire plus, et nous essayons de faire mieux.
Et nous essayons également de montrer plus
de responsabilité dans la façon dont
nous intervenons.
Il y a une chose qui est sûre
: les pays demandent à la Banque de rester
impliquée dans la lutte contre le paludisme,
et de les aider à accélérer
leur lutte au niveau national. C’est exactement
ce que fait le booster program. Je vous encourage
à faire le suivi des progrès accomplis
par les pays au niveau national dans la lutte contre
le paludisme, et à assurer que tous les donateurs
et tous les pays gardent les promesses qu’ils
ont faites.
Kurt Boggs : Deux
journaux, le Los Angeles Times, et le New
York Times, rapportent que dans un article
publié par Lancet, des scientifiques accusent
la Banque mondiale d’avoir acheté des
médicaments qui ne sont pas efficaces contre
le paludisme, en fait des médicaments qui
peuvent même s’avérer fatals.
Ils l’accusent également d’avoir
été incapable de dépenser l’argent
pour la lutte antipaludique qu’elle avait
promis. Le personnel de la Banque mondiale récuse
bien évidemment ces accusations, ce qui est
au fond tout à fait normal. Selon vous, le
Los Angeles Times et le New York Times ont-ils tort,
ainsi que le Lancet, et vous, la Banque, raison
? Ils sont pourtant parmi les meilleurs journaux
au monde ! J’aimerais connaître votre
version des faits.
Suprotik Basu :
Merci, Kurt, de nous donner, à nous, cette
occasion de donner notre version des faits. La première
chose que j’aimerais vous dire sur cette question
est que la Banque mondiale n’achète
rien, ou n’a jamais rien acheté. Nous
répondons aux demandes de nos pays membres
en matière de financements, et nous finançons
leurs projets. Par exemple, dans le cas auquel vous
faîtes allusion, il s’agit d’un
projet du gouvernement indien, et non d’un
projet de la Banque mondiale, et ceci nous amène
à un point extrêmement important que
je voudrais souligner. Il ne revient pas à
la Banque mondiale de dicter à ses pays membres
des politiques. Ce n’est pas la façon
dont nous travaillons, et ce n’est certainement
pas la façon dont nous allons travailler
dans le futur, même si cela a été
le cas il y a 20 ou 30 ans. Nous travaillons en
partenariat étroit avec le gouvernement indien,
et d’autres gouvernements membres. Nous nous
réunissons avec eux et avec leurs experts
techniques, et nous examinons les réalités
techniques ainsi que les réalités
opérationnelles de façon à
trouver des stratégies pour l’avenir.
Par conséquent, je ne suis pas d’accord
sur le fait que des pays en développement
et leurs citoyens veulent se voir dicter ce qu’ils
ont à faire. Ce point me paraît important
et je voulais le souligner ici.
En ce qui concerne l’achat
de médicaments qui sont inefficaces pour
la lutte contre le paludisme, la situation n’est
pas aussi simple qu’on pourrait le prétendre.
Environ la moitié des cas de paludisme dans
le pays en question, c’est-à-dire l’Inde,
ne répond pas au traitement qui a été
acheté. Dans un pays d’un milliard
d’habitants comme l’Inde, il n’existe
pas une mesure de politique qui puisse satisfaire
à tous les cas. Par conséquent, nous
avons décidé de travailler très
étroitement avec le gouvernement indien de
façon à nous assurer que des traitements
efficaces sont mis en place dans les zones où
les anciens traitements ne marchaient plus. Il est
bien évident que la Banque mondiale n’a
aucun intérêt à soutenir des
traitements qui ne marchent pas. Notre intérêt
est de lutter contre le paludisme et de sauver des
vies dans des pays comme l’Inde, et nous travaillons
de façon très étroite avec
ces pays pour multiplier le nombre des options disponibles.
À nouveau, la question n’est
pas aussi sensationnelle ou simpliste comme certains
de ces journaux voudraient le faire penser. Nous
avons un engagement très ferme à nous
assurer que des traitements efficaces atteignent
ceux qui en ont besoin, mais aussi, nous reconnaissons
qu’il existe dans ces pays des réalités,
et que des pays, particulièrement lorsqu’ils
ont la taille de l’Inde, ne peuvent pas tout
faire du jour au lendemain, et ne devraient certainement
pas le faire.
Birgit Voigt : Dans
la dernière édition du Lancet, un
groupe de 12 experts de très bonne réputation
dans le domaine de la lutte antipaludique a accusé
la Banque mondiale d’avoir manipulé
leurs données de façon à démontrer
qu’ils avaient fait des progrès, que
la Banque avait fait des promesses en termes de
financements qu’elle n’avait pas tenues,
et qu’elle avait donné son accord sur
le financement de traitements de paludisme en Inde
qui s’étaient avérés
inadéquats. En répondant à
ces accusations, Suprotik Basu a écrit dans
la revue Nature que les politiques de traitements
en Inde étaient conformes aux recommandations
de l’OMS. Cependant, l’OMS s’inscrit
en faux contre cette affirmation. Est-il possible
qu’en fait la Banque mondiale finance la production
de chloroquine, qui est inefficace, par des compagnies
indiennes, de façon à se maintenir
en bons termes avec un gouvernement indien, qui
est un des plus grands emprunteurs de ses financements
?
Suprotil Basu :
Birgit, merci pour cette question. Il n’est
pas correct, en fait il est totalement faux, que
nous puissions appuyer une chloroquine qui s’avère
inefficace, de façon à rester en bons
termes avec le gouvernement indien.
Il doit être clair que la
Banque, et nous, ne mettons pas la nécessité
de gagner de l’argent avant celle de sauver
des vies humaines. Les fonds que nous fournissons
à des pays comme l’Inde pour la lutte
contre le paludisme, ne sont pas de l’argent
avec lequel nous faisons quoi que ce soit comme
profit. Ces fonds sont en fait intégralement
des subventions, ou sont pratiquement des subventions
au sens que l’intérêt sur le
prêt est de 0, ces prêts sont remboursables
en 40 ans. Par conséquent, il n’y a
pas véritablement d’argent qui est
gagné dans ce type d’opérations.
Ce que nous prenons en considération
dans la décision de financer ou de ne pas
financer, ou d’être d’accord,
ou de ne pas l’être sur certains traitements
médicamenteux, est la possibilité
de scénarios de résistance dans un
pays, de voir ce que démontrent les données
recueillies par le gouvernement indien, et ce que
d’autres experts ont à dire. À
nouveau, comme je l’ai déjà
dit, dans un pays comme l’Inde, la situation
est beaucoup plus compliquée que la plupart
des gens ne peuvent l’imaginer. Dans un pays
d’un milliard de personnes, les scénarios
de résistance varient, et nous travaillons
étroitement avec le gouvernement, et avec
des experts techniques indiens de façon à
assurer que l’appui de la Banque à
la lutte antipaludique finance les traitements les
plus efficaces et les plus rapides possibles dans
un pays de la taille de l’Inde. Nous appuyons
la stratégie du gouvernement indien et nous
travaillons avec ce dernier. Nous ne pensons pas
que notre rôle est d’imposer quoi que
ce soit. En fait, nous sommes convaincus que notre
rôle n’est pas d’imposer mais
d’entretenir un dialogue permanent de façon
à aider le gouvernement à améliorer
ses stratégies et à sauver des vies
humaines en Inde.
Christopher :
Maryse Pierre-Louis et Suprotik Basu, merci beaucoup
de l’occasion que nous vous avez donnée.
Quels sont vos commentaires sur le statut des réfugiés
en Afrique, là où nous avons de nombreux
réfugiés dont la plupart ne sont pas
inclus dans les programmes nationaux de développement.
Les traumas causés par la guerre, la violence
et la persécution, suivis des misères
qu’entraîne l’exil, sont souvent
la triste destinée de ces réfugiés.
La destinée de ces déracinés
est encore pire dans les parties du monde où
règne le VIH/SIDA, comme c’est le cas
en Afrique. Non seulement on accuse les réfugiés
de contribuer à la propagation du VIH et
d’autres maladies, mais en plus on les exclue
souvent des programmes anti-VIH/SIDA, et antipaludisme,
financés à coup de millions de dollars.
Existe-t-il un fonds spécial destiné
au HCR, le Haut Commissariat des Nations Unies pour
les réfugiés, ou à un gouvernement
comme en Zambie, qui a eu un comportement exemplaire
à l’égard des réfugiés,
et a coopéré avec les organisations
humanitaires internationales et agences. Malgré
son économie en perte de vitesse, la Zambie
a accueilli des milliers de réfugiés
pendant très longtemps à cause de
conflits qui n’en finissaient pas dans des
pays comme l’Angola et la République
démocratique du Congo. Ces conflits ont d’ailleurs
eu pour résultat évident de créer
un problème de réfugiés extrêmement
difficile à résoudre dans le pays.
Y a-t-il suffisamment de fonds pour assurer que
les réfugiés soient également
couverts par ces programmes ? Le HCR a exhorté
les gouvernements et les institutions internationales
à inclure les réfugiés dans
les programmes de prévention et de traitement
nationaux et internationaux du VIH/SIDA. Quelle
est la position de la Banque mondiale sur cette
question ?
Suprotik Basu :
Christopher, merci pour cette question relative
aux réfugiés. Manifestement, la lutte
contre le paludisme parmi les populations réfugiées
doit être une priorité pour les gouvernements
et les agences internationales qui les assistent.
Je pense que nous pourrions tous faire beaucoup,
beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd’hui
comme vous l’avez justement souligné
dans votre message, de façon à améliorer
le sort de ces réfugiés et leur situation
par rapport au paludisme et au VIH.
Par exemple, je sais que nous travaillons
pour l’instant avec plusieurs pays et avec
des gouvernements pour assurer que les réfugiés
soient inclus dans les stratégies de développement
et soient couverts par l’appui financier des
donateurs. Ce n’est pas toujours une discussion
facile, et je pense que vous avez très justement
souligné que c’est une dimension à
laquelle nous devons de plus en plus faire attention.
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